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9 août : Ciné-club diamant avec Michael Douglas : A la poursuite du diamant vert (1984) – Le Diamant du Nil (1985)

A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT

– 19h : A la poursuite du diamant vert (Robert Zemeckis – 1984 – 105 minutes)

avec Michael Douglas, Kathleen Turner, Danny DeVito, Alfonso Arau, Manuel Ojeda

Une romancière à succès part en Colombie pour trouver un diamant vert afin de sauver sa sœur kidnappée. Elle croise la route d’un aventurier à l’opposé des héros de ses livres.

Ecrit par une jeune serveuse que Michael Douglas (producteur du film) a rencontré au restaurant, Diane Thomas (disparue tragiquement au volant de la Porsche que Michael Douglas lui avait offerte), A la poursuite du diamant vert a été original pour l’époque avec son mélange d’aventure exotique, de romance et de comédie, une sorte d’Indiana Jones qui intéresserait le public féminin avec de l’eau de rose. De plus, il joue régulièrement avec l’opposition entre le monde idéal de la romancière et sa réalité plus prosaïque et vulgaire, dans sa quête de l’aventurier idéal. Le film a été un immense succès à sa sortie (rapportant plus de dix fois son budget), et fit décoller la carrière de beaucoup de monde : Michael Douglas (également producteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou et Le Syndrome chinois), Kathleen Turner (L’Homme aux deux cerveaux), Danny DeVito (ancien colocataire et ami de Michael Douglas qui jouait déjà dans Vol au-dessus d’un nid de coucou) et le réalisateur Robert Zemeckis (Retour vers le futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Forrest Gump).

 LE DIAMANT DU NIL

– 21h : Le Diamant du Nil (Lewis Teague – 1985 – 106 minutes)

avec Michael Douglas, Kathleen Turner, Danny DeVito, Spyros Fokas, Avner Eisenberg

Notre romancière est invitée par un prince du Moyen-Orient. Mais celui-ci a capturé le Diamant du Nil, qui intéresse beaucoup de monde…

Après l’immense succès du premier, Michael Douglas en produit la suite, avec le même trio d’acteurs principaux. Après la Colombie (mais tourné au Mexique), les aventures continuent sur le Nil (mais tourné au Maroc). Si le réalisateur aux commandes est moins prestigieux et que la formule se répète (la scénariste originale n’ayant plus se libérer pour écrire la suite), le film s’avère finalement plus rythmé et moins linéaire que le premier, le trio d’acteurs principaux étant très rodé et soudé. Billy Ocean signe le thème principal, tandis que la BO est de Jack Nitzsche (Starman, Vol au-dessus d’un nid de coucou). A noter que Danny DeVito réunira à nouveau Michael Douglas et Kathleen Turner dans La Guerre des Rose qu’il réalisera, comédie noire où ils jouent cette fois-ci un couple qui se déchire violemment.

Ciné-club Kirsten Dunst : Virgin Suicides (1999) – Marie-Antoinette (2006)

THE VIRGIN SUICIDES

– 19 : Virgin Suicides (Sofia Coppola – 1999 – 97 minutes)

avec Kirsten Dunst, James Wood, Kathleen Turner, Josh Hartnett, Scott Glenn, Michael Paré, Danny DeVito

Dans les années 70, des adolescents d’une petite ville américaine bourgeoise sont obsédés par les cinq sœurs mystérieuses d’une famille, dont l’une a fait une tentative de suicide.

Pour son premier long-métrage, la jeune fille du réalisateur culte Francis Ford Coppola, Sofia, adapte un roman de Jeffrey Eugenides paru en 1995. Cependant les droits étaient déjà vendus, mais elle continua quand même d’en écrire son scénario, qui était si réussi que les ayants-droits acceptèrent finalement de les lui céder, et son père décida de produire le film, avec sa société American Zoetrope. Virgin Suicides est ainsi une affaire de famille, car le frère de Sofia, Roman, est assistant-réalisateur, et deux de ses cousins sont au casting. Le film est une reconstruction nostalgique en mosaïque des souvenirs de jeunes garçons voyeurs fantasmant sur des filles parfaites, qui mettront pourtant fin inexplicablement à leurs jours. Mêmes adultes ils n’ont ni oubliés ces évènements ni percé leur mystère. C’est toute l’ambivalence et l’incompréhension propre à la période de l’adolescence qui sont recréées à travers cette histoire, riche de premières et dernières fois. James Wood et Kathleen Turner jouent admirablement des parents autoritaires, puritains et étouffants, impuissants à voir venir le drame familial auquel ils ont contribué. La bande-son est signée par le groupe français electro-pop Air, qui participe à l’atmosphère de rêverie et de mélancolie et eut un grand succès en CD. On retrouve aussi des artistes des années 70 comme Sloan, Heart, Todd Rundgren, Electric Light Orchestra, Carole King, 10cc ou les Bee Gees, le tout redessinant une époque FM, sentimentale et à moitié kitsch musicalement. Virgin Suicides a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, a obtenu un beau succès critique pour un premier film qui tire vers le haut le film de teenagers, et a lancé sa carrière de réalisatrice.

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– 21h : Marie-Antoinette (Sofia Coppola – 2006 – 122 minutes)

avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Judy Davis, Rip Torn, Asia Argento, Rose Byrne, Molly Shannon, Shirley Henderson, Danny Huston, Steeve Coogan, Marianne Faithfull, Aurore Clément

La vie de Marie-Antoinette, de son départ d’Autriche à sa vie à Versailles, comme dauphine puis reine de France, jusqu’à la Révolution française.

Sept ans après Virgin Suicides, Sofia Coppola retrouve Kirsten Dunst pour jouer le rôle de la reine Marie-Antoinette – ce qui lui va bien, puisque le père de l’actrice est allemand (et qu’elle a depuis obtenu la nationalité allemande). Adapté du livre d’Antonia Fraser, Marie-Antoinette est une biographie libre et iconoclaste, entièrement tournée et France, notamment au château de Versailles. En effet, loin d’être un lourd et poussiéreux compte-rendu des événements historiques menant à la Révolution française comme tant d’autres, le film s’attache plutôt à raconter la vie privée et les émotions de la jeune autrichienne confrontée à l’ahurissante étiquette de la cours de Versailles, les relations conjugales difficiles avec le gauche et impuissant Louis XVI (Jason Schwartzman, cousin de Sofia), les intrigues de cours avec notamment la favorite du roi Louis XV (Rip Torn, après le refus d’Alain Delon de porter une perruque !), la comtesse du Barry (jouée par Asia Argento). A la place des poncifs habituels de statue de cire, la personnalité de la reine est dépeinte avec des comportements et affects contemporains, tel un personnage d’aujourd’hui, comme dans ses folies dépensières pour tromper son ennui, sa retraite au Trianon pour fuir l’étouffant Versailles ou sa liaison avec le compte de Fersen pour palier son mariage décevant. On retrouve ainsi les thèmes chers de la réalisatrice : malaise existentiel dans un monde où on ne trouve pas sa place, passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, fuite de la réalité dans la rêverie et les fantasmes, constellation de rumeurs et ragots, mosaïque voyeuriste et indicible de l’intime. L’anachronisme est volontaire et assumé avec une bande-son post-punk et new wave, composée de chansons de Siouxsie & the Banshees, New Order, The Cure, Adam and the Ants, Gang of Four, Bow Wow Wow ou les Strokes. Enfin, les teintes pastel et vives comme des bonbons des décors et costumes parachèvent d’en faire une lecture moderne et personnelle. Marie-Antoinette a eu un retentissement mondial, a été présenté en compétition au Festival de Cannes, et a contribué à faire de Kirsten Dunst une actrice de premier plan.

En bonus sera projeté le court-métrage de Sofia Coppola, Lick the star (1998 – 14 minutes), tournant aussi sur l’adolescence.