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Ciné-club Superman par Richard Donner : Superman : le film (1978) – Superman II : the Richard Donner Cut (1980/2006)

SUPERMAN

– 19h : Superman : le film (Richard Donner – 1978 – 152 minutes)

avec Christopher Reeve, Marlon, Brando, Gene Hackman, Margot Kidder, Ned Beatty, Jackie Cooper, Glenn Ford, Trevor Howard, Valerie Perrine

Un jeune rescapé de la planète Krypton est envoyé sur Terre où il grandit. Journaliste en apparence, il est en fait doté de superpouvoirs avec lesquels il fait régner la justice en tant que Superman.

Superman est sans doute le héros de comic le plus connu dans le monde. Edité par DC Comics (comme Batman) à partir de 1938, il est le fer de lance du genre super-héros, si caractéristique de la bande-dessinée et de la culture américaines. Ses aventures ont été transposées à la radio (1940), en roman (1942), en dessin animé (1941-1942), en serial (série au cinéma, avant la télévision en 1948 et 1950), en comédie musicale (1966). Sa seule apparition au cinéma, Superman et les Nains de l’enfer (1951), était surtout une rampe de lancement pour une série télévisée (1952-1958). Il faut donc attendre 1978 pour une véritable superproduction, dont le budget et les effets spéciaux fassent honneur aux pouvoirs du héros en collant bleu à cape et bottes rouges. Avec un scénario de Mario Puzo (Le Parrain), le film retrace l’essentiel de la vie de Superman : depuis Krypton avec ses parents véritables, puis à Smallville avec ses parents adoptifs, et surtout à Metropolis sous l’apparence de Clark Kent, journaliste au Daily Planet avec Lois Lane, et bien sûr les exploits de Superman pour régner l’ordre et la justice. Le casting se pare de la megastar Marlon Brando (Le Parrain) pour jouer son véritable père, de Glenn Ford (Gilda) pour son père adoptif, de Gene Hackman (French Connection) pour Lux Luthor, le pire ennemi du héros. Christopher Reeve reste sans doute encore aujourd’hui l’incarnation la plus iconique et définitive du personnage. Avec son savoir-faire sans égal, Richard Donner (L’Arme Fatale, Maverick) signe ici un classique du blockbuster, innocent et populaire. Superman : le film, avec ses effets spéciaux qui faisaient croire sans ordinateur qu’un homme pouvait voler, a été un immense succès commercial (300 millions de dollars), qui a relancé la franchise au cinéma avec trois suites.

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– 21h30 : Superman II : the Richard Donner Cut (Richard Donner – 1980/2006 – 116 minutes)

avec Christopher Reeve, Margot Kidder, Gene Hackman, Marlon Brando, Jackie Cooper, Terence Stamp, Sarah Douglas, Jack O’Halloran

Superman doit affronter trois criminels de Krypton qui sont parvenus à s’échapper et veulent prendre le contrôle de la Terre.

Lors du tournage de Superman : le film, Richard Donner tournait en même temps la suite, puisque les deux films étaient censés constituer deux chapitres d’une même histoire. Mais les retards de production obligèrent à se concentrer sur le premier film qu’il fallait terminer avant tout pour sa date de sortie prévue. Par ailleurs, les tensions et les désaccords avec les producteurs furent tels que malgré le triomphe du premier film, ils décidèrent de ne pas reconduire Richard Donner pour le second, bien qu’il ait déjà été tournée à 75 %. Richard Lester (A Hard Day’s Night et Help! avec les Beatles) retourne donc la plupart des scènes, en donnant une tournure plus humoristique au film. Marlon Brando intente un procès et exige que ses scènes déjà tournées avec Donner ne soient pas intégrées au nouveau film – il en gagne beaucoup d’argent, tandis que la continuité scénaristique du film en est altérée. Le résultat sort sous le nom de Superman II : l’aventure continue en 1980, avec des avis mitigés. Des années plus tard, la pression des fans sur internet pousse la Warner à produire un nouveau montage de Superman II à partir des rushes tournés par Donner, comblant les trous par des scènes tournées en 1980 par Richard Lester. C’est ainsi que sort en 2006 Superman II : the Richard Donner cut, plus cohérent et sérieux. Il s’attarde plus particulièrement sur la relation de Lois Lane avec Clark Kent et Superman, tandis que les scènes tournées avec Marlon Brando peuvent être utilisées. Quoi qu’il en soit, Richard Lester a tout de même tourné en 1983 Superman III (qui a entamé le déclin de la franchise, dont le fond est touché avec Superman IV), et Richard Donner a continué sa carrière aux sommets du box-office avec Les Goonies (1985) et la série L’Arme Fatale (1987-1998).

Ciné-club Grace Kelly / Alfred Hitchcock : Le Crime était presque parfait (1954) – La Main au collet (1955)

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– 19h : Le Crime était presque parfait (Alfred Hitchcock – 1954 – 106 minutes)

avec Ray Milland, Grace Kelly, Robert Cummings, John Williams

Après avoir découvert que sa femme a un amant, le mari décide de mettre en scène un assassinat.

Adapté d’une pièce de théâtre à succès de Frederick Knott, Le Crime était presque parfait est un des films policiers les plus machiavéliques (dans la veine de La Corde avec James Stewart, du même réalisateur). Dans un tournage de trente-six jours, Alfred Hitchcock conserve l’unité de lieu, la quasi-intégralité des scènes se passant dans un appartement (comme son film suivant, Fenêtre sur cour), à l’exception d’une courte scène dans un club anglais ou d’un procès sur fond neutre. Il s’agit de la première collaboration avec Grace Kelly, qui deviendra une des blondes les plus emblématiques et préférées du réalisateur. A ses côtés l’élégant Ray Milland (Les Naufrageurs des mers du sud, Le Poison), quasi-sosie de Cary Grant, physiquement et stylistiquement. Fait surprenant pour beaucoup, le film a été tourné en 3D ! Bien avant Avatar (2009), le spectateur devait mettre des lunettes stéréoscopiques pour voir l’action en relief, comme ce fut le cas pour certains autres films de l’époque (L’Etrange créature du lac noir, L’Homme au masque de cire). Malheureusement le procédé est rapidement passé de mode, et le film à sa sortie ne fut projeté qu’en 2D (sa version 3D a été réédité par la suite au cinéma et blu-ray). On ne va pas révéler les multiples ressorts de l’intrigue dont les surprises en ont fait un classique du cinéma policier, mais faites confiance à Hitchcock (et à l’auteur de la pièce) pour explorer cliniquement toutes les hypothèses afin de construire le crime parfait, ainsi que pour le démasquer durant l’enquête qui en découle. L’histoire a d’ailleurs énormément influencé le genre, que ce soit dans de multiples épisodes de Columbo ou dans un remake avec Michael Douglas, Gwyneth Paltrow et Vigo Mortensen (Meurtre parfait, 1998).

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– 21h : La Main au collet (Alfred Hitchcock – 1955 – 106 minutes)

avec Cary Grant, Grace Kelly, Jessie Royce Landis, John Williams

Accusé de la disparition de bijoux auprès de la haute bourgeoisie de la Côte d’Azur, un ancien voleur à la retraite se voit obliger de démasquer lui-même le voleur qui se fait passer pour lui.

Après Le Crime était presque parfait et Fenêtre sur cour (1954), deux huis clos dans un appartement avec Grace Kelly, Alfred Hitchcock enchaîne sur un film faisant la part belle aux extérieurs radieux, aux superbes paysages et maisons de la Côte d’Azur, aux plages ensoleillées, à la vitesse des voitures, aux acrobaties sur les toits, aux feux d’artifice, le tout tourné avec les superbes couleurs du format Vistavision. Bref tout respire la légèreté, la séduction et l’élégance dans ce film de cambriolage et de bijoux, avec un soupçon de mystère. Hitchcock reprend deux de ses acteurs fétiches, Cary Grant et Grace Kelly : lui est une sorte d’Arsène Lupin américain installé en France, elle une riche héritière malicieuse, et tous les deux sont plus glamours que jamais. Les dialogues sont léchés, avec de nombreux doubles sens érotiques, tandis que le raffinement et l’humour émaillent chaque scène. S’il ne concourt pas parmi les habituels films à suspense d’Hitchcock, La Main au collet est une des plus délicieuses carte-postales de la Riviera (Oscar de la meilleure photographie, nomination aux meilleurs décors et costumes), avec un certain parfum de James Bond sans les gadgets. Enfin, la légende veut que c’est durant le tournage que Grace Kelly aurait rencontré son futur mari le prince Rainier, abandonnant sa carrière d’actrice pour devenir reine – mais l’histoire est fausse, ils ne se rencontreront qu’un an plus tard au Festival de Cannes.