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7 juin : Ciné-club Clint Eastwood / Don Siegel

L'INSPECTEUR HARRY

– 19h : L’Inspecteur Harry (Don Siegel – 1971 – 102 minutes)

avec Clint Eastwood, Harry Guardino, Reni Santoni, Andy Robinson, John Larch, John Vernon

A San Francisco, l’inspecteur Harry Callahan doit retrouver un tireur et kidnappeur psychopathe en usant de ses méthodes expéditives aux frontières de la loi.

Après avoir joué les cowboys solitaires dans les années 60, Clint Eastwood entame les années 70 avec son rôle le plus connu, en tant que justicier absolu dans la ville moderne, n’hésitant pas à enfreindre la loi pour imposer sa conception de la justice ou à abattre un malfrat. Inspiré de l’histoire non élucidée du tireur de San Francisco, L’Inspecteur Harry fut très polémique à sa sortie, beaucoup y voyant une morale réactionnaire et machiste, prônant la justice personnelle et l’auto-défense, là où d’autres le considéraient comme le héros dont l’Amérique avait besoin à une époque de doute socio-culturel, arguant que le coupable avait fini par avoir plus de droit que la victime. En tout cas le film a été un énorme succès, créant un nouveau standard de film d’action, western urbain contemporain où San Francisco devient un personnage à part entière. Plusieurs scènes et répliques sont devenues cultes. L’excellente musique jazz-funk de Lalo Schifrin (Bullit, Opération Dragon, Mission Impossible, Starsky et Hutch) contribue énormément à la dynamique et à la tension du film. L’Inspecteur Harry connut pas moins de quatre suites, atténuant progressivement son personnage. Clint Eastwood en réalisa une (Le Retour de l’inspecteur Harry), et finit même par parodier son personnage dans un autre de ses films, La Relève (1990).

 SIERRA TORRIDE

– 21h : Sierra Torride (Don Siegel – 1970 – 114 minutes)

avec Clint Eastwood, Shirley MacLaine, Manolo Fabregas, Alberto Morin, Armando Silvestre

Au XIXème siècle au Mexique, un cowboy mercenaire sauve une nonne des griffes de bandits, et ils vont aider les révolutionnaires à attaquer un fort détenu par l’armée française.

Don Siegel (L’Invasion des profanateurs de sépultures) est l’un des deux mentors de Clint Eastwood, avec Sergio Leone. Après avoir été révélé par le réalisateur italien dans les westerns de la trilogie du dollar, c’est avec Siegel qu’il apprendra le mieux le métier et éprouvera l’envie de devenir réalisateur. Ils ont tourné ensemble cinq films, dont trois westerns. D’ailleurs, dans le premier western qu’il réalise, L’Homme des hautes plaines, Eastwood place deux pierres tombales portant les noms de Sergio Leone et Don Siegel, comme pour mieux enterrer symboliquement ses pères. Enfin son grand classique Impitoyable lui est dédié personnellement. Dans Sierra Torride, Eastwood donne la réplique à Shirley MacLaine, grande sœur de Warren Beatty, star (elle est créditée avant Eastwood) des comédies romantiques de Billy Wilder (La Garconnière, Irma la douce). Son rôle de nonne en plein de western ne manque pas de piquant, et donnera lieu à bien des situations cocasses entre elle et Clint Easwood, qui quant à lui habite sans difficulté son personnage habituel de cowboy cynique. Autre réminiscence leonienne, Ennio Morricone signe la musique de bon petit western picaresque tourné au Mexique.

Ciné-club Action 80’s avec Brigitte Nielsen : Kalidor (1985) – Cobra (1986)

MovieCovers-219451-219452-KALIDOR LA LEGENDE DU TALISMAN

– 19h : Kalidor, la légende du talisman (Richard Fleischer – 1985 – 89 minutes)

avec Brigitte Nielsen, Arnold Schwarzenegger, Sandahl Bergman, Paul Smith, Ronald Lacey, Pat Roach, Janet Agren

Sonja cherche à se venger de la reine Gedren qui a tué ses parents et qui essaie de s’emparer d’un talisman aux pouvoirs immenses.

Conan le Barbare est une série de nouvelles et de romans écrits par Robert E. Howard en 1932 devenue un classique de l’heroic fantasy (qu’il contribua à populariser), adaptée en comics (chez Marvel), puis en film en 1982 (par John Milius, qui révéla Arnold Schwarzenegger). Suite au succès en salle, le prestigieux Richard Fleischer (Les Inconnus dans la ville, Les Vikings, L’Etrangleur de Boston, Soleil vert) en réalisa la suite, Conan le Destructeur (1984). Le producteur de la série au cinéma, Dino De Laurentiis (La Strada, Barbarella, Flash Gordon) décide d’adapter une autre héroïne de l’univers d’Howard, Red Sonja, avec la sculpturale mannequin danoise d’1m84 Brigitte Nielsen, pour son premier rôle au cinéma. Pour des raisons de droits, le personnage de Conan ne put être réutilisé (alors qu’il croise souvent Red Sonja dans les romans et comics), mais Arnold Schwarzenegger (sous contrat avec De Laurentiis) tient le même rôle de barbare musclé (Kalidor), ce qui donnera lieu abusivement lieu à une mise en avant de son personnage sur l’affiche et dans la promotion de film (alors que ce n’est pas le héros), la France allant même jusqu’à traduire le titre original (Red Sonja) en Kalidor ! Tourné en Italie, le film a deux italiens prestigieux dans sa production : Ennio Morricone à la bande son (compositeur culte des westerns de Sergio Leone, parmi cinq cent autres films) et Danilo Donati aux décors (décorateur de Fellini ou Pasolini). Au final, Kalidor est une bonne petite série B d’heroic fantasy à la limite du kitsch avec une touche d’humour, dans l’esprit des productions de De Laurentiis qui sait toujours très bien s’entourer.

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– 21h : Cobra (George P. Cosmatos – 1986 – 87 minutes)

avec Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Reni Santoni, Brian Thompson, Andrew Robinson, Art LaFleur, Lee Garlington, Val Avery

Le lieutenant Marion Cobretti, surnommé Cobra, enquête sur un tueur en série qui agit pour une mystérieuse organisation qui prône un « nouvel ordre ».

Après l’immense succès commercial de Rambo II : la mission (1985), George P. Cosmatos et Sylvester Stallone (Rocky) se retrouvent pour un nouveau film d’action musclé et pyrotechnique. Stallone ne fait pas qu’incarner un flic à Ray-Ban aux méthodes expéditives et explosives, il en est aussi le scénariste ! Il s’offre aussi le luxe de tourner avec sa récente femme, Brigitte Nielsen, qui avait déjà joué avec lui dans Rocky IV (1985). Se sentant décidément chez lui sur le tournage, il n’hésite pas non plus à conduire sa propre Mercedes Mercury personnelle pour le film ! Il faut noter que par peur du raz de marée commercial de Top Gun, Cobra subit au dernier moment une coupe de près de quarante minutes (évidemment les scènes sans Stallone !) afin d’augmenter le nombre de projections par jour dans les salles – ce qui fait disparaître évidemment des pans entiers du scénario. Une coupe finalement peu justifiée car même si son score au box-office est plus modeste que Rocky IV ou Rambo II (300 millions de dollars chacun), Cobra récolte tout de même 60 millions de dollars (sur un budget de 25 millions). Cobra a été nominé à six Razzie Awards (l’opposé des Oscars qui récompensent le pire !), dont pires acteurs pour Stallone, Nielsen et Brian Thompson, pire photographie et bien sûr pire scénario pour Stallone ! Néanmoins le pire devient souvent le meilleur au second degré, ce qui fait de Cobra un nanar bourrin typiquement eighties tout à fait jouissif et devenu culte !