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18 juin 2017 : Ciné-club Piano : La Leçon de piano (1993) – Le Pianiste (2002)

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– 19h : La Leçon de piano (Jane Campion – 1993 – 115 minutes)

avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neil, Annna Paquin, Kerry Walker, Geneviève Lemon

Au XIXème siècle, une femme part avec sa fille rejoindre son nouveau mari en Nouvelle-Zélande. Muette, elle est impérieusement attachée à son piano. Mais celui-ci devient la propriété d’un voisin qui la désire.

La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, après Sweetie et Un ange à ma table, signe à nouveau un drame romanesque auscultant les méandres du désir féminin, à partir d’une muette qui s’exprime au moyen de son piano, qu’elle transporte péniblement jusque dans la jungle néo-zélandaise. Il sera l’objet d’un contrat érotique : son nouveau propriétaire le lui restituera touche par touche en échange d’autant de fantaisies qu’elle lui autorisera. Les émotions se lient et se tendent au milieu de magnifiques paysages naturels et sauvages, aussi agités que les passions des complexes personnages, impeccablement joués. A noter qu’Holly Hunter a assuré elle-même presque toutes les parties de piano du film. Entre classicisme et romantisme, La Leçon de piano reçoit une pluie de récompenses internationales, à commencer par la Palme d’or du Festival de Cannes (la première de l’histoire pour un film d’une réalisatrice, et à ce jour la seule) et le prix d’interprétation féminine pour Holly Hunter, ainsi que trois Oscars (meilleure actrice, meilleur second rôle féminin et meilleur scénario original) ou le César du meilleur film étranger, parmi d’autres Golden Globes ou BAFTA. Harvey Keitel retrouvera Jane Campion en 1999 dans Holy Smoke.

LE PIANISTE

– 21h : Le Pianiste (Roman Polanski – 2002 – 148 minutes)

avec Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipman, Emilia Fox, Ed Stoppard, Julia Rayner, Jessica Kate Meyer

Durant la Seconde Guerre mondiale à Varsovie, un brillant pianiste et sa famille endurent les persécutions antisémites grandissantes.

Roman Polanski a vécu la persécution des juifs dans son enfance à Cracovie durant la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi Steven Spielberg lui avait proposé de réaliser La Liste de Schindler, ce qu’il déclina car le film ne lui était pas assez personnel. Mais c’est à la lecture du livre autobiographique de Wladyslaw Szpilman, célèbre pianiste polonais, qu’il trouve l’occasion de réaliser un film sur l’Holocauste. Szpilman travaillait à la radio de d’Etat, mais fut enfermé avec sa famille dans le ghetto de Varsovie, puis dû se cacher dans des conditions effroyables, dangereuses et misérables, pour échapper à la mort. Szpilman meurt cependant en 2000 durant l’écriture du scénario du film. Adrien Brody perdit quatorze kilos pour se préparer au rôle, quitta son appartement, vendit sa voiture et se priva de télévision pour atteindre le niveau de solitude de son personnage. Production française tourné en anglais en Pologne, Le Pianiste est admirablement reconstitué et se déploie méthodiquement dans une mise en scène sobre et digne, sans pathos manipulateur face à l’horreur et la déshumanisation nazie. Le film a été un succès critique et commercial incontestable, remportant une quarantaine de récompenses dont la Palme d’or du Festival de Cannes, sept Césars (dont meilleurs film, réalisateur et acteur) et trois Oscars (meilleurs réalisateur, acteur et scénario adapté. De toute sa riche et diverse filmographie, Polanski considère que c’est le film par lequel il souhaite que l’on se souvienne de lui, indéniablement son plus intime.

3 avril : Ciné-club Bal comique : Le Bal des casse-pieds (1992) – Le Bal des vampires (1967)

LE BAL DES CASSE-PIEDS

– 19h : Le Bal des casse-pieds (Yves Robert – 1992 – 100 minutes)

avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Claude Brasseur, Michel Piccoli, Jean Yanne, Guy Bedos, Véronique Sanson, Valérie Lemercier, Sandrine Carron, Jean-Pierre Bacri, Didier Gustin, Patrick Timsit, Philippe Uchan

Un vétérinaire est harcelé par son entourage de casse-pieds : amis, clients, maîtresses, sœur, voisins de table ou d’avion.

Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand blond avec une chaussure noire) et le scénariste Jean-Loup Dabadie (également parolier de Michel Polnareff ou Julien Clerc) avaient écrit deux chefs d’œuvre de la comédie française : Un Elephant ça trompe énormément (1976), et sa suite Nous irons tous au paradis (1977). Sans faire du Bal des casse-pieds le troisième volet, c’est ce qui s’en rapproche le plus, puisqu’on y retrouve la même équipe : Robert-Dabadie au scénario, Vladimir Cosma à la musique, Jean Rochefort en tête de casting(en vétérinaire, ce qui va bien avec son amour des animaux), tandis que ses trois compères Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos sont présents, mais à des rôles beaucoup plus secondaires. Librement inspiré des Casse-pieds (1948) de Jean Dreville en adaptant le thème inépuisable des raseurs en tout genre aux situations comiques de l’époque moderne, c’est presque un film à sketches où un impressionnant défilée de stars du cinéma français vient faire son numéro : Jean Carmet, Jacques Villeret, Michel Piccoli, Jean Yanne, Valérie Lemercier, Jean-Pierre Bacri, Patrick Timsit, etc. S’il apparaît donc plus décousu par sa structure, il n’en sera pas moins un grand succès commercial.

 LE BAL DES VAMPIRES

– 21h : Le Bal des vampires (Roman Polanski – 1967 – 107 minutes)

avec Jack MacGowran, Roman Polanski, Sharon Tate, Alfie Bass, Ferdy Mayne, Terry Downes

Un professeur et son jeune assistant se rendent en Transylvanie pour chasser des vampires. Quand la fille d’une auberge est enlevé, ils se rendent dans le château du compte Krolock.

Après de nombreux court-métrages et un premier film en Pologne (Le Couteau dans l’eau), le jeune et brillant Roman Polanski réalise ses films suivants (Répulsion et Cul-de-sac) à Londres. Grâce à leur succès, il obtient un plus grand budget pour son nouveau projet, une parodie de films de vampires. Ils étaient régulièrement à la mode au cinéma, du Dracula avec Bela Lugosi qui lança les Universal Monsters, aux productions Hammer qui donnèrent une esthétique gothique typiquement anglaise, avec Christopher Lee. En plus d’avoir co-écrit le film et de le réaliser, Polanski joue aussi le rôle de l’assistant du professeur Abronsius (Jack MacGowran, rencontré sur le tournage de Cul-de-sac), bien qu’il ne se crédite jamais comme acteur dans ses films. Il tombera sous le charme évident de sa partenaire Sharon Tate, qu’il épousera l’année suivante – et qui sera tragiquement assassinée par la famille Manson en 1969, enceinte de huit mois. Pour l’expliquer, on reprochera bêtement à Polanski d’avoir flirté avec l’occulte et le satanisme dans ce film et le suivant, Rosemary’s Baby. Pourtant Le Bal des vampires ne se prend pas du tout au sérieux, détournant les codes du genre avec de nombreux gags. Malgré un premier montage américain catastrophique (énormes coupures rendant l’histoire incompréhensible, ajout d’une introduction en  dessin animé expliquant le mythe du vampire !), il est devenu un film culte avec son esthétique à tomber par terre (les décors, costumes et accessoires sont d’une méticulosité irrésistible), peut-être le plus beau film de vampires. Il a été adapté en comédie musicale à vienne en 1997, et encore récemment à Paris par Polanski en 2014.

Ciné-club Roman Polanski avec les soeurs Dorléac : Répulsion (1965) – Cul-de-sac (1966)

On ne présente plus Catherine Deneuve, née Catherine Dorléac. Malheureusement sa sœur Françoise n’a pas eu le temps de bâtir une carrière aussi prestigieuse – bien que son talent le promettait – puisqu’elle est morte tragiquement dans un accident de voiture en 1967, trois mois après la sortie des Demoiselles de Rochefort où les deux sœurs jouaient ensemble, alors qu’elle se rendait à l’aéroport pour une projection du film à Londres. Cependant, à un an d’intervalle, le jeune Roman Polanski tourne avec chacune d’elle deux films bien singuliers, et très différents.

 Dimanche 1 décembre 2013 :

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– 19h : Répulsion (Roman Polanski – 1965 – 105 minutes)

avec Catherine Deneuve, Ian Hendry, Yvonne Furneaux, John Fraser

 Carol habite à Londres avec sa sœur. Entre l’amant de cette dernière, et un jeune homme qui la courtise, elle va développer une répulsion pour la gente masculine, au point de sombrer dans la folie.

 Auréolé du succès de son premier film, Le Couteau dans l’eau (1962), nominé à l’Oscar du meilleur film étranger, Roman Polanski vient tourner à Londres son second film, le premier en langue anglaise. Il engage Catherine Deneuve, pas encore la star qu’elle deviendra, mais déjà superbe, sa beauté et sa jeunesse lui donnant une apparence d’innocence si ambiguë pour ce rôle complexe. En effet derrière ce masque se cache des dérangements mentaux qui vont s’amplifier et prendre des proportions schizophréniques. La  réalisation personnelle et novatrice de Polanski restitue remarquablement son point de vue subjectif et ses dérèglements psychiques, confondant réalité et imaginaire, avec nombre d’hallucinations et de déformations. Le chef opérateur Gilbert Taylor (ayant travaillé avec Kubrick sur Docteur Folamour) met en place une photographie et des jeux d’ombres époustouflants. Répulsion a gagné l’Ours d’argent à Berlin.

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– 21h : Cul-de-sac (Roman Polanski – 1966 – 113 minutes)

avec Donald Pleasence, Françoise Dorléac, Lionel Stander

 Un couple vit dans une maison qui à marée haute devient une île. Deux gangsters en cavale s’y réfugient.

Les producteurs de Répulsion, satisfait de son accueil, produisent le film suivant de Polanski, Cul-de-sac. Mais le tournage, dans le comté de Northumberland en Angleterre, s’avère bien plus périlleux. Françoise Dorléac est engagée quelques jours avant le début du tournage pour son premier film en anglais. Elle frôle la mort pour une scène en se baignant nue dans une mer glacée sans savoir nager. Les conditions météorologiques n’étaient pas favorables, le budget extrêmement serré, et Lionel Stander fut absolument odieux avec toute l’équipe – la scène où il fouette Dorléac avec une ceinture n’étaient pas simulée ! Néanmoins Cul-de-sac, qui commence comme un film de genre (de gangsters), s’avère plus imprévu et libre qu’on ne s’y attendait, avec des gags, des scènes grotesques ou absurdes en huit clos naturel, à partir du couple mal assorti, lui qui aime se travestir, elle plus jeune, tandis que le gangster les soumet à son autorité et ses caprices. Cependant, ici encore la folie n’est jamais loin. Cette farce inclassable a gagné l’Ours d’or à Berlin.