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24 janvier : Ciné-club Géant (1956)

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– 19h : Géant (George Stevens – 1956 – 201 minutes)

avec Elizabeth Taylor, Rock Hudson, James Dean, Carroll Baker, Mercedes McCambridge, Chill Wills, Dennis Hopper

Leslie et Bick Benedict dirigent un des plus grands ranchs du Texas. Mais un de ses employés hérite d’une petite parcelle et y trouve du pétrole.

Adapté d’un roman d’Edna Ferber, Géant se propose rien de moins que de concurrencer Autant en emporte le vent, un des plus grands succès de l’histoire du cinéma, et sa grande fresque familiale sudiste sur plusieurs décennies de grandeur et décadence. Comme requis, le budget, les décors, les paysages, le tournage et la durée du film sont hors-normes, tout comme le casting : Elizabeth Taylor (au sommet de sa beauté, en passe de devenir une légende du cinéma), Rock Hudson (alors victime d’un maître chanteur menaçant de dévoiler son homosexualité), James Dean (star de A l’Est d’Eden et La Fureur de vivre) et même le jeune Dennis Hopper (Easy Rider, Apocalypse Now). La saga romanesque (matrice de la série télévisée Dallas !) déborde de thèmes abordés : la fierté et la culture de l’Etat du Texas, le capitalisme en train de passer de l’exploitation du bétail à celui du pétrole, l’émancipation féminine au sein d’une société machiste, le racisme envers les mexicains discriminés et exploités, le poids de la famille pesant sur les nouvelles générations souhaitant s’en libérer, la vaine recherche du bonheur dans la réussite professionnelle et l’argent. Géant a longtemps été un des plus grands succès commerciaux du studio Warner, remporta l’Oscar du meilleur réalisateur pour George Stevens (Une place au soleil, L’Homme des vallées perdues, La plus Grande Histoire jamais contée) et fut nommé à huit autres : meilleurs film, acteur (James Dean, Rock Hudson et Mercedes McCambridge), scénario, direction artistique, costumes, musique et montage. Mais ce qui a rendu le film mythique est le décès de James dans un accident de voiture quelques jours après la fin du tournage. L’écorché vif de l’Actors Studio terminait seulement son troisième film.

3 mai : Ciné-club course-poursuite infernale

POINT LIMITE ZERO

– 19h : Point Limite Zéro (Richard C. Sarafian – 1971 – 98 minutes)

avec Barry Nawman, Dean Jagger, Cleavon Little, Paul Koslo, Robert Donner, Val Avery

Un champion de stock-car fait le pari de rejoindre en voiture Denver à San Francisco en moins de quinze heures. La police, affolée par sa vitesse et sa conduite, le poursuit.

Tourné en vingt-huit jours avec une équipe de dix-neuf personnes, Point Limite Zéro est l’un des plus infernaux films de course-poursuite. Cousin d’Easy Rider en voiture, le film ne partage pas que la route comme thème principal, mais aussi la contre-culture, le goût de la liberté et la contestation sociale à une époque où les Etats-Unis basculent dans le doute politique et la crise sociétale, ce que le cinéma américain s’est appliqué à refléter. Ecrit par l’ancien ministre de l’information de Fidel Castro (!), le scénario à l’allure mince parvient tout de même à traiter une galerie de portraits américains, de la police brutale aux hippies (dont une fameuse femme nue sur une moto) en passant par un extatique DJ noir et aveugle, Super Soul, qui guide par son émission radio le conducteur sous speed de la Dodge Challenger blanche – dont huit seront détruites durant le tournage ! Doté d’une bande-son furieusement rock et funk (Doug Dillard, Delaney & Bonnie, Mountain, parmi d’autres inconnus) et de scènes de conduite démentielles, Point Limite Zéro nous montre le dernier rebelle américain qui tente d’échapper au conformisme et au pouvoir. Acclamé par la critique, le road-movie existentiel est devenu culte et une influence revendiquée majeure, de Mad Max à Boulevard de la mort. Un remake pour la télévision en a d’ailleurs été tirée en 1997 avec Viggo Mortensen. Du côté des références musicales, l’album Vanishing Point (le titre du film en V.O.) du groupe Primal Scream a été conçu comme une bande-son alternative au film, tandis qu’un discours du DJ Super Soul est cité dans la chanson Breakdown de l’album Use Your Illusions II des Guns N’ Roses.

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– 21h : Mad Max (George Miller – 1979 – 93 minutes)

avec Mel Gibson, Steve Bisley, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne, Tim Burns

Dans un futur proche en crise énergétique, un gang de motards terrorise les routes. Mais l’officier Mad Max se met en travers de leur chemin.

Le réalisateur a eu l’idée de son film quand il travaillait comme médecin aux urgences en voyant les accidentés de la route. Avec un budget d’à peine 350 000 dollars, Mad Max a longtemps le film le plus rentable du cinéma (100 millions de dollars), détrôné seulement en 1999 par Le Projet Blair Witch. Le long-métrage australien révéla d’ailleurs une des plus grosses stars d’Hollywood : le jeune Mel Gibson qui débutait dans le cinéma (son deuxième rôle). Mad Max est un western post-apocalyptique, d’amour et de vengeance, sur fond de crise énergétique (inspirée par les chocs pétroliers de 1973), de société en ruines, de déliquescence de l’autorité et de vandalisme sur les routes. Malgré son budget léger, il parvient très bien à immerger dans un monde en pénurie de pétrole, avec des motos et voitures customisées, dont la fameuse Ford Falcon de Max. Son monde visionnaire a eu une influence immense sur la science-fiction et les représentations du futur, jusqu’au manga Hokuto no Ken (Ken le survivant), très marqué par ses décors, son ambiance et ses costumes (ainsi que ceux de Mad Max II). Malgré son prix spécial du jury du Festival d’Avoriaz, la violence du film (pourtant rarement apparente, grâce à un montage intelligent) l’a fait classer X à sa sortie en France avec des scènes coupées, censure levée seulement en 1983. Quoi qu’il en soit, le phénomène de société que fut Mad Max lui donna deux suites en 1981 et 1985 (avec beaucoup lus de budget évidemment), et encore une autre tout récemment avec Mad Max : Fury Road en 2015.