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18 septembre : Ciné-club Comédie de guerre : M*A*S*H (1970) – De l’or pour les braves (1970)

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– 19h : M*A*S*H (Robert Altman – 1970 – 115 minutes)

avec Donald Sutherland, Elliott Gould, Tom Skerritt, Sally Kellerman, Robert Duvall, Jo Ann Pfulg, Rene Auberjonois

Pendant la guerre de Corée, un camp militaire médical américain pour blessés tente de contourner le quotidien de la guerre par des comportements loufoques ou sexuels.

Les films de guerre sont un des piliers du cinéma américain, vantant le patriotisme, l’héroïsme et la puissance du pays (La Grande Evasion, Le Jour le plus long, Les Canons de Navarone). Aussi spectaculaires et réussis qu’ils peuvent être, ils n’en servent pas moins le mythe politico-culturel national, sous l’étroit contrôle des majors d’Hollywood. Cependant, avec la contre-culture des années 60 et la désillusion de la guerre du Vietnam, les mentalités commencent à changer, tant dans le public que sur les plateaux de tournage. Faire financer une satire de la guerre par un grand studio américain est délicat, mais comme la 20th Century Fox est déjà accaparée par deux grosses productions militaires (Tora ! Tora ! Tora ! et Patton), Robert Altman (Nashville, The Player, Short Cuts) parvient à faire profil bas avec son petit projet de quatre millions de dollars. Adapté d’un roman de Richard Hornberger, M*A*S*H tourne en dérision la vie militaire, avec une unité médicale excentrique qui s’efforce de passer du bon temps, à jouer des tours aux à raseurs ou à laisser libre cours à leurs penchants sexuels, pour oublier les folies de la guerre. Faisant beaucoup improviser ses acteurs (en partie débutants), Altman conserve néanmoins un ton réaliste et un humour noir, rendant sa farce d’autant plus crédible et percutante dans une forme comique à peu près inédite. Enchaînant les séquences d’anthologie, M*A*S*H obtient un succès public et critique immense, remportant la Palme d’or du Festival de Cannes (rarissime pour une comédie) ou l’Oscar du meilleur scénario (et quatre autres nominations, dont meilleurs film et réalisateur). Le film culte se déclinera en une série télévisée au succès sans précédent pendant pas moins de onze saisons (soit bien plus longtemps que les trois ans de la véritable guerre de Corée !), son dernier épisode (de 2h30 !) étant resté le record absolu d’audience de la télévision américaine pendant vingt-sept ans.

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– 21h : De l’or pour les braves (Brian G. Hutton – 1970 – 144 minutes)

avec Clint Eastwood, Telly Savalas, Donald Sutherland, Don Rickles, Carroll O’Connor, Harry Dean Stanton

En pleine Seconde Guerre mondiale en France, une bande de militaires vont en territoire ennemi pour s’emparer de nombreux lingots d’or gardés par les nazis dans une banque.

Après le classique Quand les aigles attaquent, Clint Eastwood retrouve le réalisateur Brian G. Hutton pour un nouveau film de guerre, mais cette fois-ci dans un ton tout à fait différent, puisqu’il s’agit d’une comédie ! Certes pas une comédie classique car De l’or pour les braves reste tout de même une grosse production militaire avec des scènes de combats et d’explosions, mais dans un registre inhabituel, immoral et déjanté, où les militaires sont plus motivés par leur enrichissement personnel que par la libération de la France, n’hésitant pas à se disputer, magouiller, contourner leur hiérarchie et détourner les véhicules et équipements militaires à leurs propres fins. Le film est donc une farce irrévérencieuse qui a dû faire grincer bien des dents aux Etats-Unis parmi les anciens combattants ! Portés par des acteurs efficaces, de Clint Eastwood au complètement cinglé et proto-hippie Donald Sutherland (M.A.S.H., Le Casanova de Fellini) en passant par Telly Savalas (héros de la série Kojak !), sur une partition du grand Lalo Schifrin (Bullitt, L’Inspecteur Harry, Opération Dragon), De l’or pour les braves est une critique loufoque des valeurs américaines et de la guerre, sorti quelques mois seulement après M.A.S.H.,, avec des clins d’œil aux films de western (évidemment ceux d’Eastwood avec Leone) ou de gangsters. Le film connaîtra un remake français (Les Morfaloux avec Jean-Paul Belmondo), tandis que Les Rois du désert (avec George Clooney et Ice Cube) reprendra exactement le même thème pendant la guerre du Golfe.

13 septembre : Ciné-club Kung-fu : Opération Dragon (1973) – Crazy Kung-fu (2004)

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– 19 h : Opération Dragon (Robert Clouse – 1973 – 98 minutes)

avec Bruce Lee, John Saxon, Jim Kelly, Ahna Capri, Shih Kien, Bob Wall, Angela Mao, Bolo Yeung

 Un membre du temple Shaolin est chargé de s’infiltrer chez un trafiquant de drogue et d’esclave par le biais du tournoi d’arts martiaux qu’il organise sur son île.

Après des apparitions dans des séries télévisées (Batman, Le Frelon Vert, L’Homme de fer), Bruce Lee commence son ascension fulgurante au cinéma dans les films hongkongais Big Boss, La Fureur de vaincre et La Fureur du Dragon. Avec Opération Dragon, il tourne dans sa plus grosse production avec Warner Brothers – il s’agit d’ailleurs du premier film hollywoodien à avoir un chinois comme acteur principal. Le film occidentalise un peu l’intrigue, avec quelques références à James Bond : le méchant a des pinces à la place des mains artificielles comme dans celui de James Bond contre Docteur No. La scène du dernier combat est d’ailleurs anthologique : il a lieu dans une salle avec huit mille miroirs, donnant lieu à des jeux de reflets inouïs. La musique de Lalo Schifrin est délicieusement funky comme à son habitude (L’Inspecteur Harry). Bruce Lee deviendra une star mondiale avec ce film, mais à titre posthume : il meurt en effet d’un œdème cérébral (dans des circonstances troubles) trois semaines et demi avant sa sortie, faisant de lui une icône culturelle du XXème siècle.

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– 21h : Crazu Kung-fu (Stephen Chow – 2004 – 99 minutes)

avec Stephen Chow, Yuen Qiu, Yuen Wah, Danny Chan Kwok Kwan, Xing Yu, Lam Suet

Un jeune voyou sympathique rêve d’intégrer une puissant gang, qui est en lutte avec des maîtres de kung-fu pour contrôler une rue sacrée.

 Trois ans après Shaolin Soccer, une parodie délirante d’Olive et Tom à la sauce kung-fu acrobatique (succès international, public et critique), Stephen Chow enfonce le clou dans la Chine des années 40, avec des combats inspirés de Bruce Lee (son idole) et… Ken le survivant ! Pour les spectaculaires chorégraphies, il fait appel à Sammo Hung et Yuen Woo Ping (Matrix, Tigres et dragons). Hommage aux kung-fu comédies des années 70-80, Crazy Kung-fu déploie un humour cartoonesque à la Tex Avery avec une galerie de second rôles aux tronches impayables. Extrêmement soigné techniquement, le film a été très bien accueilli, engrangeant cent millions de dollars de recettes mondiales, et devenant le plus grand succès en langue étrangère aux Etats-Unis en 2005.

7 juin : Ciné-club Clint Eastwood / Don Siegel

L'INSPECTEUR HARRY

– 19h : L’Inspecteur Harry (Don Siegel – 1971 – 102 minutes)

avec Clint Eastwood, Harry Guardino, Reni Santoni, Andy Robinson, John Larch, John Vernon

A San Francisco, l’inspecteur Harry Callahan doit retrouver un tireur et kidnappeur psychopathe en usant de ses méthodes expéditives aux frontières de la loi.

Après avoir joué les cowboys solitaires dans les années 60, Clint Eastwood entame les années 70 avec son rôle le plus connu, en tant que justicier absolu dans la ville moderne, n’hésitant pas à enfreindre la loi pour imposer sa conception de la justice ou à abattre un malfrat. Inspiré de l’histoire non élucidée du tireur de San Francisco, L’Inspecteur Harry fut très polémique à sa sortie, beaucoup y voyant une morale réactionnaire et machiste, prônant la justice personnelle et l’auto-défense, là où d’autres le considéraient comme le héros dont l’Amérique avait besoin à une époque de doute socio-culturel, arguant que le coupable avait fini par avoir plus de droit que la victime. En tout cas le film a été un énorme succès, créant un nouveau standard de film d’action, western urbain contemporain où San Francisco devient un personnage à part entière. Plusieurs scènes et répliques sont devenues cultes. L’excellente musique jazz-funk de Lalo Schifrin (Bullit, Opération Dragon, Mission Impossible, Starsky et Hutch) contribue énormément à la dynamique et à la tension du film. L’Inspecteur Harry connut pas moins de quatre suites, atténuant progressivement son personnage. Clint Eastwood en réalisa une (Le Retour de l’inspecteur Harry), et finit même par parodier son personnage dans un autre de ses films, La Relève (1990).

 SIERRA TORRIDE

– 21h : Sierra Torride (Don Siegel – 1970 – 114 minutes)

avec Clint Eastwood, Shirley MacLaine, Manolo Fabregas, Alberto Morin, Armando Silvestre

Au XIXème siècle au Mexique, un cowboy mercenaire sauve une nonne des griffes de bandits, et ils vont aider les révolutionnaires à attaquer un fort détenu par l’armée française.

Don Siegel (L’Invasion des profanateurs de sépultures) est l’un des deux mentors de Clint Eastwood, avec Sergio Leone. Après avoir été révélé par le réalisateur italien dans les westerns de la trilogie du dollar, c’est avec Siegel qu’il apprendra le mieux le métier et éprouvera l’envie de devenir réalisateur. Ils ont tourné ensemble cinq films, dont trois westerns. D’ailleurs, dans le premier western qu’il réalise, L’Homme des hautes plaines, Eastwood place deux pierres tombales portant les noms de Sergio Leone et Don Siegel, comme pour mieux enterrer symboliquement ses pères. Enfin son grand classique Impitoyable lui est dédié personnellement. Dans Sierra Torride, Eastwood donne la réplique à Shirley MacLaine, grande sœur de Warren Beatty, star (elle est créditée avant Eastwood) des comédies romantiques de Billy Wilder (La Garconnière, Irma la douce). Son rôle de nonne en plein de western ne manque pas de piquant, et donnera lieu à bien des situations cocasses entre elle et Clint Easwood, qui quant à lui habite sans difficulté son personnage habituel de cowboy cynique. Autre réminiscence leonienne, Ennio Morricone signe la musique de bon petit western picaresque tourné au Mexique.