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29 novembre : Ciné-club Las Vegas : Coup de cœur (1982) – Casino (1995)

coup de coeur

– 19h : Coup de cœur (Francis Ford Coppola – 1982 – 98 minutes)

avec Frederic Forrest, Teri Garr, Nastassja Kinski, Raul Julia, Harry Dean Stanton, Tom Waits

Après cinq ans de vie commune à Las Vegas, la routine et la lassitude se sont installées entre Frannie et Hank. Au cours d’une nuit, ils s’en vont chacun de leur côté et faire des rencontres.

Que faire après avoir signé un des plus grands films cultes, Apocalypse Now (1979), Palme d’or du Festival de Cannes ? Coppola s’est posé la question pendant trois ans, avant de finalement se lancer dans un film d’amour et de crise de couple. Mais tout sauf banal : il recréé entièrement en studio de fausses rues et commerces de Las Vegas, brillant de mille néons de pacotille. Les décors sont particulièrement soignées, parfois théâtraux quand le changement d’éclairage dévoile un autre lieu installé sur le même plateau de tournage. Le tout est enfin magnifiquement mis en valeur par des plans séquences virtuoses et des mouvements de caméras impressionnants. Le casting cache des seconds rôles de haut niveau, comme le flamboyant Raul Julia (Présumé innocent, La Famille Adams), l’envoutante Nastassja Kinski (Tess, Paris, Texas) ou l’attachant Harry Dean Stanton (Paris, Texas). Tom Waits signe toute la BO, composée de chansons bluesy dont les paroles décrivent l’état sentimental du couple et des personnages durant leurs errances oniriques, qui prennent parfois des airs de comédie musicale. Film peu connu de son auteur, dans l’ombre de ses chefs d’œuvres, Coup de cœur n’en déborde pas moins d’ambition spectaculaire et d’audace formelle et visuelle, tout en n’oubliant pas l’émotion.

casino

– 21h : Casino (Martin Scorsese – 1995 – 180 minutes)

avec Robert De Niro, Sharon Stone, Joe Pesci, James Woods

Dans les années 70, Ace Rothstein règne sur Las Vegas avec son casino. Mais il doit faire face à une arnaqueuse qui lui tape dans l’œil et à son ami d’enfance, tueur violent et ambitieux.

Après une incursion dans le film d’époque en costumes (Le Temps de l’innocence), Scorsese revient à ses premières amours : non seulement la mafia (Les Affranchis) avec une histoire vraie dans la ville du jeu, de l’argent et du vice, mais plus globalement l’ascension et la chute, la lutte entre le pêché et la rédemption. Scorsese est en pleine possession de son art et réalise son magnum opus, à base de séquences d’anthologie (ne serait-ce que l’ouverture), d’explosions de violence, d’entremêlements inexorables de destins croisés qui n’échapperont pas aux catastrophes, d’anecdotes croustillantes pour cerner un personnage. Robert De Niro est comme d’habitude est impeccable, Joe Pesci plus terrifiant que jamais, et Sharon Stone (nommée à l’Oscar) tient son meilleur rôle avec Basic Instinct. Comme souvent, la bande-son est rempli de rock et soul des années 60-70, comme les Rolling Stones, Moody Blues, Roxy Music, Otis Redding, Cream et bien d’autres. Les costumes impressionnent avec un million de dollars de budget : soixante-dix pour De Niro, quarante pour Stone. Film majeur du cinéma américain récent, c’est sans doute le dernier chef d’œuvre de Scorsese, et le plus grand.