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14 mai 2017 : Ciné-club Evasion : New York 1997 (1981) – La Grande Evasion (1963)

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– 19h : New York 1997 (John Carpenter – 1981 – 98 minutes)

avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau

Face à l’explosion de la criminalité, New York est devenu une prison fermée à ciel ouvert aux trois millions de prisonniers. L’avion du président s’étant écrasé dedans, le criminel Snake Plissken a vingt-quatre heures pour le retrouver et le ramener vivant, sinon une bombe placée en lui le tuera.

Inspiré par la jungle urbaine d’Un Justicier dans la ville avec Charles Bronson, John Carpenter écrit un western futuriste. Après Fog, il tourne un nouveau film de série B à petit budget – encore nocturne. Dans un Saint-Louis, Missouri (en réalité dévasté par un gigantesque incendie dans les années 70), il recréé un univers post-apocalyptique, inventif et marquant, typique des années 80. Le personnage de Snake Plissken est mythique, et révèle Kurt Russel, après des productions pour Disney et une collaboration sur le téléfilm Le Roman d’Elvis (réalisé par Carpenter). Lee Van Cleef (Pour quelques dollars de plus, Le Bon, la brute et le truand), Donald Pleasence (La Grande Evasion, Halloween) et Ernest Borgnine (La Horde Sauvage) complètent ce casting vintage, auquel il faut ajouter Isaac Hayes, grand chanteur funk-soul de l’écurie Stax, auteur de la fameuse BO de Shaft. Celle aux synthés de New York 1997 est comme d’habitude signée Carpenter lui-même. Le film est un succès, surtout en France, et devient rapidement culte. Le réalisateur enchainera avec Kurt Russell The Thing, un de ses meilleurs films, et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, cuisant échec commercial qui le poussera dans le cinéma indépendant. Une suite sera tournée en 1996, Los Angeles 2013, toujours avec son acteur fétiche.

LA GRANDE EVASION

– 21h : La Grande Evasion (John Sturges – 1963 – 172 minutes)

avec Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, James Donald, Charles Bronson, Donald Pleasence, James Coburn, David McCallum

En 1943, des officiers anglais et américains, prisonniers de guerre d’un camp allemand, prévoient de creuser un tunnel souterrain pour s’échapper.

L’histoire de La Grande Evasion est vraie, tirée d’un roman écrit par un ancien prisonnier. Il a été tourné dans les environs de Munich dans un camp reconstruit, et l’économie réalisée sur les décors permit d’embaucher un certain nombre de stars internationales. John Sturges avait d’ailleurs déjà dirigé trois d’entre elle dans son western Les Sept Mercenaires : Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn. Il s’agit du premier rôle principal de McQueen, qui inonde le film de son flegme légendaire. C’est lui qui suggère d’ajouter des scènes de course-poursuite à moto, dont il réalisa lui-même les cascades (sauf celle du mythique saut final). Sturges réalise un grand classique du cinéma, héroïque, minutieux et tendu, alternant suspense et humour, dont on ne perçoit jamais la longueur, et qui a eu beaucoup de succès. McQueen deviendra une immense star hollywoodienne, enchaînant ensuite Le Kid de Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown ou Bullitt. Une suite, La Grande Evasion II, sortira en téléfilm en 1988 avec Christopher Reeve.

30 octobre : Ciné-club Halloween : L’Homme au masque de cire (1953) – Fog (1980)

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– 19h : L’Homme au masque de cire (André de Toth – 1953 – 89 minutes)

avec Vincent Price, Frank Lovejoy, Phyllis Kirk, Carolyn Jones, Paul Picerni, Charles Bronson, Paul Cavanagh, Dabbs Greer

Un sculpteur de statues en cire voit ses créations partir en fumée à cause de son associé cupide qui voulait seulement toucher l’argent de l’assurance. Il va alors reconstruire son musée de cire avec des créations beaucoup plus macabres, tandis que des personnes meurent mystérieusement.

Future idole de Tim Burton, Vincent Price (Laura d’Otto Preminger) était dans les années 50 au creux de sa carrière de seconds rôles. Mais c’est avec L’Homme au masque de cire qu’il va devenir une star des films d’horreur, dans la lignée de Bela Lugosi ou Boris Karloff : Price créé son interprétation de dandy inquiétant à la voix de velours, qu’il déclinera dans bien des classiques de l’époque comme La Mouche noire (dont Cronenberg tirera un remake) ou les fameuses adaptations des nouvelles d’Edgar Poe par Roger Corman. Remake du Mystère du musée de cire de Michael Curtiz (1933), L’Homme au masque de cire est par ailleurs le second film tourné en 3D (et le meilleur selon Martin Scorsese !), gadget technologique inventé pour contrer la rivalité de la télévision qui éloignait les spectateurs du cinéma, et qui durera le temps de quelques films (Le Crime était presque parfait d’Hitchcock, L’Etrange créature du lac noir), avant de tomber dans l’oubli à cause du coût d’équipement décourageant pour les salles de cinéma. Le film en est donc une excellente démonstration (malgré le fait que le réalisateur était borgne !) et un des dix plus gros succès commerciaux du cinéma d’horreur (après correction de l’inflation). De plus, les décors macabres du XIXème siècle en Technicolor seront rien de moins qu’une influence déterminante pour les futurs films gothiques des studios anglais Hammer quelques années plus tard. Le film connaitra encore deux remakes en 1997 et 2005.

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– 21h : Fog (John Carpenter – 1980 – 89 minutes)

avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis, John Houseman, Janet Leigh, Hal Holbrook, Tom Atkins, Charles Cyphers, Nancy Kyes

Dans une petite ville américaine de la côte Pacifique, une légende raconte que les fantômes de marins trahis par les habitants il y a cent ans reviendront avec le brouillard pour se venger.

Deux ans après l’immense succès d’Halloween, la nuit des masques, John Carpenter signe un nouveau film d’horreur, mais avec un budget d’à peine un million de dollars. Il retrouve Jamie Lee Curtis, et fait tourner son épouse de l’époque, Adrienne Barbeau, rencontrée sur le tournage du téléfilm Meurtre au 43ème étage (ils tourneront à nouveau dans son film suivant, New York 1997). La mère de Jamie Lee Curtis, la fameuse Janet Leigh (Psychose d’Hitchcock) est aussi du casting – et le lien avec Hitchcock n’est pas terminé, puisque le film se déroule à Bodega Bay, comme le thriller Les Oiseaux. Avec des références à Edgar Poe et H.P. Lovecraft, Fog distille une ambiance nocturne, trouble et effrayante, selon l’adage habituel que moins on en voit et plus on a peur, tandis que les révélations sur les sordides secrets de la ville refont surface et expliquent la légende locale. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la bande-son du film, avec une ambiance sonore typiquement oppressante. Malgré son budget restreint, Carpenter fait de Fog un petit classique de l’horreur et de sa filmographie indépendante, qui aura droit à un remake en 2005.

19 juillet : Science-fiction par John Carpenter

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– 19h : Dark Star (John Carpenter – 1974 – 83 minutes)

avec Brian Narelle, Dre Pahich, Cal Cuniholm, Dan O’Bannon, Joe Saunders, Nick Castle

Le Dark Star est un vaisseau spatial chargé de détruire les planètes risquant de dévier de leur orbite et de provoquer une supernova. Mais alors qu’il s’apprête à lancer une nouvelle bombe, une avarie se produit dans le vaisseau…

A vingt-cinq ans, John Carpenter tourne un moyen-métrage de fin d’études de quarante-cinq minutes qui sera ensuite complété grâce à l’apport d’un distributeur. On ne peut pas ne pas remarquer que Dark Star est un film fauché de soixante mille dollars, mais il a marqué à plus d’un titre le cinéma de science-fiction. Ecrit par Carpenter (qui signe déjà la musique, comme pour ses futurs films) et Dan O’Bannon (qui joue dedans), le film se veut une parodie bourrée d’humour de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, avec ses astronautes seventies barbus et chevelus qui s’ennuient, la voix monocorde (mais féminine) de l’ordinateur du vaisseau, la dialectique rigide et philosophique de l’intelligence artificielle de la bombe qui entame par erreur son compte à rebours avant destruction alors qu’une panne l’empêche d’être détachée du vaisseau ! Mais plus qu’une parodie, Dark Star est la matrice de la science-fiction hollywoodienne, Dan O’Bannon allant plus tard signer le scénario d’Alien de Ridley Scott, autre huis clos spatial. De plus, la faiblesse du budget effets spéciaux n’empêche pas Dark Star d’inventer le procédé optique de la vitesse lumière, l’hyperdrive, repris à l’identique dans Star Wars trois ans plus tard. Cousin de THX 1138 de Georges Lucas dont l’ambition dépassait de loin le budget, Dark Star est un film admirablement visionnaire dont l’écriture, les cadrages et les images (cette planche de surf dans l’espace !) compensent facilement le rythme inégal et la maigreur des décors.

STARMAN

– 21h : Starman (John Carpenter – 1984 – 115 minutes)

avec Jeff Bridges, Karen Allen, Charles Martin Smith, Richard Jaeckel

Un extra-terrestre arrive sur Terre et prend les traits du mari décédé d’une jeune veuve.

Après l’échec commercial de The Thing, John Carpenter accepta une commande pour restaurer sa crédibilité auprès des studios hollywoodiens. Il s’agit donc d’un des rares films où il ne signe ni la musique (remplacé par Jack Nitzsche, nominé au Golden Globe de la meilleur musique, collaborateur clef de Phil Spector, Neil Young ou des Rolling Stones), ni le scénario. Celui-ci a en effet été développé par la Columbia en même temps que celui d’E.T. sur le même thème de la visite d’un extra-terrestre pacifique. Produit par Michael Douglas, Starman est un road-movie romantique autour d’une veuve et d’une copie de son mari défunt qui apprivoise son humanité, tandis que les différents personnages croisés sur la route ou le FBI lancé à leur trousse nous dépeignent la bêtise et la méchanceté des humains. Jeff Bridges remporta le Saturn Awards du meilleur acteur et fut nommé à l’Oscar et aux Golden Globes, tandis que le film fut nommé aux Saturn Awards du meilleur film de science-fiction, tout comme l’actrice principale Karen Allen, à l’interprétation particulièrement juste. Le succès du film donna lieu à une suite sous forme de série télévisée. Carpenter fut ainsi remis sur les rails, mais pas pour longtemps, puisque son film suivant (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin) fut un tel échec qu’il quitta Hollywood pour le cinéma indépendant.

28 juin : Ciné-club Grindhouse

PLANETE TERREUR UN FILM GRINDHOUSE

– 19h : Planète Terreur (Robert Rodriguez – 2007 – 105 minutes)

avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Michael Biehn, Jeff Fahey, Josh Brolin, Marley Shelton, Bruce Willis, Tom Savini, Quentin Tarantino

Une étrange épidémie semble se répandre dans une petite ville du Texas…

Le projet Grindhouse est un hommage aux films de série B ou Z, fauchés et outranciers qui passaient dans les cinémas de quartier des années 70 en double feature (deux à la suite), entrecoupés de bandes annonces de films tout aussi improbables et racoleurs. Rodriguez et Tarantino, cinéphiles boulimiques et fans de cette frange du cinéma de leur jeunesse, ont ainsi entrepris de recréer cette esthétique en réalisant chacun un film d’exploitation, rempli comme d’habitude avec eux de citations et références. Leur fétichisme va jusqu’à vieillir volontairement leurs pellicules (grains, couleurs, rayures), et même prétendre qu’une bobine contenant quelques scènes a été perdue (avec excuse écrite à l’écran du gérant du cinéma), comme dans un authentique cinéma foireux d’époque !

Planète Terreur est film d’épidémie de zombies tout ce qu’il y a de plus gore, un hommage aux films d’horreur de Romero et de Carpenter (notamment la musique, composée par Rodriguez lui-même, comme Carpenter pour ses propres films). D’ailleurs on retrouve au casting Tom Savini, légendaire maquilleur de Romero et qui réalisa un remake de La Nuit des morts-vivants (qui avait déjà joué dans Une Nuit en enfer de Rodriguez avec Tarantino). Le film est aussi sanglant que jubilatoire, oscillant à la frontière du premier et du second degré, pour notre plus grand plaisir régressif, allant même jusqu’à affubler l’héroïne d’une jambe en… mitraillette !

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– 21h : Boulevard de la mort (Quentin Tarantino – 2007 – 109 minutes)

avec Kurt Russel, Zoe Bell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Jordan Ladd, Rose McGowan, Sidney Poitier, Tracie Thoms, Mary Elizabeth Winstead, Quentin Tarantino

Un groupe de jeunes filles rencontre dans un bar un intriguant cascadeur balafré, qui propose de ramener l’une d’elle en voiture…

Boulevard de la mort est quant à lui un hommage aux slashers et road-movies, notamment Point Limite Zéro (largement cité), avec courses-poursuites mortelles et cascades en voiture (sans trucage informatique, comme à l’époque) – notamment une fameuse scène survoltée avec une femme sur le capot une voiture – et évidemment des scènes de dialogues tordus et interminables si chers à Tarantino. Kurt Russel complète l’hommage Grindhouse à Carpenter car il en fut l’anti-héros fétiche (New York 1997, The Thing, Jack Burton), tandis que la cascadeuse Zoe Bell joue son propre rôle au sein d’une bande girl power qui fait passer le personnage de Russel pour un vieux ringard du passé. Cependant le film de Tarantino apparaît plus déroutant et conceptuel que celui de Rodriguez, avec ses deux parties et castings distincts, mais toujours truffés de clins d’œil à la cinéphilie bis et d’admiration pour le métier de cascadeur.

Aux Etats-Unis les deux films sont sorties en une seule séance double feature, en insérant des fausses bandes annonces de films d’horreur comme Don’t (d’Edgar Wright), Thanskgiving (d’Eli Roth) ou Werewolf Women of the SS (de Rob Zombie). L’une d’elle, Machete, a été si populaire que Rodriguez en a réalisé un long-métrage, et une suite (Machete Kills) ! Mais dans le monde les films sont sortis séparément, puisque le format double feature est typiquement américain et inconnu ailleurs.

Ciné-club Kurt Russell / John Carpenter : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) – The Thing (1982)

Kurt Russell est un des acteurs fétiches de John Carpenter, ayant tournés cinq fois ensembles. Retour sur deux films cultes bien différents, qui ont bien plus trouvé leur public en vidéo qu’à leur sortie initiale au cinéma.

Dimanche 15 décembre 2013 :

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– 19h : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter – 1986 – 99 minutes)

avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong

 Jack Burton accompagne un ami à l’aéroport pour accueillir la fiancée de ce dernier. Mais elle est enlevée par un gang chinois dirigé par un sorcier.

Le film est un échec commercial à sa sortie, ne couvrant même pas la moitié de son budget (25 millions de dollars), ce qui poussera John Carpenter à travailler dans le circuit indépendant, loin des grands studios hollywoodiens – et ce malgré un beau palmarès commercial, comme Halloween (1978) ou New York 1997 (1981). Tourné à Chinatown à San Francisco, c’est effectivement un mélange de plusieurs genres qui a pu paraître déroutant pour le public de l’époque : aventures et explorations à la Indiana Jones, arts martiaux hongkongais à la Tsui Hark et pouvoirs surnaturels, mélangeant action et humour dans un folklore chinois, avec un anti-héros moins triomphant que dépassé par les événements, et des personnages secondaires plus vaillants et puissants que lui. Cependant, ce film atypique, drôle et rythmé est depuis devenu un vif succès à la télévision, en VHS et DVD, ce qui est une des marques des films cultes. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la musique du film (avec Alan Howarth).

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– 21h : The Thing (John Carpenter – 1982 – 109 minutes)

avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat

Une équipe de douze chercheurs en plein milieu de l’Antarctique découvre une base norvégienne dont il ne reste aucun survivant, ainsi qu’un corps enfoui depuis 100.000 ans dans la glace.

Remake de La Chose d’un autre monde (1951) de Christian Nyby et Howard Hawks, lui-même adapté d’une fameuse nouvelle de John Campbell, The Thing est autant un film de science-fiction que d’horreur, avec des effets spéciaux stupéfiants et un suspense haletant, où un extra-terrestre métamorphe a la capacité de prendre l’apparence de n’importe quelle créature, et qui créé un climat de suspicion au sein l’équipe de chercheurs. L’ambiance rappelle un peu Alien (1979), où l’on passe plus de temps à attendre la créature qu’à la combattre, et où les protagonistes sont isolés de la civilisation, ici en Antarctique – le film fut d’ailleurs tourné en Colombie-Britannique au Canada et aux studios Universal à Los Angeles. Pour une fois, Carpenter ne compose pas lui-même la bande originale, mais on ne perd pas au change puisque c’est l’immense Ennio Morricone qui s’en charge. The Thing n’est pas un succès commercial à sa sortie, les recettes compensant de peu son budget. Mais c’est aussi devenu un film culte, parmi les plus appréciés de Carpenter, dont un préquelle est sortie en 2011 sous le même nom, se passant quelques jours plus tôt dans la base norvégienne.