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Ciné-club Wim Wenders : Les Ailes du désir (1987) – Paris, Texas (1984)

Le Festin Nu célèbre l’amitié franco-allemande avec deux fameuses co-productions franco-allemandes primées au Festival de Cannes du grand réalisateur allemand Wim Wenders, financées par Anatole Dauman via Argos Films (qui avait aussi produit L’Empire des sens et L’Empire de la passion de Nagisa Oshima).

Dimanche 19 janvier 2014 :

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– 19h : Les Ailes du Désir (Wim Wenders – 1987 – 127 minutes)

avec Bruno Ganz, Solveig Dommartin, Otto Sander, Curt Bois, Peter Falk

A Berlin, deux anges errent invisibles en observant les gens vivre et penser. L’un d’eux tombe amoureux d’une trapéziste de cirque et rêve de devenir humain.

Inspiré par un poème de Rainer Maria Rilke, Les Ailes du désir est un film contemplatif et rêveur, un conte philosophique rempli d’aphorismes, tourné sans scénario avec beaucoup d’improvisations. De par la capacité des anges à voir et entendre tout ce que les mortels font, disent et pensent, mais sans jamais pouvoir se manifester, le film a une atmosphère unique d’errance et d’incommunicabilité entre les êtres. Le superbe noir et blanc exprime cette vision terne et sans vie des anges, tandis que parfois le passage à la couleur signifie la perspective humaine, la seule capable de goûter les délices du réel. L’un des personnages principaux du film est bien sûr la ville de Berlin, avant la chute du Mur, « lieu historique de la vérité ». L’importance culturelle du film l’a d’ailleurs fait diffuser lors de la soirée inaugurale de la chaîne Arte en 1992. A noter la présence de Nick Cave & the Bad Seeds pour une scène concert, ainsi que Peter Falk (Columbo) dans son propre rôle. Dédié à la mémoire de Yasujiro Ozu, Andreï Tarkovski et François Truffaut, le film a gagné le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Il a connu une suite réalisée par Wenders lui-même en 1993 (Si loin, si proche), et un remake en 1998 (La Cité des anges de Brad Silberling).

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– 21h : Paris, Texas (Wim Wenders – 1984 – 147 minutes)

avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski, Dean Stockwell

Un américain va chercher son frère retrouvé au Texas après quatre ans de disparition et d’errance. Muet, il ne donne pas d’explication mais semble renfermer un lourd passé.

Co-écrit avec Sam Shepard, Paris, Texas est un road movie, tournée en Californie et au Texas. Cette bouleversante quête d’identité d’un homme est autant un voyage géographique, temporel et intérieur, des superbes paysages désertiques aux grands villes californiennes, des tourments de son passé à une tentative  de renouer ses liens familiaux, des fantômes confus de sa mémoire et de sa personnalité jusqu’à sa réintégration dans la réalité. Le film est servi par des interprétations remarquables, au premier plan par Harry Dean Stanton, plus vrai que nature, et par Nastassja Kinski (fille de Klaus), magnétique et poignante comme jamais (Wim Wenders lui avait donné son premier rôle au cinéma à 14 ans). La bande-son du prestigieux Ry Cooder (qui a enregistré avec Captain Beefheart, Taj Mahal, les Rolling Stones ou Little Feat, parmi bien d’autres) est un entêtant blues ésotérique à la slide guitar qui hante le film et se confond parfaitement avec le mythe américain qui fascine Wenders (Cooder retravaillera avec lui sur The End of violence en 1997 et Buena Vista Social Club en 1999). Le film a connu un triomphe, avec la Palme d’Or à l’unanimité, le prix de la critique et le prix du Jury œcuménique du Festival de Cannes.