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20 mars : Ciné-club Radio DJ : Un Frisson dans la nuit (1971) – Good Morning, Vietnam (1987)

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– 19h : Un Frisson dans la nuit (Client Eastwood – 1971 – 102 minutes)

avec Clint Eastwood, Jessica Walter, Donna Mills, John Larch

Un DJ à la radio rencontre une admiratrice qui va se révéler envahissante.

Après avoir joué les cowboys à la télévision et au cinéma (notamment pour Sergio Leone) ou les militaires (Quand les aigles attaquent et De l’or pour les braves de Brian G. Hutton), Clint Eastwood assouvit enfin son désir de réalisation (en renonçant à son cachet), non pas un western (comme il en fera par la suite), mais un thriller contemporain tout à fait singulier. Il en profite pour insuffler au personnage principal de disc-jockey (qu’il joue) sa passion pour le jazz (il réalisera un biopic de Charlie Parker en 1988, Bird). Ce n’est donc pas un hasard si une scène se passe au Festival de Jazz de Monterey, pendant le concert de Cannonball Adderley ! Avec son budget restreint, Un Frisson dans la nuit fut entièrement tourné en extérieur (dont Carmel, dont il deviendra maire en 1986 !), et offre de superbes plans de la Californie, notamment lors d’une séquence de ballade et d’amour avec la sublime chanson de Roberta Flack « The First Time Ever I Saw Your Face ». Mais le thème principal du film est la psychose sexuelle (comme dans son précédent film, Les Proies de Don Siegel, qui joue ici un petit rôle), lui aussi en partie autobiographique en réalité puisqu’Eastwood avait été harcelé par une admiratrice quelques années plutôt. Un Frisson dans la nuit repose donc avant tout son ambiance paranoïaque, obsessionnelle et imprévisible, un climat de malaise sexuel hitchcockien alternant le calme et le climax. Le film est un succès et permettra à Eastwood d’être pris au sérieux comme réalisateur, tandis que son prochain rôle sera un de ses plus iconiques et idéologiquement marqués, L’Inspecteur Harry.

 GOOD MORNING VIETNAM

– 21h : Good Morning, Vietnam (Barry Levinson – 1987 – 121 minutes)

avec Robin Williams, Forest Whitaker, J. T. Walsh, Tung Thanh Tran, Bruno Kirby, Chintara Sukapatana, Robert Wuhl

En 1965, un DJ est muté à la radio militaire américaine de Saigon, en pleine guerre du Vietnam. Si son humour ravageur et ses disques rock ne sont pas du goût de ses supérieurs, il est très apprécié des troupes.

Durant la guerre du Vietnam, il fallait divertir les militaires américains en mission loin de chez eux, soutenir leur moral et leur rappeler leur culture pour leur faire oublier les atrocités du front. Good Morning, Vietnam s’inspire librement du véritable animateur de radio Adrian Cronauer, qui marqua les ondes militaires américaines au Vietnam pour sa sélection débridée de musique rock, pop sixties et Motown qui tranchait avec le classicisme austère du bon goût militaire à l’ancienne. La bande-son est donc remplie de classiques de James Brown, Beach Boys, Them, Supremes, Louis Armstrong, etc. Le film repose avant tout sur la prestation survoltée de Robin Williams, alors au début de sa carrière, qui endosse parfaitement le rôle en improvisant ses monologues à l’antenne et blagues incessantes, allant bien plus loin que le véritable Cronauer (ce qui lui aurait valu la cour martiale, vu la férocité des imitations de Johnson ou Nixon). Le film est entièrement tourné en Thaïlande (Bangkok et Phuket), avec des acteurs locaux non professionnels très naturels. Gros succès commercial, cette comédie militaire dans la veine de Mash vaut à Robin Williams de remporter le Golden Globe du meilleur acteur, une nomination à l’Oscar (qu’il remportera en 1998 pour Good Will Hunting), et a fait de lui une star, avant d’enchaîner sur Le Cercle des poètes disparus ou Hook.

27 décembre : Ciné-club Batman par Tim Burton : Batman (1989) – Batman Le Défi (1992)

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– 19h : Batman (Tim Burton – 1989 – 130 minutes)

avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger, Robert Wuhl, Michael Gough, Pat Hingle, Billy Dee Williams, Jack Palance, Jerry Hall

Tombé dans une cave acide à cause de Batman et défiguré, le gangster Jack Napier devient le Joker et sème la terreur à Gotham City.

Le héros de comics créé par Bob Kane avait déjà connu une adaptation à l’énorme succès en série télévisée et en film dans les années 60. Mais leurs couleurs vives, ses onomatopées affichées à l’écran et l’humour enfantin les ont rendu (délicieusement) kitsch, et plus personne n’osa toucher à la franchise. Vingt plus tard, Tim Burton s’y attaque, et son propre univers sombre et déjanté (Beetlejuice, Edward aux mains d’argent) s’accommode judicieusement à l’obscurité et l’ambivalence de l’homme chauve-souris. Le rôle très disputé de Bruce Wayne a finalement été accordé à Michael Keaton (Beetlejuice). L’immense Jack Nicholson, habitué des rôles de fous (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Shining), endosse le costume violet du Joker. La star Kim Basinger (Jamais plus jamais, 9 semaines 1/2) illumine de sa beauté la partenaire de Batman. Grâce à l’ambition et aux moyens investis, Gotham City est enfin gothique, sale et malfamé – le film obtient l’Oscar de la meilleure direction artistique. Prince, grand amateur du héros, signe trois chansons pour le film, et sortira un album entier inspiré du film. Batman a été un immense succès commercial, et a défini le nouveau standard des superproductions de héros de comics, qu’Hollywood exploite encore aujourd’hui.

 BATMAN LE DEFI

– 21h : Batman Le Défi (Tim Burton – 1992 – 126 minutes)

avec Michael Keaton, Danny DeVito, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken, Michael Gough, Pat Hingle, Michael Murphy, Vincent Schiavelli

Le Pingouin et Catwoman s’allient dans le crime contre Batman.

Après le raz de marée du premier épisode, Warner Bros accorde encore plus de budget et de liberté (scénaristique et artistique) à Tim Burton. Il en tirera un de ses films les plus sombres et personnels, explorant les blessures les plus profondes et intimes du Pingouin (méconnaissable Danny DeVito), enfant monstrueux abandonné par ses parents), et Catwoman (sensuelle Michelle Pfeiffer en cuir moulant), secrétaire frustrée et dévalorisée par son patron, le cynique et malhonnête businessman Max Schreck (hommage à l’acteur de Nosferatu de Murnau, joué par Christopher Walken). Bruce Wayne n’est pas en reste, puisqu’il est attiré par Selina Kyle, pendant que leurs alter ego Batman et Catwoman se tournent autour. Les décors et cascades sont encore plus extravagants dans cet épisode, et le ton est bien plus violent et sexuel, ce qui ne sera pas au goût de tous, là où les fans le trouveront meilleur que le premier, le voyant comme un film d’auteur spectaculaire. Par la suite la franchise sera reprise avec beaucoup moins de crédibilité par Joel Schumacher (Batman Forever, Batman & Robin), avant de renaître de ses cendres avec Christopher Nolan dans une nouvelle trilogie à succès revenant sur la facette la plus tourmentée du héros et de son univers. A noter enfin que Michael Keaton reviendra sous les projecteurs avec Birdman (2014), film oscarisé sur un ancien acteur de superhéros qui essaie de relancer sa carrière.