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26 juillet : Ciné-club braquage de banque

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– 19h : L’Affaire Thomas Crown (Norman Jewison – 1968 – 102 minutes)

avec Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke, Jack Weston

Un millionnaire blasé projette de faire braquer une banque, juste pour l’excitation. Une experte en assurance est chargée de le démasquer.

L’Affaire Thomas Crown est l’un des tout premiers films à utiliser la technique du split screen (écran divisé en plusieurs écrans plus petits, pour fragmenter une action), avec Grand Prix de John Frankenheimer puis L’Etrangleur de Boston de Richard Fleischer. Cela participe à en faire un film innovant, à l’esthétique générale stylisée et soignée, depuis la mise en scène jusqu’aux superbes tenus de Faye Dunaway (fraîchement révélée dans Bonny and Clyde), en passant par la sublime musique de Michel Legrand (compositeur des films de Jacques Demy), dont la chanson « The Windmills of my heart » a remporté l’Oscar de la meilleure chanson et deviendra un standard de la pop maintes fois repris (notamment par Dusty Springfield). L’impérial Steve McQueen a dit qu’il s’agissait de son rôle préféré ! Entre film de cambriolage et jeu du chat et de la souris érotique entre les protagonistes, L’Affaire Thomas Crown culmine avec la plus longue scène de baiser (pour l’époque), une minute qui nécessita huit heures de tournage sur plusieurs jours ! Ce classique élégant et glamour a connu un remake par John McTiernan (Piège de cristal) avec Pierce Brosnan en 1999.

 HEAT

– 21h : Heat (Michael Mann – 1995 – 170 minutes)

avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore, Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd, Mykelti, Williamson, Wes Studi, Ted Levine

La police de Los Angeles traque un gang de braqueurs professionnels. Entre leurs deux chefs qui s’affrontent un respect mutuel commence à se former.

Remake d’un téléfilm de Michael Mann de 1989 (L.A. Takedown), et inspiré d’une affaire criminelle à Chicago dans les années 60, Heat est le film de tous les superlatifs, à commencer par la première rencontre historiques entre deux monstres sacrés du cinéma américain : Al Pacino et Robert De Niro, pourtant jamais présents à l’écran simultanément grâce au champ/contrechamp. Les deux acteurs avaient beau être au casting du Parrain, deuxième partie, ils n’avaient aucune scène ensemble (puisque De Niro incarnait le parrain jeune). Tourné en décors naturels dans pas moins de 65 lieux différents à Los Angeles, le film est gorgé de scènes mythiques, comme la discussion autour d’un café entre Pacino et De Niro, le braquage de la banque et la fusillade assourdissante au cœur de Los Angeles, ou la traque finale à l’aéroport international de Los Angeles. L’écriture est marquée par l’entremêlement général des personnages et situations où tout se répercute avec la fatalité du destin, entre la vie privée et professionnelle, les accidents infimes aux énormes répercussions, les psychologies au fond très similaire entre le policier et le voleur (comme le yin et le yang) qui sacrifient tous les deux leurs vies amoureuses par obsession pour leur travail. Heat est un chef d’œuvre de tension explosive ou contenue qui a ait date, alternant densité et vide, porté par des acteurs au sommet, enveloppé d’un esthétique visuelle et musicale parfaitement subtile.

Ciné-club Poker : Le Kid de Cincinnati (1965) – Maverick (1994)

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– 19h : Le Kid de Cincinnati (Norman Jewison – 1965 – 103 minutes)

Avec Steve McQueen, Edward G. Robinson, Ann-Margret, Karl Malden, Tuesday Weld, Joan Blondell, Rip Torn, Jack Weston, Cab Calloway

Un as du poker, le Kid de Cincinnati, souhaite se confronter au légendaire joueur Lancey Howard.

A l’origine, Le Kid de Cincinnati devait être réalisé par le mythique Sam Peckinpah (La Horde sauvage), avec Sharon Tate (future madame Polanski, avant d’être sauvagement assassinée par la Manson Family) dans le rôle principal féminin. Mais parce qu’il avait commencé à tourner en noir et blanc au lieu de la couleur (pour coller à l’atmosphère de la Grande Dépression) et qu’il improvisa des scènes érotiques non prévues dans le script, les producteurs le renvoyèrent et le remplacèrent par Norman Jewison, qui recommença le tournage en couleurs (pour mieux voir les couleurs des carte de poker), avec la star suédoise Ann-Margret (future mère de Tommy, l’opéra-rock des Who adapté au cinéma en 1975) à la place de Sharon Tate. Le reste du casting n’est pas en reste, avec Steve McQueen, excellent de tension et de charisme comme d’habitude, Edward G. Robinson, impérial dans un de ses derniers rôles après une longue carrière de gangster (Le Petit César), et Karl Malden, à la gueule typique reconnaissable dans bien des seconds rôles (Un Tramway nommé désir, Sur les quais). Le Kid de Cincinnati est un des grands films sur le poker (ici joué en Stud à cinq cartes, plus tard appelé « Cincinnati Kid » !), bien qu’on lui trouve quelques similitudes avec le fameux L’Arnaqueur (1961), brillant film sur le billard de Robert Rossen avec Paul Newman. En tout cas, la partie finale est d’une grande intensité, la confrontation McQueen/Robinson étant à la hauteur des attentes accumulées tout le long du film. Enfin, tourné à la Nouvelle-Orléans, Le Kid de Cincinnati a une touche de mélancolie apportée par la musique blues de la ville – le chanteur de jazz Cab Calloway joued’ailleurs un des joueurs de poker, et Ray Charles chante le thème du film.

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– 21h : Maverick (Richard Donner – 1994 – 127 minutes)

avec Mel Gibson, Jodie Foster, James Garner, Graham Green, James Coburn, Alfred Molina

Le joueur professionnel Bret Maverick tente de trouver les 3.000 dollars qui lui manquent pour s’inscrire à un tournoi de poker où il pourrait gagner 500.000 dollars.

Maverick était une série télévisée de 124 épisodes, diffusée entre 1957 et 1962, sur une famille de joueurs de poker à travers le Far West, avec James Garner, Jack Kelly et Roger Moore. Un remake en est tiré en 1994 par Richard Donner, réalisateur à succès de La Malédiction (1976), du tout premier film de Superman (1978) au succès colossal, des Goonies (1985) et de la saga L’Arme fatale avec Mel Gibson et Danny Glover. Autant dire qu’il s’y connait en film hollywoodien ! Il reprend James Garner pour un rôle de shérif d’âge mur, et y ajoute sa star Mel Gibson pour jouer Bret Maverick (personnage qu’incarnait James Garner dans la série originale). A noter que Danny Glover fait un petit cameo sous la forme d’un voleur de banque, que Gibson semble reconnaître dans le film, et lance même sa fameuse réplique de L’Arme fatale « je suis trop vieux pour ce genre de conneries » avec le thème musical de la saga ! Jodie Foster joue une tricheuse et voleuse, tandis que James Coburn (Les Sept mercenaires, La Grande Evasion, Il était une fois la révolution) est l’organisateur du tournoi de poker. A ce casting léché s’ajoute nombre d’acteurs de western ou chanteurs de country dans des petits rôles ou en figuration. Le ton de Maverick est clairement porté sur l’humour et le grand spectacle, mais avec un dosage bien équilibré dû au professionnalisme de Richard Donner, qui ne tire jamais le film vers la bouffonnerie ou l’action musclée et balourde. Il faut dire que le scénario est signé par William Goldman (Butch Cassidy et le Kid, 1969), ce qui permet au film de rester stimulant et rythmé, sans se prendre au sérieux. Le succès est plus qu’au rendez-vous, puisque pour un budget de 75 millions de dollars, il récolte 183 millions de recettes.