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14 février : Ciné-club Ciné-Bazar / Bestioles 80’s : Gremlins (1984) – Critters (1986)

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Soirée spéciale à l’occasion de la sortie du deuxième numéro de la revue Ciné Bazar, qui consacre un dossier aux bestioles des années 80. Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

GREMLINS

– 19h : Gremlins (Joe Dante – 1984 – 106 minutes)

avec Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Polly Holliday, Frances Lee McCain, Dick Miller

Un inventeur offre à son fils un étrange animal trouvé dans une boutique chinoise : un mogwai. Mais les recommandations sont très claires : il ne faut pas l’exposer à la lumière, le mouiller ou le nourrir après minuit.

Joe Dante a été à bon école : il a commencé par réaliser des films de monstres à petits budgets (Piranhas, Hurlements) qui ont été des succès (chacun a eu plusieurs suites), ce qui lui a ouvert les portes d’Hollywood. Pas n’importe lesquels, puisque son nouveau film est produit par Steven Spielberg (qui y fait un bref cameo) ! Gremlins réussit donc le tour de force d’allier film de genre, de monstres, d’horreur, rempli de références cinématographiques, et film grand public, drôle, familial et typiquement américain avec la sacro-sainte période de Noël. Dante parvient même à glisser une critique sociale féroce, de l’humour noire et du sang ! Il renouvelle surtout le film de monstres avec ces petites bestioles mignonnes quasi-peluches qui se transforment en créatures punks crétines et dévastatrices. Bien avant l’ère numérique, les effets spéciaux sont particulièrement impressionnants, grâce aux animatronics (marionnettes mécanisées). Pour à peine onze millions de dollars de budget, le film devient un des plus grands succès des années 80 avec plus de cent cinquante millions de dollars de recettes ! Une suite sera mise en chantier par Joe Dante, mais il n’obtiendra plus jamais le même succès ni la même liberté artistique dans sa carrière.

 CRITTERS

– 21h : Critters (Stephen Herek – 1986 – 82 minutes)

avec Dee Wallace, M. Emmet Walsh, Billy Green Bush, Scott Grimes, Nadine Van Der Velde, Don Opper, Billy Zane

Des petites créatures poilues, les Critters, s’échappent de leur prison spatiale et débarquent dans une petite ville américaine. Deux chasseurs de prime extra-terrestres sont à leur trousse.

Suite à l’immense succès de Gremlins, créant un genre à lui tout seul, des hordes de copieurs s’engouffrèrent comme de coutume dans le nouveau filon des bestioles, espérant capter son lucratif public. L’un des meilleurs est Critters, en faisant venir les petits monstres poilus de l’espace cette fois-ci. Ils peuvent se rouler en boule et même grossir. L’humour est toujours présent, renforcé par un budget plus modeste, des acteurs moins professionnels, et donc une atmosphère plus cinéma bis qu’hollywoodienne, typique des productions des années 80. Le film est lui aussi un succès à son niveau (treize millions de dollars de recettes pour un budget de deux millions), et connaitra donc trois suites (dont le 3, avec le tout premier rôle de Leonardo DiCaprio !).

2 août : Ciné-club poissons

PIRANHAS

– 19h : Piranhas (Joe Dante – 1978 – 94 minutes)

avec Bradford Dillman, Heather Menzies, Kevin McCarthy, Keenan Wynn, Barbara Steele, Dick Miller, Belinda Balaski

Deux jeunes campeurs disparaissent après avoir plongé dans le bassin d’un site militaire désaffecté. Une détective privée est chargée de les retrouver.

Piranhas est le premier film que Joe Dante réalise seul (après deux co-réalisations) et déjà un film de monstres (avant Hurlements et les Gremlins). Produit par Roger Corman, le pape de la série B (réalisateur d’une cinquantaine de films et producteur de plus de quatre cent films !), il parodie les films d’horreur aquatiques qui pullulent depuis le raz de marée des Dents de la mer. Aussi ironique que sanglant, il comporte aussi une couche politique, en critiquant la société américaine superficielle et mercantile, ainsi que les expérimentations et l’irresponsabilité de l’armée, quelques années après la guerre du Vietnam. Malgré les limites du budget, les effets spéciaux du jeune prodige Rob Bottin (Hurlements, The Thing, Robocop, Total Recall) s’avèrent tout à fait efficaces, et Spielberg lui-même reconnaîtra le pastiche et le talent de Joe Dante en produisant les Gremlins (et en dissuadant Universal d’attaquer le film pour plagiat). L’immense succès de Piranhas (16 millions de recettes pour un budget de 770.000 dollars) donnera lieu à plusieurs suites : Piranha 2 (premier film de James Cameron !), Piranha (remake produit par Corman), Piranha 3D (par le français Alexandre Aja) et Piranha 3DD.

 LES DENTS DE LA MER

– 21h : Les Dents de la mer (Steven Spielberg – 1975 – 124 minutes)

avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary, Murray Hamilton

Une petite ville côtière est victime des attaques d’un requin blanc.

Adapté d’un best-seller de Peter Benchley (Les Grands Fonds), Les Dents de la mer n’est que le deuxième long-métrage du jeune Steven Spielberg (après trois téléfilms). Mais à seulement vingt-huit ans il va révolutionner l’industrie hollywoodienne avec l’un des plus gros succès du box-office, ses 470 millions de dollars de recettes détrônant Le Parrain (il sera dépassé par Star Wars en 1977). Même s’il y eut des précédents (L’Aventure du Poseidon, La Tour Infernale), il instaure un nouveau type de blockbuster, des films d’action spectaculaires à gros budget qui sortent pour l’été afin d’attirer massivement le grand public. Monstrueusement efficace, Spielberg dose subtilement la tension en montrant le moins possible le requin, utilisant soit sa vue subjective, soit le légendaire thème musical de John Williams (futur compositeur de Star Wars) à sa place. Lauréat de trois Oscars (meilleurs montage, musique et son) et nommé à celui du meilleur film (éclipsé par Vol au-dessus d’un nid de coucou et ses cinq Oscars), Les Dents de la mer devint la pierre angulaire du film à suspense moderne ainsi que du film de monstre aquatique, connut trois suites et installa pour longtemps Steven Spielberg dans l’industrie cinématographique.

Ciné-club pleine lune : Le Loup-Garou (1941) – Hurlements (1981)

Ce dimanche 10 août étant un véritable dimanche de pleine lune, c’est l’occasion de présenter deux classiques des films de loup-garous. Gare aux mauvaises rencontres durant la nuit !

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– 19h : Le Loup-Garou (George Waggner – 1941 – 70 minutes)

avec Lon Chaney Jr., Claude Rains, Warren William, Ralph Bellamy, Patric Knowles, Bela Lugosi, Maria Ouspenskaya, Evelyn Ankers

Lawrence Talbot revient en Angleterre dans le château de son père, et apprend la légende du loup-garou.

Depuis les années 30, les studios Universal dominaient le cinéma d’horreur avec des films de monstres, les fameux Universal Monsters, tels que Dracula, la Momie, la créature de Frankenstein ou l’Homme Invisible. En 1935, Universal avait déjà produit Le Monstre de Londres, mais celui-ci fut peu remarqué par le public en raison de sa ressemblance avec Docteur Jekyll et M. Hyde (1931). Cependant c’est le film de 1941 Le Loup-Garou qui fut un grand succès, et fit de ce monstre un des classiques de la pop culture. Le réalisateur George Waggner retrouve Lon Chaney Jr., qu’il avait déjà dirigé dans L’Echappé de la chaise électrique (1941). Lon Chaney Jr., né Creighton Chaney, est le fils de Lon Chaney, une immense star des films muets (Notre-Dame de Paris, Le Fantôme de l’opéra), surnommé l’homme aux mille visages, en raison de ses multiples et impressionnantes transformations à l’aide de maquillage (qu’il effectuait lui-même). Sous l’impulsion de son agent, Creighton prit donc le nom de Lon Chaney Jr. après la mort de son père. Le loup-garou est le rôle de sa vie, qu’il interprètera quatre fois, et rentrera au panthéon des acteurs de films d’horreur, avec Bela Lugosi (qui joue d’ailleurs un gitan dans Le Loup-Garou) et Boris Karloff. En outre, Lon Chaney Jr. est le seul acteur à avoir interprété la plupart des monstres mythiques de l’époque, à savoir la Momie, la créature de Frankenstein et Dracula. A noter aussi deux remarquables prestations dramatiques dans Des Souris et des hommes (1939) et Le Train sifflera trois fois (1952). Sa superbe photographie, ses décors oniriques, sa réalisation soignée, ses remarquables maquillages signés Jack Pierce (qui travaillait plus de sept heures par jour sur Lon Chaney Jr. à partir de poils de yak) font du Loup-Garou un classique old-school à redécouvrir, qui engendrera de multiples suites (Frankenstein rencontre le loup-garou en 1943), variations (Wolf en 1994 avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer) et remakes (Wolfman en 2010 avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins).

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– 21h : Hurlements (Joe Dante – 1981 – 90 minutes)

avec Dee Wallace, Patrick MacNee, Dennis Dugan, Christopher Stone, Belinda Balaski, Kevin McCarthy, John Carradine, Slim Pickens, Elisabeth Brooks

Une présentatrice de télévision est poursuivie par un tueur en série. Elle est envoyée dans la « Colonie », un centre de repos dans la nature.

Joe Dante est un orfèvre des hommages aux films de genre. Après le succès de Piranhas (1978, pastiche des Dents de la mer), et avant le succès mondial des Gremlins (1984 et 1990), il entame avec Hurlements une variation sur le thème du loup-garou. Le traitement est assez original, car là où Le Loup-Garou montrait le conflit intérieur d’un homme qui ne contrôle ni ne supporte sa condition d’animal assoiffé de sang, Hurlements modernise le genre en commençant comme un slasher movie, avec un mystérieux serial killer pourchassant une jeune femme et accumulant progressivement ses victimes – on se croirait dans un thriller à la Brian De Palma, avec qui il partage le même compositeur, Pino Donaggio (qui a notamment signé les partitions de Pulsions ou Blow Out, ainsi que celle de Piranhas). Joe Dante, technicien artisanal hors-pair et fin cinéphile, insère de nombreuses références à l’histoire des films de loup-garous, en nommant les personnages du film en référence aux réalisateurs du genre (Patrick MacNee, l’inoubliable héros de la série british Chapeau melon et bottes de cuir devient ainsi le docteur George Waggner), ou même avec des extraits du Loup-Garou de 1941 ! Les effets spéciaux mécaniques de Rob Bottin (génie oscarisé responsables de ceux de Piranhas, The Thing, Total Recall, Las Vegas Parano et bien d’autres classiques) sont parmi les plus impressionnants que l’on ait pu voir. A noter que Hurlements sortit quelques mois avant Le Loup-Garou de Londres de John Landis, qui est l’autre grand classique du genre – les deux ayant contribué, de manière distincte, à réinventer et relancer le mythe du monstre. Hurlements fut un très grand succès commercial, reçut le prix de la critique du Festival International de film fantastique d’Avoriaz, et connaîtra pas moins de huit épisodes – oscillant entre nanars et série B.