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4 septembre : Ciné-club Dystopie au Royaum-Uni : Les Fils de l’homme (2006) – 1984 (1984)

LES FILS DE L'HOMME

– 19h : Les Fils de l’homme (Alfonso Cuarón – 2006 – 110 minutes)

avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Claire-Hope Ashitey, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam

En 2027, cela fait dix-huit ans que l’humanité n’a pas vu de naissances. Sans avenir, la société s’effondre progressivement.

La dystopie est le contraire de l’utopie, c’est-à-dire une fiction où la société tourne mal, ayant pour but de mettre en garde le public contre les dérives de son époque réelle. Alfonso Cuarón (Y tu mamá también, Gravity) adapte un roman de P.D. James où les femmes sont devenues stériles. Sans avenir ni espoir, la société sombre alors dans les guerres, le terrorisme et les pandémies, résistant au prix d’une dictature policière, interdisant toute immigration. C’est pourtant d’une réfugiée que viendra peut-être le dernier espoir de l’humanité – un sujet qui ne nous est pas étranger… Les Fils de l’homme fait évoluer son casting de luxe (Clive Owen, Juliette Moore, Michael Caine) dans un thriller tendu et désespéré où tout s’effondre, une chasse à l’homme aux symboliques religieuses, à travers  des décors exemplaires et de multiples plans-séquences virtuoses. Le film reçoit un excellent accueil critique et de nombreuses récompenses internationales, notamment pour sa technique (photographie, direction artistique) aux BAFTA et à Venise, et trois nominations aux Oscars (dont scénario).

1984

– 21h : 1984 (Michael Radford – 1984 – 113 minutes)

avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher

En 1984, dans un régime totalitaire contrôlé par Big Brother, l’employé Winston Smith va enfreindre deux interdits : penser par lui-même et tomber amoureux.

Le roman visionnaire de George Orwell 1984 est l’un des grands classiques du XXème siècle depuis sa parution en 1949. Son concept de Big Brother, leader suprême et mystérieux du Parti et de l’Etat dont l’image est présente sur chaque télécran qui espionne toute la population jusque chez elle, est même passé dans le langage courant, et souvent brandi dans les affaires de surveillance. Si le livre a connu deux adaptations pour la télévision et une au cinéma dans les années 50-60, Michael Radford (Le Facteur, Le Marchand de Venise) entreprend d’en réaliser fidèlement un nouveau film à la date hautement symbolique éponyme, en tournant aux dates et endroits (Londres et ses environs) exacts décrits dans le livre. La direction artistique, la photographie et les décors sont glaçants de délabrement, désolation et misère, tant matérielle que psychologique. John Hurt (Elephant Man, Midnight Express) livre une interprétation décharnée et angoissée, saluée par plusieurs récompenses internationales, tandis que l’immense Robert Burton (Cléopâtre, Qui a peur de Virginia Woolf ?), pour son dernier rôle, tire sa révérence avec une prestation d’apparatchik superbe de noirceur et de cruauté, décédant peu après le tournage. L’actualité de l’œuvre à l’heure du scandale de la NSA révélé par Edward Snowden est encore totale – manifestement pour longtemps – et son impact dans la culture populaire est immense, ayant inspiré bien des films (THX 1138, Brazil, V pour Vendetta avec ironiquement John Hurt en dictateur), groupes (le concept album Diamond Dogs de David Bowie, Radiohead, Rage Against the Machine, Muse) ou jeux vidéo (Half-Life 2, Metal Gear Solid V).

15 novembre : Ciné-club Cléopâtre (1963)

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– 19h : Cléopâtre (Joseph L. Mankiewicz – 1963 – 249 minutes)

avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, Rex Harrison, Martin Laudau, Roddy McDowall

L’histoire de Cléopâtre, reine d’Egypte à la beauté légendaire, et ses relations avec Jules César et Marc-Antoine pour faire alliance avec Rome.

Le film Cléopâtre est une légende à lui tout seul, à l’égal de son sujet. Alors que le président de la 20th Century Fox voulait au départ faire un simple remake à petit budget du film muet Cléopâtre de 1917, en voulant s’inspirer des superproductions à la mode à la Ben-Hur le projet deviendra le film le plus coûteux de l’histoire du cinéma, avec ses 44 millions de dollars (soit en terme relatif 300 millions de dollars actuels).

Deux ans de tournage, des décors coûteux construits en Angleterre abandonnés à cause du climat non raccord avec le cadre égyptien, un premier réalisateur renvoyé (Rouben Mamoulian) et remplacé en cours de route par le maître Joseph L. Mankiewicz (L’Aventure de Mme Muir, Eve, La Comtesse aux pieds nus) qui doit tourner de jour et continuer d’écrire le scénario la nuit, une star mondiale (Elizabeth Taylor) payée un million de dollars (record de l’époque… sans compter les frais de dépassement de calendrier) qui manque de mourir d’une pneumonie et qui ne peut tourner pendant un an, les deux acteurs masculins principaux qui sont remplacés par Rex Harrison et Richard Burton et doivent retourner leurs scènes, une liaison scandaleuse et ultra-médiatisée entre Taylor et Burton (tous deux mariés) condamnée par le Pape en personne. Ainsi que 79 plateaux de tournages, quatre batailles épiques, 26 000 costumes (195 000 dollars rien que pour les 65 costumes de Taylor, dont une robe en or de 24 carats), des kilomètres de figurants, presque une centaine d’heures de scènes tournées. Dépassé par les événements incontrôlables, Mankiewicz reniera le film – il souhaitait en sortir deux films de trois heures, mais le studio fit son propre montage de quatre heures.

Malgré ses quatre Oscars (meilleurs costumes, effets visuels, photographie et direction artistique) sur neuf nominations, le film faillit faire couler la 20th Century Fox, et mit des années à se rembourser. Derrière la fascinante histoire de cette production pharaonique, on en oublierait presque que le film est un sublime spectacle visuel, une tragédie intimiste shakespearienne alternant romance, politique et Histoire.