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23 avril 2017 : Ciné-club Mad Max : Mad Max 2 : Le Défi (1981) – Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985)

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– 19h : Mad Max 2 : Le Défi (George Miller – 1981 – 95 minutes)

avec Mel Gibson, Bruce Spence, Vernon Wells, Emil Minty, Mike Preston, Kjell Nilsson, Virginia Hey

Dans un futur proche, les réserves de pétrole sont presque épuisées. Max rencontre une communauté gérant une raffinerie, régulièrement attaquée par une horde de pillards.

Le premier Mad Max (1979) avait connu un succès monumental en Australie, devenant le record historique du box-office national, mais le tournage avait été éprouvant, et George Miller pense à d’autres projets (il se voit d’ailleurs proposer Rambo). Mais il se laisse tenter par une suite avec un budget conséquent, dix fois supérieur à celui du premier (le plus cher du pays). Tourné en Australie avec près de quatre-vingt véhicules, Mad Max 2 : Le Défi est radicalement différent du premier, puisqu’il est le premier de la saga à se situer dans un monde post-apocalyptique désertique rempli de punks barbares (ce qui sera copié dans le manga Ken le survivant, jusqu’au look du héros). Le genre se rapproche du western, avec un inconnu qui arrive dans une communauté isolée persécutée par des brigands. Totalement spectaculaire, le film culmine dans une course-poursuite épique de treize minutes. Comme George Lucas, George Miller s’est inspiré des analyses de Joseph Campbell (Le Héros aux mille et un visages) sur les mythologies du monde pour rendre son héros messianique et universel. Le premier épisode était passé tellement inaperçu aux Etats-Unis que sa suite n’est même pas vendue comme telle : sortie simplement sous le nom The Road Warrior, elle est cette fois-ci un succès, faisant de Mel Gibson une star et incitant Steven Spielberg à proposer à George Miller de réaliser un segment du film La Quatrième dimension.

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– 21h : Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (George Miller & George Ogilvie – 1985 – 105 minutes)

avec Mel Gibson, Tina Turner, Bruce Spence, Adam Cockburn, Frank Thring, Angelo Rossitto, Paul Larsson, Angry Anderson

Dépouillé par un voleur, Max arrive à Trocpolis, où il est engagé par sa chef pour tuer Master et Blaster, qui contrôlent le Monde Souterrain.

Le troisième épisode de la saga ne se passe pas aussi bien que prévu : le producteur des deux premiers, Byron Kennedy, meurt dans un accident d’avion en faisant des repérages dans le désert, et l’illustrateur de l’affiche décède quelques heures après l’avoir terminé… ! Du coup le co-scénariste Terry Hayes devient co-producteur, et George Miller partage la réalisation avec George Ogilvie (avec qui il avait déjà travaillé sur une mini-série australienne), ce qui donne un changement de ton au film. Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre prend cette fois-ci des allures de péplum, avec ses castes et ses combats de gladiateurs. Néanmoins la direction artistique est encore plus soignée, et une nouvelle course-poursuite spectaculaire clôt en fanfare le film. La superstar de la soul-funk-pop Tina Turner joue le rôle d’Entité, qui contrôle Trocpolis, et chante la chanson du film qui deviendra un tube, « We Don’t Need Another Hero », qui sera nommée aux Gloden Globes et aux Grammy Awards. A noter que son homme de main est joué par le chanteur du groupe de hard rock australien Rose Tattoo, Angry Anderson. Enfin, Maurice Jarre (Lawrence d’Arabie, Le Docteur Jivago) remplace Brian May à la bande son. Il faudra attendre trente ans pour une nouvelle suite avec Mad Max : Fury Road, qui sera un succès mondial, toujours réalisé par George Miller mais sans Mel Gibson.

22 mai : Ciné-club Le Docteur Jivago (1965)

LE DOCTEUR JIVAGO

19h : Le Docteur Jivago (David Lean – 1965 – 197 minutes)

avec Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin, Rod Steiger, Alec Guinness, Tom Courtenay, Siobhan McKenna, Ralph Richardson, Rita Tushingham, Klaus Kinski

A la veille de la révolution soviétique, un médecin sur le point de se marier croise la route d’une jeune femme sous le charme d’un odieux bourgeois. Leurs destins vont se lier au rythme des remous de l’Histoire russe.

Le poète russe Boris Pasternak publie son roman Le Docteur Jivago en 1957. Il reçoit le Prix Nobel de littérature l’année suivante, mais il doit le refuser pour ne pas subir les foudres des autorités soviétiques (qui n’autoriseront la publication du roman qu’en 1985). Qui d’autre que le grand David Lean aurait pu l’adapter au cinéma ? Le réalisateur multi-oscarisé du Pont de la Rivière Kwaï et de Lawrence d’Arabie déploie tout son talent pour filmer les grandes épopées passionnelles, historiques et exotiques, à travers les magnifiques paysages sibériens. Le film est tourné pendant dix mois en Finlande, au Canada et en Espagne, où des décors impressionnants recréent Moscou sur plus de huit cent mètres avec tramway, viaduc et Kremlin, ou des champs de bataille. Dans son rôle le plus iconique, Omar Sharif hésite entre sa femme brune (Geraldine Chaplin, fille de Charles, dans son premier rôle) et une sublime infirmière blonde (Julie Christie), pendant que l’histoire révolutionnaire de la Russie se déroule, depuis la période tsariste touchant à sa fin, l’entrée dans la Première Guerre mondiale, la révolution d’octobre, le bouleversement social de la population, l’abolition des classes ou les difficultés matérielles jusqu’aux fins fonds de la Sibérie. Le compositeur habituel de Lean, Maurice Jarre, signe une nouvelle fois un thème fameux du cinéma, riches des sonorités russes. Classique d’entre les classiques entrelaçant l’intime avec l’Histoire, Le Docteur Jivago a reçu cinq Oscars (scénario, direction artistique, costumes, photographie et musique) sur dix nominations, et est devenu le huitième plus grand succès commercial du cinéma – son chiffre d’affaire en dollars réactualisés équivaut à 1,9 milliards de dollars. Il ne fut pas projeté en Russie avant 1994.

Ciné-club hommage à Peter O’Toole : Lawrence d’Arabie (1962)

Né le 2 août 1932, après une soixantaine de pièces de théâtre, le comédien irlandais Peter O’Toole décroche pour son quatrième film le rôle de sa vie et devient une star internationale, grâce à sa prestation dans l’un des monuments de l’histoire du cinéma, Lawrence d’Arabie. A l’affiche de plus de 80 films et nominés sept fois à l’Oscar du meilleur acteur – sans jamais recevoir qu’un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2003 -, mais aussi connu pour ses problèmes d’alcool et de dépression, il s’est éteint le 14 décembre 2013 des suites d’une longue maladie. Le Festin Nu rend hommage à cet acteur de légende avec la projection de son film le plus emblématique.

 Dimanche 12 janvier 2014 :

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19h : Lawrence d’Arabie (David Lean – 1962 – 228  minutes)

avec Peter O’Toole, Omar Sharif, Alec Guinness, Anthony Quinn

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier britannique prend parti pour la révolte des tribus arabes du désert contre l’Empire Turc.

Après le refus de Marlon Brando (qui préfère tourner Les Révoltés du Bounty), Peter O’Toole obtient le rôle de l’officier Thomas Edward Lawrence, personnage historique fascinant, complexe et controversé – même sa sexualité est trouble, et c’est peut-être la raison pour laquelle absolument aucune femme ne parle de tout le film ! Après le succès du Pont de la rivière Kwai (avec déjà Alec Guinness), le réalisateur David Lean et le producteur Sam Spiegel s’attellent à nouveau film exotique de grande envergure. Le tournage dura un an et demi avec des milliers de figurants, principalement en Espagne dans le désert d’Almeria, mais aussi au Maroc, en Jordanie et en Syrie. Les plans sont à couper le souffle, parmi les plus beaux du cinéma, et servent d’écrin inestimable au souffle géopolitique et historique qui secoue ce film épique et amer. A noter que la quasi-totalité des mouvements de caméra se font de gauche à droite, pour insister sur la notion de voyage. Peter O’Toole dilapidera d’ailleurs son cachet dans les casinos locaux avec Omar Sharif, l’autre grande révélation du film, avec qui David Lean tournera Le Docteur Jivago (autre classique multi-oscarisé). Lawrence d’Arabie triomphe aux Oscars, avec sept récompenses : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure musique (de Maurice Jarre, qui retravaillera avec David Lean sur Le Docteur Jivago, La Fille de Ryan et La Route des Indes), meilleur photographie, meilleure direction artistique, meilleur montage et meilleur son. En 1989, le film ressort restauré avec 21 minutes inédites, pour plonger encore plus profondément dans l’immense désert.