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11 septembre : Ciné-club Triangle amoureux par François Truffaut : Jules et Jim (1962) – Le Dernier Métro (1980)

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– 19h : Jules et Jim (François Truffaut – 1962 – 105 minutes)

avec Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre, Marie Dubois, Boris Bassiak, Danielle Bassiak, Sabine Haudepin, Michel Subor

Au début du siècle, une femme libre fait tourner la tête et le cœur de deux amis inséparables.

François Truffaut découvre le livre d’Henri-Pierre Roché en 1955 et en tombe sous le charme – il en fait même l’éloge dans un de ses articles. Il entame une correspondance amicale avec l’auteur, mais ce dernier meurt avant que Truffaut ne commence son adaptation, en 1962, pour son troisième film. Relativement littéraire par ses dialogues et sa voix off, Jules et Jim est un tourbillon de vie et d’amour autour d’une femme libre, décidée à réinventer l’amour, alternant entre deux amis inséparables, un français et un allemand. Jeanne Moreau domine ce film insolent et virevoltant, d’une grande modernité de ton pour la France des années 60 qui entamait sa révolution sexuelle, en cela typiquement Nouvelle Vague. Hymne à l’amour et à la vie, passant de la légèreté comique à la gravité dramatique, le film a reçu une pluie de récompenses critiques internationales, et reste iconique du réalisateur et de l’époque. Truffaut retrouvera Oskar Werner pour Farenheit 451 (1966) et Jeanne Moreau pour La Mariée était en noir (1967), tandis qu’il adaptera un autre roman d’Henri-Pierre Roché en 1971, Les Deux Anglaises et le continent.

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– 21h : Le Dernier Métro (François Truffaut – 1980 – 137 minutes)

avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Jean Poiret, André Ferréol, Paulette Dubost, Jean-Louis Richard, Sabine Haudepin, Maurice Risch, Heinz Bennent

Pendant l’Occupation à Paris, une femme reprend la direction du théâtre Montmartre que son mari, juif, a dû abandonner. Une pièce de son mari est cependant mise en scène, mais l’acteur principal est amoureux d’elle.

L’Occupation a engendré bien des classiques du cinéma français, tantôt comique avec La Grande Vadrouille, tendre avec Jeux Interdits, trouble avec Le Corbeau ou glacial avec L’Armée des ombres. François Truffaut souhaitait depuis longtemps revenir sur cette sombre période de l’Histoire française, notamment la vie à Paris bouleversée par la présence des Nazis, les lois contre les Juifs, la création artistique sous la censure. Par ailleurs, comme dans La Nuit Américaine, Le Dernier Métro utilise la mise en abyme, cette fois-ci une pièce de théâtre au centre du film, de sorte que la fiction et le réel, l’art et la vie se rejoignent au-delà des contingences et aléas, les rôles ne se terminent pas à la sortie de scène. Autour d’un scénario remarquable et minutieux, Catherine Deneuve et Gérard Depardieu sont prodigieux. Ironiquement, sa perfection classique range le film dans le registre de la Qualité Française, genre cinématographique d’après-guerre caractérisé par le scénario et le tournage en studio, si durement (et injustement) attaqué par Truffaut en personne quand il était critique, que la Nouvelle Vague a entrepris de remplacer. Le Dernier Métro est le dernier triomphe de Truffaut, couronné de dix Césars, dont ceux de meilleurs film, réalisateur, acteur, actrice et scénario, un record seulement égalé par Cyrano de Bergerac. Le réalisateur ne tournera plus que deux films supplémentaires, dont La Femme d’à côté (1981) avec Gérard Depardieu.

15 mai : Ciné-club France sous l’Occupation par René Clément : La Bataille du rail (1946) – Jeux interdits (1952)

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– 19h : La Bataille du rail (René Clément – 1946 – 82 minutes)

avec Marcel Barnault, Jean Daurand, Jean Clarieux, Jacques Desagneaux, Tony Laurent, Leon Pauleon, Robert Leray, Pierre Lozach, François Joux

Pendant l’Occupation, des cheminots s’engagent dans la Résistance et tente de saboter les convois nazis.

Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement Résistance-Fer commande un film à la gloire des cheminots. Il choisit René Clément pour le réaliser, dont il s’agit du premier long-métrage, après une dizaine de courts-métrages. Entre documentaire et fiction idéaliste, La Bataille du rail montre sobrement mais de manière (néo-)réaliste des anonymes de la SNCF faire tout leur possible, jusqu’au sacrifice, pour résister, sauver des innocents, relayer des informations, saboter les trains affrétés par l’occupant nazi et soutenir les maquisards au moment du débarquement de 1944. Par soucis de vérité, la plupart des acteurs sont d’authentiques cheminots, tandis que des vraies balles sont utilisées sur le tournage, puisqu’il était plus facile de s’en procurer à l’époque que des balles en blanc ! C’est aussi un véritable train que l’on fait dérailler dans une vallée, spectaculairement filmé par trois caméras. Ses allures de film d’action le font rivaliser avec les films américains de l’époque. La Bataille du rail a remporté un grand succès populaire, ainsi le Grand Prix et le Prix du Jury du (premier) Festival de Cannes, mais n’a pas pu rester pas longtemps à l’affiche, ses scènes de préparation de sabotages risquant de donner de mauvais conseils aux indépendantistes en pleine guerre d’Indochine. Le film est aujourd’hui controversé historiquement, puisque le rôle de la SNCF sous le régime Vichy est apparu bien plus trouble, ou du moins pas aussi majoritairement engagé que ne veut le montrer le film – à l’image de la proportion de résistants parmi les Français pendant la Guerre. Il n’empêche, cela ne remet pas en cause les cheminots morts pendant la Guerre et leurs actions authentiques, et d’un point de vue cinématographique, le film conserve toutes ses qualités, son efficacité et son lyrisme.

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– 21h : Jeux interdits (René Clément – 1952 – 86 minutes)

avec Georges Poujouly, Brigitte Fossey, Amédée, Madeleine Barbulée, Laurence Badie, Suzanne Courtal, Lucien Hubert

En 1940, une jeune fille, dont les parents viennent d’être tués, est recueillie par une famille de campagnard. Avec le plus jeune garçon, ils vont se créer un univers à eux pour échapper à celui des adultes et de la guerre.

Adaptant un roman de François Boyer, Jeux interdits devaient être initialement un film à sketchs sur les enfants et la guerre, René Clément n’en réalisant qu’un segment. Mais la qualité du segment tourné transforma le projet en un long-métrage. Alors que les adultes se déchirent, tant sur le champ de bataille que dans les campagnes à l’abri, les enfants vont tenter de préserver leur innocence en se recréant un monde symbolique, tendre, animalier et morbide. La star du film est Brigitte Fossey, jeune actrice de seulement cinq ans qui livre une performance dramatique exceptionnelle, toute d’aisance et de spontanéité, ce qui lui vaudra un prix d’interprétation au Festival de Venise, et même de rencontrer la reine d’Angleterre ! Ce sont d’ailleurs ses véritables parents qui jouent ses parents dans le film pour la mettre en confiance. Ce rôle déterminant lança une longue carrière à l’écran – son partenaire Georges Poujouly, autre excellent enfant acteur, n’eut malheureusement pas le même succès. Le thème du film, joué par Narciso Yepes, est devenu un grand classique de la musique de film, travaillé par la plupart des débutants à la guitare. Refusé par le Festival de Cannes à cause de son sujet trop dur, Jeux interdits est un des plus films les plus primés de l’histoire du cinéma français, avec le Lion d’or de Venise et l’Oscar du meilleur film étranger (le deuxième de René Clément, record de l’époque pour un cinéaste européen) parmi d’autres distinctions internationales. Aussi poétique que cruel, il reste plusieurs décennies après sa sortie toujours aussi bouleversant et émouvant.