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27 décembre : Ciné-club Batman par Tim Burton : Batman (1989) – Batman Le Défi (1992)

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– 19h : Batman (Tim Burton – 1989 – 130 minutes)

avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl, Michael Gough, Pat Hingle, Billy Dee Williams, Jack Palance, Jerry Hall

Tombé dans une cave acide à cause de Batman et défiguré, le gangster Jack Napier devient le Joker et sème la terreur à Gotham City.

Le héros de comics créé par Bob Kane avait déjà connu une adaptation à l’énorme succès en série télévisée et en film dans les années 60. Mais leurs couleurs vives, ses onomatopées affichées à l’écran et l’humour enfantin les ont rendu (délicieusement) kitsch, et plus personne n’osa toucher à la franchise. Vingt plus tard, Tim Burton s’y attaque, et son propre univers sombre et déjanté (Beetlejuice, Edward aux mains d’argent) s’accommode judicieusement à l’obscurité et l’ambivalence de l’homme chauve-souris. Le rôle très disputé de Bruce Wayne a finalement été accordé à Michael Keaton (Beetlejuice). L’immense Jack Nicholson, habitué des rôles de fous (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Shining), endosse le costume violet du Joker. La star Kim Basinger (Jamais plus jamais, 9 semaines 1/2) illumine de sa beauté la partenaire de Batman. Grâce à l’ambition et aux moyens investis, Gotham City est enfin gothique, sale et malfamé – le film obtient l’Oscar de la meilleure direction artistique. Prince, grand amateur du héros, signe trois chansons pour le film, et sortira un album entier inspiré du film. Batman a été un immense succès commercial, et a défini le nouveau standard des superproductions de héros de comics, qu’Hollywood exploite encore aujourd’hui.

 BATMAN LE DEFI

– 21h : Batman Le Défi (Tim Burton – 1992 – 126 minutes)

avec Michael Keaton, Danny DeVito, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken, Michael Gough, Pat Hingle, Michael Murphy, Vincent Schiavelli

Le Pingouin et Catwoman s’allient dans le crime contre Batman.

Après le raz de marée du premier épisode, Warner Bros accorde encore plus de budget et de liberté (scénaristique et artistique) à Tim Burton. Il en tirera un de ses films les plus sombres et personnels, explorant les blessures les plus profondes et intimes du Pingouin (méconnaissable Danny DeVito), enfant monstrueux abandonné par ses parents), et Catwoman (sensuelle Michelle Pfeiffer en cuir moulant), secrétaire frustrée et dévalorisée par son patron, le cynique et malhonnête businessman Max Schreck (hommage à l’acteur de Nosferatu de Murnau, joué par Christopher Walken). Bruce Wayne n’est pas en reste, puisqu’il est attiré par Selina Kyle, pendant que leurs alter ego Batman et Catwoman se tournent autour. Les décors et cascades sont encore plus extravagants dans cet épisode, et le ton est bien plus violent et sexuel, ce qui ne sera pas au goût de tous, là où les fans le trouveront meilleur que le premier, le voyant comme un film d’auteur spectaculaire. Par la suite la franchise sera reprise avec beaucoup moins de crédibilité par Joel Schumacher (Batman Forever, Batman & Robin), avant de renaître de ses cendres avec Christopher Nolan dans une nouvelle trilogie à succès revenant sur la facette la plus tourmentée du héros et de son univers. A noter enfin que Michael Keaton reviendra sous les projecteurs avec Birdman (2014), film oscarisé sur un ancien acteur de superhéros qui essaie de relancer sa carrière.

22 février 2015 : ciné-club Nature sauvage avec Robert Redford / Sydney Pollack

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– 19h : Jeremiah Johnson (Sydney Pollack – 1972 – 116 minutes)

avec Robert Redford, Will Geer, Allyn Ann McLerie, Stefan Gierasch, Charles Tyner, Delle Bolton

Au XIXème siècle, un ancien militaire décide de fuir la civilisation et de vivre comme trappeur dans les montagnes Rocheuses américaines.

Deuxième des sept films que Robert Redford et Sydney Pollack tourneront ensemble, Jeremiah Johnson est inspiré d’une histoire vraie, celle du célèbre mountain man John Johnson (1824-1900), surnommé « Johnson le mangeur de foie ». Trappeur et chasseur ayant vécu dans les montagnes Rocheuses américaines, il doit son surnom à sa guerre personnelle contre les indiens Corbeaux, qui ont assassiné sa femme amérindienne, et dont il aurait mangé les foies de leurs cadavres pour se venger. Entièrement tourné dans l’Utah, le film est avant tout un vibrant hommage aux superbes, purs et infinis paysages montagneux américains, souvent enneigés. Ce western naturaliste, contemplatif et hivernal est aussi une quête existentielle et transcendantale, revisitant les codes du genre. Révélé dans le western Butch Cassidy et le Kid (1969), Robert Redford interprète cette fois-ci un personnage bien différent : notre trappeur a beau fuir la société et sa violence pour revenir à la rude nature et sa solitude, il retrouvera malgré lui les compromis des humains et fatalement leur violence. Premier western présenté en compétition du Festival de Cannes, Jeremiah Johnson a été un grand succès critique et commercial à sa sortie. Il est enfin à noter que le film a fourni plusieurs séquences mémorables de La Classe américaine, le cultissime Grand Détournement de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette à partir de dizaines de films de la Warner, diffusé sur Canal Plus en 1993.

 OUT OF AFRICA

– 21h : Out of Africa (Sydney Pollack – 1985 – 161 minutes)

avec Robert Redford, Meryl Streep, Klaus Maria Brandauer, Michael Kitchen, Michael Gough

Une jeune et riche danoise part vivre au Kenya pour diriger une plantation de café. Elle croise la route d’un aventurier charismatique et solitaire.

Pour son avant-dernière collaboration avec Robert Redford, Sydney Pollack adapte le livre autobiographique de la danoise Karen Blixen La Ferme africaine, femme moderne et indépendante qui raconte son amour pour l’Afrique (où elle a séjourné pendant dix-sept ans) et pour un aventurier insaisissable. L’histoire se passant au début du XXème siècle, elle fut donc une observatrice privilégiée des transformations du continent sous le colonialisme occidental, de sa pureté originelle et de ses traditions autochtones, bientôt effritées par le développement économique et technologique, les débuts des safaris commerciaux – bref le passage de l’homme sur une terre d’animaux et de tribus qui ne peut que faire penser au jardin d’Eden. Grand classique de la romance, le film dépeint autant des sentiments contrariés autour de la possessivité et de la liberté, que des somptueux paysages à perte de vue. Grand triomphe commercial, Out of Africa a été récompensé par les Oscars de meilleurs film, réalisateur, scénario adapté, photographie, direction artistique, musique (John Barry) et son, tandis qu’il a été aussi nommé à ceux de meilleurs costumes, montage et acteurs pour Meryl Streep (Voyage au bout de l’enfer, Sur la route de Madison) et Klaus Maria Brandauer (Jamais plus jamais, Tetro). Son histoire d’amour a fait couler les larmes de bien des spectatrices, tandis que l’intensité des images en fait le parent de films de paysages et de cultures tels que Le Fleuve, Lawrence d’Arabie ou Danse avec les loups.