Archives du mot-clé Robert de Niro

22 octobre 2017 : Ciné-club Le Parrain, 2ème partie (1974)

LE PARRAIN 2

– 19h : Le Parrain, 2ème partie (Francis Ford Coppola – 1974 – 200 minutes)

avec Al Pacino, Robert Duvall, Diane Keaton, Robert De Niro, Talia Shire, Morgana King, John Cazale, Marianna Hill, Lee Strasberg

Michael Corleone dirige les affaires de la famille et poursuit son ascension. Mais il réchappe de peu à un attentat, et en cherche l’auteur.

Le succès colossal du Parrain a poussé les studios Paramount à demander une suite à Coppola. Comme ce dernier n’est pas du tout intéressé, les studios lui font une offre qu’il ne peut pas refuser : un million de dollars de cachet, un pourcentage sur les recettes du film, le contrôle artistique total sur le film, et la production d’un projet qui lui tient à cœur, Conversation secrète (qui obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1974). Avec un budget deux fois et demi supérieur à celui du premier, le tournage dure huit mois et demi, en passant par la République dominicaine pour les scènes se passant à Cuba. Le Parrain, 2ème partie met en parallèle la lutte pour le pouvoir de Michael Corleone qui mènera à la désintégration de ses valeurs et de sa famille, avec de nombreux flashbacks sur la jeunesse et l’ascension de son père Vito, depuis la Sicile jusqu’à New York. La tragédie familiale prend la forme d’une fatalité mythique et implacable traversant les générations, avec son lot de meurtres et de trahisons. Marlon Brando devait d’ailleurs reprendre son rôle, mais le cachet exigé était trop élevé. Robert De Niro, qui avait beaucoup étudié dans sa formation le jeu d’acteur de Brando, fut ainsi engagé, après avoir été remarqué dans Mean Streets de Scorsese (il avait déjà auditionné pour le premier film dans le rôle de Sonny). Même avec une rentabilité de plus de 700%, cette suite ne parvient pas à surpasser le succès du premier opus, mais récolte tout de même six Oscars : meilleurs film, réalisateur, scénario, second rôle (Robert De Niro), musique, direction artistique. Le débat fait encore rage chez les cinéphiles pour savoir quel est le meilleur épisode de la saga – mais ce n’est certainement pas le troisième, tourné par Coppola en 1990.

5 février 2017 : Ciné-club blaxploitation : Shaft, les nuits rouges de Harlem (1971) – Jackie Brown (1997)

SHAFT - LES NUITS ROUGES DE HARLEM

– 19h : Shaft, les nuits rouges de Harlem (Gordon Parks – 1971 – 100 minutes)

avec Richard Roundtree, Moses Gunn, Drew Bundini Brown, Charles Cioffi, Christopher St. John, Gwenn Mitchell, Lawrence Pressman

Un gros trafiquant de drogue fait appel à Shaft, un détective de Harlem aux méthodes musclées, pour retrouver sa fille enlevée, au milieu d’une guerre de gangs.

S’il n’est pas le tout premier film de blaxploitation, Shaft, les nuits rouges de Harlem, en est devenu l’incarnation (avec Sweat Sweatback Baadasssss Song de Melvin Van Peebles la même année). Ce genre cinématographique révolutionnaire consiste en des films réalisés par des afro-américains pour un public afro-américains avec les codes de la culture afro-américaine : des héros charismatiques (et non plus seulement des seconds rôles ou des méchants), Harlem, les fringues et coupes seventies, l’argot, les problèmes socio-politiques (racisme, drogue, prostitution, corruption) et surtout d’excellentes bandes originales composées par les stars de la soul et du funk (James Brown, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Bobby Womack, Roy Ayers, Barry White ou Herbie Hancock). Cela change des films de la culture blanche que les afro-américains étaient obligés de regarder par défaut pendant des décennies sans pouvoir totalement s’y identifier. Shaft, les nuits rouges de Harlem, est ainsi un polar musclé magnifié par son mythique thème musical à la guitare wah-wah signé Isaac Hayes (qui avait auditionné pour le rôle principal), ce qui lui vaudra l’Oscar de la meilleure chanson et une nomination à celui de la meilleure bande originale. L’énorme succès du film engendra deux suites, Les Nouveaux Exploits de Shaft (1972), et Shaft contre les trafiquants d’hommes (1973), une série télévisée (1973-1974) ainsi qu’un remake avec Samuel L. Jackson (2000), et surtout des dizaines de séries B d’exploitation durant la décennie, comme Superfly, Coffy, Foxy Brown, Black Caesar ou Blacula, malheureusement d’un niveau souvent inégal, aux stéréotypes répétitifs et à l’ambition commerciale. A noter que Tarantino a révélé que son héros de Django Unchained est l’arrière-arrière-arrière-arrières grand parents de John Shaft !

Jackie_Brown

– 21h : Jackie Brown (Quentin Tarantino – 1997 – 148 minutes)

avec Pam Grier, Samuel L. Jackson, Robert Forster, Bridget Fonda, Michael Keaton, Robert De Niro, Michael Bowen, Chris Tucker

Une hôtesse de l’air ramenant régulièrement de l’étranger de l’argent à un trafiquant d’armes est coincée par la police. Faisant semblant de collaborer, elle va tenter de piéger tout le monde et de partir avec cinq cent mille dollars.

Auréolé du succès planétaire de Pulp Fiction (1994), Quentin Tarantino prend son temps pour son prochain film. Comme à son habitude, il revisite le cinéma d’exploitation qu’il vénère et refait tourner ses gloires personnelles : Jackie Brown est ainsi un hommage à la blaxploitation, repêchant une ancienne actrice culte du genre dans les années 70, Pam Grier (Coffy la panthère noire de Harlem, Foxy Brown, Black Mama White Mama, Scream Blacula Scram), qu’il nommait déjà dans un dialogue cinéphilique de Reservoir Dogs ! La bande-son est bien évidemment soignée, avec de chaleureux morceaux funk-soul de Bobby Womack, Delfonics, Minnie Riperton, Meters, Supremes ou Roy Ayers. Cependant, même si pour la première fois Tarantino n’a pas écrit le scénario mais adapté librement le roman Punch Créole d’Elmore Leonard, le film reste personnel et ne se limite pas aux codes du genre, ni même à son propre style puisque le tempo est plus lent, la violence peu présente et ses personnages plus sérieux. Mais ses caractéristiques dialogues digressifs et interminables sont toujours là, ainsi que l’humour. Le casting est soigné, retrouvant Samuel L. Jackson, avec un Robert De Niro amorphe à total contre-emploi ou le vétéran Robert Forster (Reflets dans un œil d’or), touchant prêteur sur gages usé par la vie aidant l’héroïne, ce qui lui vaudra une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle. Sans atteindre les records de Pulp Fiction, Jackie Brown est bien reçu par le public et la critique. Tarantino délaissera ensuite les polars et reviendra à des films bien plus sanglants avec les deux Kill Bill.

15 janvier 2017 : Ciné-club colonisation de l’Amérique : Mission (1986) – 1492 : Christophe Colomb (1992)

Mission

– 19h : Mission (Roland Joffé – 1986 – 125 minutes)

avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Ray McAnally, Aidan Quinn, Cherie Lunghi, Liam Neeson, Daniel Berrigan

Au XVIIIème en Amérique Latine, un missionnaire jésuite et un ancien mercenaire prennent parti pour la tribu des Guaranis que les puissances coloniales espagnoles et portugaises veulent chasser de leurs terres.

Deux ans après La Déchirure sur la dictature khmère rouge au Cambodge (trois Oscars), Roland Joffé retrouve son producteur (David Puttnam) et son directeur de la photographie (Chris Menges) pour un autre drame historique et exotique politiquement engagé : l’évangélisation de la tribu des Guaranis et l’expropriation de leurs terres. L’hypocrisie des puissances espagnoles et portugaises, se comportant en barbares impérialistes après avoir apporté la révélation chrétienne, sera l’occasion d’un cas de conscience opposant Jeremy Irons, missionnaire jésuite résigné à la prière et la non-violence, et Robert De Niro, ancien mercenaire repenti en prêtre et prêt à prendre les armes pour les défendre. Le tournage en Argentine est l’occasion de superbes prises de vue dans la jungle, et notamment les spectaculaire chutes d’Iguazú – ce qui vaudra au passage à presque toute l’équipe du film (sauf De Niro) d’attraper la dysenterie… Ennio Morricone signe ici une de ses partitions les plus fameuses, combinant musique religieuse et instruments amérindiens, qui lui permet d’exprimer sa spiritualité. Mission a reçu la Palme d’Or du Festival de Cannes (au prix des sifflements de ceux qui lui préféraient Le Sacrifice de Tarkovski), le César du meilleur film étranger et l’Oscar de la meilleure photographie (ainsi que six autres nominations, dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure musique). Joffé continuera à défendre des grandes causes dans ses films, notamment la vie dans le bidonville de Calcuta avec La Cité de la joie (1992).

1492 CHRISTOPHE COLOMB

– 21h : 1492 : Christophe Colomb (Ridley Scott – 1992 – 150 minutes)

avec Gérard Depardieu, Armand Assante, Sigourney Weaver, Tcheky Karyo, Angela Molina, Fernando Rey

Le navigateur Christophe Colomb est convaincu que l’on peut rejoindre les Indes orientales en passant par l’océan Atlantique, et tente de convaincre la reine d’Espagne d’en financer l’expédition maritime.

Pour le cinq-centième anniversaire de la découverte du Nouveau Monde, une grande co-production franco-britannico-espagnole entreprend un biopic sur son découvreur. Des réalisateurs prestigieux tels que Francis Ford Coppola, Roland Joffé ou Oliver Stone furent approchés, mais c’est finalement Ridley Scott qui décrocha le poste, exigeant pour donner son accord que le rôle principal soit tenu par  Gérard Depardieu. Il retrouve l’actrice culte de son film Alien, Sigourney Weaver, qui venait de terminer Alien 3 (par David Fincher) – pour lequel elle a dû se raser les cheveux, ce qui l’obligea à porter une perruque pour jouer la reine d’Espagne. Le film a été tourné en seize semaines, entre l’Espagne et le Costa Rica, et deux répliques des caravelles de l’époque refirent le même voyage en mer. 1492 : Christophe Colomb restitue ainsi le rêve fou et inédit d’un aventurier qui allait changer la vision du monde, son obstination, ses contradictions et le désastre colonial et civilisationnel qui s’annonce, au milieu des moments de doutes, de révoltes d’une partie de ses troupes et d’intrigues de cour. Pour la bande-son, Scott refait appel à Vangelis (qui avait déjà signé celle de son Blade Runner), dont le thème à base de synthétiseur et de chœurs deviendra son plus grand succès commercial (quatre millions d’exemplaires dans le monde). Grosse production européenne (quarante millions de dollars), le film est sorti mondialement le 12 octobre 1492, le jour de l’arrivée de Colomb en Amérique. A ne pas confondre cependant avec Christophe Colomb : la découverte, sorti la même année, qui malgré son casting prestigieux (Marlon Brando, Tom Selleck, Catherine Zeta-Jones, Benicio del Toro) a reçu une pluie de nominations aux Razzie Awards…

28 août : Ciné-club Vétéran du Vietnam: Rambo (1982) – Voyage au bout de l’enfer (1978)

RAMBO– 19h : Rambo (Ted Kotcheff – 1982 – 90 minutes)

avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy, Bill McKinney, Jack Starrett, Michael Talbott, John McLiam, David Caruso

Un ancien héros du Vietnam a du mal à se réinsérer dans la société. A son arrivée dans une petite ville du Nord des Etats-Unis, le shérif le voit comme un vagabond à expulser.

Déjà superstar du cinéma avec trois Rocky tournés depuis 1976, Sylvester Stallone s’apprête à endosser un des personnages les plus iconiques de la pop culture du XXe siècle. Pourtant, ce premier Rambo est tout sauf un film bourrin de l’impérialisme américain de l’ère Reagan, comme le deviendra la franchise. Adapté d’un roman de David Morrell et co-scénarisé par Stallone, First Blood en v.o. (celui qui ouvre les hostilités) traite au contraire d’un des grands traumatismes de l’histoire américaine, les séquelles des vétérans du Vietnam, qui ont survécu à l’horreur de la guerre mais sont revenus mutilés psychologiquement, inadaptés socialement, dans l’ingratitude collective et politique. Notre John Rambo se retrouve déboussolé et persécuté par la police d’une petite ville montagneuse et forestière, et est contraint de se défendre, lui et son honneur, avec tous les moyens de la guerilla de terrain et de la pyrotechnique à sa disposition. Spectaculaire, bien écrit écrit et construit, subtil et intelligent, et à la fin, n’ayons pas peur des mots, émouvant, Rambo a été un immense succès au box office, connaîtra trois suites, une série animée, des jeux vidéos, et lancera une nouvelle mode de films militaires – beaucoup plus brutaux. Les trois récents Expandables de Stallone ne sont pas non plus éloignés de son personnage mythique qui lui collera éternellement à la peau.

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER

– 21h : Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino – 1978 – 182 minutes)

avec Robert De Niro, John Cazale, John Savage, Christopher Walken, Meryl Streep, Shirley Stoler, Rutanya Alda

Trois amis ouvriers partent combattre au Vietnam. Leurs vies vont en êtres bouleversées.

Avant Apocalypse Now, Platoon ou Full Metal Jacket, Voyage au bout de l’enfer est le premier film américain à traiter de la guerre du Vietnam. Et d’emblée il est très critique sur cet épisode sombre des Etats-Unis – correspondant à une décennie où le Nouvel Hollywood exposait le désenchantement et le malaise du rêve américain. Pour son second film, Michael Cimino se lance dans une fresque de trois heures, dont l’essentiel ne se focalise pas tant sur la guerre elle-même que sur la vie paisible et heureuse des protagonistes avant d’aller au front, et leur retour de l’enfer, couverts de séquelles physiques et psychologiques. Tous le casting est excellent, de Robert De Niro (une de ses meilleures performances, pour laquelle il s’est préparé six semaines dans une usine de sidérurgie) à John Cazale (son cinquième et dernier rôle, mort avant la fin du tournage d’un cancer des os à 42 ans), en passant par les jeunes Meryl Streep (fiancée à Cazale), Christopher Walken (Oscar du meilleur second rôle) et John Savage (Hair) dont les carrières démarrent sous les meilleures auspices. Alternant comme dans les westerns des paysages magnifiques, pour contrebalancer la plongée dans le cauchemar militaire (la séquence culte de roulette russe) et le gâchis d’une génération sacrifiée, Voyage au bout de l’enfer (en v.o. The Deer Hunter, le chasseur de cerf) est rapidement devenu un film culte, au grand succès public et critique international, à commencer par cinq Oscars (dont ceux de meilleurs film, réalisateur, montage et son) sur neuf nominations. Ce sera le seul film de Cimino (disparu en juillet 2016) encensé à sa sortie, dont le suivant allait être un des plus grands fiascos financiers de l’histoire du cinéma, Les Portes du Paradis, conduisant les studios United Artists à la faillite.

29 novembre : Ciné-club Las Vegas : Coup de cœur (1982) – Casino (1995)

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– 19h : Coup de cœur (Francis Ford Coppola – 1982 – 98 minutes)

avec Frederic Forrest, Teri Garr, Nastassja Kinski, Raul Julia, Harry Dean Stanton, Tom Waits

Après cinq ans de vie commune à Las Vegas, la routine et la lassitude se sont installées entre Frannie et Hank. Au cours d’une nuit, ils s’en vont chacun de leur côté et faire des rencontres.

Que faire après avoir signé un des plus grands films cultes, Apocalypse Now (1979), Palme d’or du Festival de Cannes ? Coppola s’est posé la question pendant trois ans, avant de finalement se lancer dans un film d’amour et de crise de couple. Mais tout sauf banal : il recréé entièrement en studio de fausses rues et commerces de Las Vegas, brillant de mille néons de pacotille. Les décors sont particulièrement soignées, parfois théâtraux quand le changement d’éclairage dévoile un autre lieu installé sur le même plateau de tournage. Le tout est enfin magnifiquement mis en valeur par des plans séquences virtuoses et des mouvements de caméras impressionnants. Le casting cache des seconds rôles de haut niveau, comme le flamboyant Raul Julia (Présumé innocent, La Famille Adams), l’envoutante Nastassja Kinski (Tess, Paris, Texas) ou l’attachant Harry Dean Stanton (Paris, Texas). Tom Waits signe toute la BO, composée de chansons bluesy dont les paroles décrivent l’état sentimental du couple et des personnages durant leurs errances oniriques, qui prennent parfois des airs de comédie musicale. Film peu connu de son auteur, dans l’ombre de ses chefs d’œuvres, Coup de cœur n’en déborde pas moins d’ambition spectaculaire et d’audace formelle et visuelle, tout en n’oubliant pas l’émotion.

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– 21h : Casino (Martin Scorsese – 1995 – 180 minutes)

avec Robert De Niro, Sharon Stone, Joe Pesci, James Woods

Dans les années 70, Ace Rothstein règne sur Las Vegas avec son casino. Mais il doit faire face à une arnaqueuse qui lui tape dans l’œil et à son ami d’enfance, tueur violent et ambitieux.

Après une incursion dans le film d’époque en costumes (Le Temps de l’innocence), Scorsese revient à ses premières amours : non seulement la mafia (Les Affranchis) avec une histoire vraie dans la ville du jeu, de l’argent et du vice, mais plus globalement l’ascension et la chute, la lutte entre le pêché et la rédemption. Scorsese est en pleine possession de son art et réalise son magnum opus, à base de séquences d’anthologie (ne serait-ce que l’ouverture), d’explosions de violence, d’entremêlements inexorables de destins croisés qui n’échapperont pas aux catastrophes, d’anecdotes croustillantes pour cerner un personnage. Robert De Niro est comme d’habitude est impeccable, Joe Pesci plus terrifiant que jamais, et Sharon Stone (nommée à l’Oscar) tient son meilleur rôle avec Basic Instinct. Comme souvent, la bande-son est rempli de rock et soul des années 60-70, comme les Rolling Stones, Moody Blues, Roxy Music, Otis Redding, Cream et bien d’autres. Les costumes impressionnent avec un million de dollars de budget : soixante-dix pour De Niro, quarante pour Stone. Film majeur du cinéma américain récent, c’est sans doute le dernier chef d’œuvre de Scorsese, et le plus grand.

26 juillet : Ciné-club braquage de banque

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– 19h : L’Affaire Thomas Crown (Norman Jewison – 1968 – 102 minutes)

avec Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke, Jack Weston

Un millionnaire blasé projette de faire braquer une banque, juste pour l’excitation. Une experte en assurance est chargée de le démasquer.

L’Affaire Thomas Crown est l’un des tout premiers films à utiliser la technique du split screen (écran divisé en plusieurs écrans plus petits, pour fragmenter une action), avec Grand Prix de John Frankenheimer puis L’Etrangleur de Boston de Richard Fleischer. Cela participe à en faire un film innovant, à l’esthétique générale stylisée et soignée, depuis la mise en scène jusqu’aux superbes tenus de Faye Dunaway (fraîchement révélée dans Bonny and Clyde), en passant par la sublime musique de Michel Legrand (compositeur des films de Jacques Demy), dont la chanson « The Windmills of my heart » a remporté l’Oscar de la meilleure chanson et deviendra un standard de la pop maintes fois repris (notamment par Dusty Springfield). L’impérial Steve McQueen a dit qu’il s’agissait de son rôle préféré ! Entre film de cambriolage et jeu du chat et de la souris érotique entre les protagonistes, L’Affaire Thomas Crown culmine avec la plus longue scène de baiser (pour l’époque), une minute qui nécessita huit heures de tournage sur plusieurs jours ! Ce classique élégant et glamour a connu un remake par John McTiernan (Piège de cristal) avec Pierce Brosnan en 1999.

 HEAT

– 21h : Heat (Michael Mann – 1995 – 170 minutes)

avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore, Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd, Mykelti, Williamson, Wes Studi, Ted Levine

La police de Los Angeles traque un gang de braqueurs professionnels. Entre leurs deux chefs qui s’affrontent un respect mutuel commence à se former.

Remake d’un téléfilm de Michael Mann de 1989 (L.A. Takedown), et inspiré d’une affaire criminelle à Chicago dans les années 60, Heat est le film de tous les superlatifs, à commencer par la première rencontre historiques entre deux monstres sacrés du cinéma américain : Al Pacino et Robert De Niro, pourtant jamais présents à l’écran simultanément grâce au champ/contrechamp. Les deux acteurs avaient beau être au casting du Parrain, deuxième partie, ils n’avaient aucune scène ensemble (puisque De Niro incarnait le parrain jeune). Tourné en décors naturels dans pas moins de 65 lieux différents à Los Angeles, le film est gorgé de scènes mythiques, comme la discussion autour d’un café entre Pacino et De Niro, le braquage de la banque et la fusillade assourdissante au cœur de Los Angeles, ou la traque finale à l’aéroport international de Los Angeles. L’écriture est marquée par l’entremêlement général des personnages et situations où tout se répercute avec la fatalité du destin, entre la vie privée et professionnelle, les accidents infimes aux énormes répercussions, les psychologies au fond très similaire entre le policier et le voleur (comme le yin et le yang) qui sacrifient tous les deux leurs vies amoureuses par obsession pour leur travail. Heat est un chef d’œuvre de tension explosive ou contenue qui a ait date, alternant densité et vide, porté par des acteurs au sommet, enveloppé d’un esthétique visuelle et musicale parfaitement subtile.

24 mai : Ciné-club prohibition avec deux bières Beavertown en pression (Paris Beer Week #2)

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– 19h : Il était une fois en Amérique (Sergio Leone – 1984 – 229 minutes)

Avec Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Tuesday Weld, Treat Williams, Jennifer Connelly

Dans les années 60, un vieil homme se souvent de sa jeunesse avec ses amis dans le ghetto juif du New York des années 20, puis dans les bars clandestins et le trafic d’alcool au temps de la prohibition des années 30.

Bien des années après ses cinq westerns mythiques qui ont bouleversé le genre, de Pour une poignée de dollars (1964) à Il était une fois la révolution (1971), Sergio Leone reprend la caméra pour ce qui deviendra son ultime chef d’œuvre. Adapté du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone a travaillé pendant douze ans sur le scénario de Il était une fois en Amérique, cette monumentale et bouleversante fresque sur les années folles dans les bars clandestins sous la prohibition. Il y porte un regard vertigineux sur le destin d’individus liés par l’amitié, l’amour, la trahison et les règlements de comptes sanglants entre gangsters, couvrant une période de quarante ans, de l’enfance à la vieillesse. Magnifié par une partition exceptionnelle de son compositeur attitré Ennio Morricone et par des acteurs au sommet – Robert De Niro et James Wood (Videodrome, Casino, Vampires) bien évidemment, mais aussi Joe Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino), Burt Young (Rocky) ou la jeune Jennifer Connelly (Requiem for a dream) -, le film fait figure de testament esthétique et cinématographique. L’implication de Sergio Leone et le rythme de tournage lui coûtèrent sa santé (il disait que chaque film lui faisait perdre cinq ans de sa vie). Il était une fois en Amérique fut charcuté par les producteurs à sa sortie américaine (remonté chronologiquement et amputé de bien des scènes), ce qui effondra le réalisateur. Mais des années après sa mort, la version longue originelle est enfin restaurée et permet de faire justice à l’un des plus grands films du cinéma.

Vu le nombre de règlements de compte sanglants qui émaillent le film, rien de tel que de se rafraîchir avec la Bloody ‘Ell en pression, une American IPA à l’orange sanguine (7,2°) des anglais Beavertown ! Dans le cadre de la Paris Beer Week #2, une autre bière Beavertown sera proposée en pression, la Papa Pils, une Imperial Pils (7°) brassée spécialement en collaboration avec les américains Odell.

Ciné-club dégustation Machete : Machete (2010) – Machete kills (2013)

Dans le cadre de la Paris Beer Week, le Festin Nu organise une grande soirée Machete, avec non seulement les deux films de Robert Rodriguez, mais en plus la bière artisanale Machete Double IPA à la pression, de la brasserie Birrificio del Ducato !

Dimanche 25 mai 2014 :

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– 19h : Machete (Robert Rodriguez & Ethan Maniquis – 2010 – 105 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert de Niro, Steven Seagal, Lindsay Lohan, Tom Savini

Un ancien agent fédéral est engagé pour tuer un politicien. Mais il s’agit d’un piège…

Pour le projet de films de série B vintage des années 70 Grindhouse (2007), Quentin Tarantino et Robert Rodriguez intercalent des fausses bandes annonces entre Boulevard de la mort et Planète terreur, telles que Thanksgiving, Hobo with a shotgun ou Werewolf Women of the SS. L’une des plus populaires est Machete, réalisée par Rodriguez. Devant l’insistance des fans, il finit par mettre en chantier un véritable long-métrage sur le personnage, avec Ethan Maniquis (monteur sur Planète terreur). Il réussit à réunir un improbable casting de stars (dont la plupart ont déjà tourné avec Rodriguez) : Danny Trejo (cousin de Rodriguez !), habité des seconds rôles (Desperado, Une Nuit en enfer ou la saga Spy Kids) ; Robert de Niro, excellent en politicien véreux d’extrême-droite ; Steven Seagal, dont il s’agit du premier rôle de méchant, et qui fait ici son come-back au cinéma après n’avoir tourné que des films direct-to-video depuis des années ; Tom Savini (Une Nuit en enfer, Planète terreur), légendaire maquilleur de zombies pour George Romero. La distribution féminine n’est pas en reste, avec les pulpeuses Jessica Alba (Sin City), Michelle Rodriguez et Lindsay Lohan. Le film a un cadre politique : l’immigration clandestine des mexicains au Texas, sujet rarement traité au cinéma. Mais en réalité Rodriguez s’en sert de prétexte pour faire un film de série B latino grand public, à l’instar de John Woo avec les films de genre asiatiques. Au programme, beaucoup de fusillades, de sang, de morts, de filles sexy et surtout beaucoup d’humour et de parodie.

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– 21h : Machete kills (Robert Rodriguez – 2013 – 108 minutes)

avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson, Demián Bichir, Charlie Sheen, Lady Gaga, Antonio Banderas, Cuba Gooding Jr., Tom Savini, Jessica Alba

Machete doit empêcher le chef d’un cartel mexicain d’envoyer vers les Etats-Unis un missile nucléaire.

Avec le succès du premier film, Rodriguez rempile avec beaucoup plus de budget, mais toujours la même formule de violence, de sexe et de parodie, pour Machete kills. Outre Danny Trejo, Michelle Rodriguez ou Tom Savini qui rempilent, Mel Gibson (le grand méchant), Charlie Sheen (succulent président américain !), Lady Gaga ou Antonio Banderas font partie des guest-stars du casting. L’histoire est encore plus délirante, ne se refusant rien, et on note des références savoureuses à Star Wars ou James Bond. Le troisième opus est en route, Machete kills again… in space, dont on voit deux bandes annonces avant et après Machete kills.