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3 avril : Ciné-club Bal comique : Le Bal des casse-pieds (1992) – Le Bal des vampires (1967)

LE BAL DES CASSE-PIEDS

– 19h : Le Bal des casse-pieds (Yves Robert – 1992 – 100 minutes)

avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Claude Brasseur, Michel Piccoli, Jean Yanne, Guy Bedos, Véronique Sanson, Valérie Lemercier, Sandrine Carron, Jean-Pierre Bacri, Didier Gustin, Patrick Timsit, Philippe Uchan

Un vétérinaire est harcelé par son entourage de casse-pieds : amis, clients, maîtresses, sœur, voisins de table ou d’avion.

Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand blond avec une chaussure noire) et le scénariste Jean-Loup Dabadie (également parolier de Michel Polnareff ou Julien Clerc) avaient écrit deux chefs d’œuvre de la comédie française : Un Elephant ça trompe énormément (1976), et sa suite Nous irons tous au paradis (1977). Sans faire du Bal des casse-pieds le troisième volet, c’est ce qui s’en rapproche le plus, puisqu’on y retrouve la même équipe : Robert-Dabadie au scénario, Vladimir Cosma à la musique, Jean Rochefort en tête de casting(en vétérinaire, ce qui va bien avec son amour des animaux), tandis que ses trois compères Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos sont présents, mais à des rôles beaucoup plus secondaires. Librement inspiré des Casse-pieds (1948) de Jean Dreville en adaptant le thème inépuisable des raseurs en tout genre aux situations comiques de l’époque moderne, c’est presque un film à sketches où un impressionnant défilée de stars du cinéma français vient faire son numéro : Jean Carmet, Jacques Villeret, Michel Piccoli, Jean Yanne, Valérie Lemercier, Jean-Pierre Bacri, Patrick Timsit, etc. S’il apparaît donc plus décousu par sa structure, il n’en sera pas moins un grand succès commercial.

 LE BAL DES VAMPIRES

– 21h : Le Bal des vampires (Roman Polanski – 1967 – 107 minutes)

avec Jack MacGowran, Roman Polanski, Sharon Tate, Alfie Bass, Ferdy Mayne, Terry Downes

Un professeur et son jeune assistant se rendent en Transylvanie pour chasser des vampires. Quand la fille d’une auberge est enlevé, ils se rendent dans le château du compte Krolock.

Après de nombreux court-métrages et un premier film en Pologne (Le Couteau dans l’eau), le jeune et brillant Roman Polanski réalise ses films suivants (Répulsion et Cul-de-sac) à Londres. Grâce à leur succès, il obtient un plus grand budget pour son nouveau projet, une parodie de films de vampires. Ils étaient régulièrement à la mode au cinéma, du Dracula avec Bela Lugosi qui lança les Universal Monsters, aux productions Hammer qui donnèrent une esthétique gothique typiquement anglaise, avec Christopher Lee. En plus d’avoir co-écrit le film et de le réaliser, Polanski joue aussi le rôle de l’assistant du professeur Abronsius (Jack MacGowran, rencontré sur le tournage de Cul-de-sac), bien qu’il ne se crédite jamais comme acteur dans ses films. Il tombera sous le charme évident de sa partenaire Sharon Tate, qu’il épousera l’année suivante – et qui sera tragiquement assassinée par la famille Manson en 1969, enceinte de huit mois. Pour l’expliquer, on reprochera bêtement à Polanski d’avoir flirté avec l’occulte et le satanisme dans ce film et le suivant, Rosemary’s Baby. Pourtant Le Bal des vampires ne se prend pas du tout au sérieux, détournant les codes du genre avec de nombreux gags. Malgré un premier montage américain catastrophique (énormes coupures rendant l’histoire incompréhensible, ajout d’une introduction en  dessin animé expliquant le mythe du vampire !), il est devenu un film culte avec son esthétique à tomber par terre (les décors, costumes et accessoires sont d’une méticulosité irrésistible), peut-être le plus beau film de vampires. Il a été adapté en comédie musicale à vienne en 1997, et encore récemment à Paris par Polanski en 2014.

1er mars 2015 : Ciné-club Hard rock

SPINAL TAP

– 19h : This is Spın̈al Tap (Rob Reiner – 1984 – 83 minutes)

avec Michael McKean, Christopher Guest, Harry Shearer, Rob Reiner, June Chadwick, Tony Hendra, Bruno Kirby, Patrick McNee, Billy Cristal, Anjelica Huston

Une équipe de documentaire suit la tentative de comeback du groupe de hard rock Spın̈al Tap.

Le premier film de Rob Reiner (Quand Harry rencontre Sally, Misery, Des Hommes d’honneur) est un mockumentary ou documenteur, autrement dit un faux documentaire. On voit en effet un réalisateur et sa caméra suivre la tournée comeback d’un groupe de hard rock, mais tout est faux, jusqu’au groupe ! Cette parodie des coulisses du (hard) rock des années 70-80 est tout bonnement hilarante et terriblement acérée, s’inspirant d’une infinité de faits divers et d’anecdotes de Led Zeppelin, Black Sabbath, Status Quo, Scorpions et autres Motley Crue, entre scénographies grotesques, décès mystérieux du batteur, manager irresponsable, pochettes d’albums douteuses, paroles de chansons sexistes et débiles, conflits d’ego des leaders, compagne harpie du guitariste qui sème le trouble, virages stylistiques, archives télé sixties et hippies, guitare double manche, le fameux ampli qui monte jusqu’à 11, etc.. Avec leur mélange de prétention, naïveté et stupidité, les membres du groupe donnent une image touchante et tellement juste de la rock star des stades. Une véracité qui poussera carrément ce faux groupe à en devenir un vrai, en sortant des albums et jouant des concerts bien après la sortie du film, entretemps devenu culte auprès de milliers de fans ! On a pu ainsi les voir jouer au Freddie Mercury Tribute ou au Live Earth. Les références culturelles au film sont devenues innombrables (notamment dans les Simpson, où par ailleurs l’acteur jouant le bassiste est aussi un membre de l’équipe de doublage du dessin animé). This is Spın̈al Tap est tout bonnement un des meilleurs films sur le rock, et certainement le plus drôle !

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– 21h : Good to see you again, Alice Cooper (Joe Gannon – 1974 – 100 minutes)

avec Alice Cooper, Michael Bruce, Glen Buxton, Dennis Dunaway, Neal Smith, Fred Smooth

Enregistré en 1973 durant la tournée pour l’album Billion dollars babies qui est un énorme succès commercial, Good to see you again, Alice Cooper donne à voir le fameux spectacle excessif, innovant et choquant pour l’époque du groupe (car Alice Cooper était le nom du groupe, avant que le chanteur ne parte faire carrière en solo en gardant le même nom). Dans une ambiance théâtrale de cabaret décadent et macabre, on découvre la plupart des artifices scéniques qui ont fait la réputation sulfureuse d’Alice Cooper, à base de maquillage, faux mannequins, bébés en jouet, fleurs, sarcophage, dollars lancées dans le public, mise en scène d’arrachage de dent avec fausse dent, brosse à dent et tube de dentifrice géants, un véritable boa dans les mains du chanteur, un faux Richard Nixon sur scène, le clou du spectacle étant la fameuse mise à mort d’Alice Cooper par guillotine et tête coupée exhibée au public ! Autant d’éléments spectaculaires qui ne le rendent pas étranger à la parodie de This is Spın̈al Tap – sauf qu’Alice Cooper a toujours pratiqué l’autodérision par l’outrance volontaire, contrairement à nombre de ses confrères. Le film du concert (car il est bel et bien sorti sur les écrans américains à l’époque) est augmenté de quelques scènes de fictions à vocation humoristique mais dispensables avec un acteur cabotin. Quoi qu’il en soit, Good to see you again, Alice Cooper confirme que les excentricités spectaculaires de Marilyn Manson et autres Lady Gaga n’ont pas grand-chose à envier à celles d’Alice Cooper, qui a ouvert la voie à bien des imitateurs. Enfin, n’oublions pas la performance musicale du groupe, Billion dollars babies étant sans doute leur meilleur album.