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Ciné-club William Holden prisonnier de guerre : Stalag 17 (1952) – Le Pont de la rivière Kwaï (1957)

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– 19h : Stalag 17 (Billy Wilder – 1952 – 121 minutes)

Avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger, Peter Graves, Robert Strauss

Durant la Seconde Guerre mondiale, des prisonniers de guerre américains d’un camp allemand mettent au point un plan d’évasion, sur fond de suspicion d’un indicateur secret qui communiquerait avec les gardes allemands.

Adapté d’une pièce à succès de Broadway écrite par deux anciens prisonniers de guerre, Stalag 17 est un film typique de Billy Wilder, dont c’est déjà le onzième film (mais à peine la moitié de sa filmographie !). Typique car on retrouve ce mélange de drame et d’humour qui lui est si propre, avec des dialogues très piquants et un rythme millimétré, tant dans les séquences légères que plus graves. Seul Billy Wilder pouvait parvenir à faire une comédie dans un camp de prisonnier de guerre ! Comme dans la plupart de ses films, le thème du double est au cœur du film (y compris pour une scène de danse avec un prisonnier travesti, ce qui n’est pas sans rappeler Certains l’aiment chauds !). Il retrouve un de ses acteurs fétiches, William Holden, avec qui il a déjà tourné son grand classique Boulevard du crépuscule (1950), et dont ce rôle d’opportuniste qui sert de bouc-émissaire (nous sommes alors en plein maccarthysme) lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur (ils tourneront encore ensemble Sabrina l’année suivante et Fedora en 1978). Le rôle du chef de camp nazi est tenu par Otto Preminger, le fameux réalisateur autrichien émigré aux Etats-Unis à la filmographie impressionnante (Laura, La Rivière sans retour). Fait rare, le film a été tourné chronologiquement (dans l’ordre du scénario), ce qui est plus coûteux mais dont le but était que les acteurs ne soient pas au courant de l’identité du traitre parmi eux, afin de rendre leur suspicion plus réelle durant le tournage. Stalag 17 est devenu un des nombreux classiques de la filmographie de Billy Wilder (qui en fut nominé à l’Oscar du meilleur réalisateur), et un des meilleurs films de prisonniers de guerre avec La Grande évasion (1963).

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– 21h : Le Pont de la rivière Kwaï (David Lean – 1957 – 161 minutes)

Avec William Holden, Alec Guinness, Jack Hawkins, Sessue Hayakawa, James Donald, Ann Sears, Geoffrey Horne

En 1943, un camp japonais en Birmanie fait travailler des prisonniers de guerre britanniques pour construire un pont au-dessus de la rivière Kwaï, qu’un commando allié souhaite faire exploser.

Le Pont de la rivière Kwaï est un classique d’entre les classiques, souvent rediffusé à la télévision pour de bonnes raisons : cette superproduction spectaculaire n’a rien perdu de sa splendeur et de sa force. Adapté d’un roman du français Pierre Boulle (auteur de La Planète des singes, transposé plus tard au cinéma par Schaffner en 1968), le film porte sur la folie militaire et destructrice, où contre tout manichéisme le code d’honneur absurde et l’instinct de mort dominent dans les deux camps, envahisseurs japonais et prisonniers britanniques, prodigieusement et dramatiquement représentés par Sessue Hayakawa (nominé à l’Oscar du meilleur second rôle) et Alec Guinness (Oscar du meilleur acteur). Tourné à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), le film est rempli de superbes scènes de jungle, ce qui n’est pas une surprise de la part de David Lean, réalisateur esthète qui éblouira les spectateurs du monde entier avec son prochain film, le légendaire Lawrence d’Arabie (1962). Succès total, avec un budget d’un peu de moins de trois millions de dollars Le Pont de la rivière Kwaï en remportera dix fois plus au box-office, et recevra quelques trente-quatre récompenses internationales (BAFTA, Golden Globes, New York Film Critics Awards, etc.), dont sept Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario, acteur, photographie, musique, montage). Quant à William Holden, il s’en tire plutôt bien, puisqu’il avait accepté le rôle sans enthousiasme en échange d’un salaire énorme et surtout de 10 % des bénéfices mondiaux du film !

Ciné-club catastrophes aériennes : Y a-t-il un pilote dans l’avion (1980) – Airport (1970)

Avec les vacances d’été, il s’agit d’être conscient de la tournure que peut prendre votre voyage en avion !

Y A T'IL UN PILOTE DANS L'AVION

– 19h : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker – 1980 – 88 minutes)

avec Robert Hays, Julie Hagerty, Lieslie Nielsen, Robert Stack, Lloyd Bridges, Peter Graves

L’équipage d’un avion est victime du poisson avarié des plateaux repas, et a donc besoin d’un pilote qui puisse reprendre les commandes.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? est une des plus fameuses parodies du cinéma ! Difficile de trouver quelqu’un qui ne l’aurait pas vu, mais le fait qu’il soit régulièrement classé parmi les films les plus drôles de tous les temps prouve qu’il y a toujours du plaisir à le revoir, à se souvenir de gags oubliés ou en découvrir un qu’on n’avait jamais relevé. Ecrit et réalisé par le trio ZAZ (Zucker, Abrahams, Zucker), le film regorge de références cinématographiques, en premier lieu la série des films Airport (dans le second, une petite fille voyage pour subir une greffe), mais pas seulement. L’une des inspirations principales est le film A l’heure zéro (1957), lui-même remake d’un téléfilm canadien où l’équipage d’un avion est victime d’une intoxication alimentaire, et le héros pilote est un ancien combattant traumatisé. ZAZ a d’ailleurs racheté les droits du film pour qu’on ne les accuse pas de l’avoir plagié en le parodiant, parfois en reprenant des dialogues du film dans un contexte délirant ! Entre autres films détournés on trouve aussi Les Dents de la mer (l’aileron dans les nuages), La Fièvre du samedi soir (la séquence de danse disco) Tant qu’il y aura des hommes (le baiser sur la plage), et bien d’autres. Le succès fut énorme, qui donna lieu en 1982 à une suite dans l’espace nettement moins bonne, puisque, même avec une partie du casting original, ZAZ n’a pas participé à l’écriture ou à la réalisation. Les ZAZ continueront de leur côté les parodies burlesques avec Leslie Nielsen dans la série Police Squad et surtout la trilogie des Naked Gun (Y a-t-il un flic pour sauver la reine/le président/Hollywood ?), tandis que Jim Abrahams réalisera les deux Hot Shots (avec Charlie Sheen et Lloyd Bridges) et Le Prince de Sicile (avec Lloyd Bridges), et David Zucker Scary Movie 3 et 4 (avec Charlie Sheen et Lieslie Nielsen).

AIRPORT

– 21h : Airport (George Seaton – 1970 – 136 minutes)

avec Burt Lancaster, Dean Martin, Jean Seberg, Jacqueline Bisset, George Kennedy, Helen Hayes, Van Heflin, Maureen Stapleton

Les péripéties d’un aéroport international de Chicago et de son personnel, entre tempête de neige bloquant un avion sur une piste, passager clandestin et menace de bombe en plein vol.

Adapté d’un best-seller, Airport est le premier film catastrophe moderne, qui lance les codes inédits de ce qui deviendra une mode dans les années suivantes : gros budget, catastrophes naturelles ou technologiques vraisemblables, casting de stars, enjeux humains dramatiques et tension permanente. Pour un budget de 6 millions de dollars il en rapporte plus de 100 millions, faisant de lui un des films les plus rentables du cinéma américain. Dans son sillon seront logiquement tournés d’autres films catastrophes spectaculaires : L’Aventure du Poséidon (1972, avec Gene Hackman), Tremblement de terre (1974, avec Charlton Heston), La Tour infernale (1974, avec Paul Newman et Steve McQueen). De la part de ce qu’on appelle un blockbuster, Airport reste finalement loin des surenchères actuelles en effets spéciaux, explosions et psycho-drames futiles. Il s’avère relativement sobre et très bien écrit, dans une veine réaliste et quasi-documentaire durant une longue exposition avant les événements dramatiques, décrivant le fonctionnement de l’aéroport et du complexe management qu’il requiert, avec les implications sur la vie privée du personnel, ponctuée de touche de comédie. Un casting de luxe a été constitué, ce qui rend chaque scène délectable rien qu’avec les pointures qui y jouent. Le succès n’est pas que commercial, il est aussi critique : Helen Hayes remportera l’Oscar du meilleur second rôle, tandis que le film sera nominé à neuf autres : meilleurs film, scénario, second rôle pour Maureen Stapleton musique, décors, costumes, photographie, montage, mixage. Airport aura donc droit à trois suites, avec George Kennedy comme seul acteur récurrent (dont Airport 80 Concorde avec Alain Delon en pilote !), et sera parodié dans Y a-t-il un pilote dans l’avion !