Archives du mot-clé Roy Scheider

2 août : Ciné-club poissons

PIRANHAS

– 19h : Piranhas (Joe Dante – 1978 – 94 minutes)

avec Bradford Dillman, Heather Menzies, Kevin McCarthy, Keenan Wynn, Barbara Steele, Dick Miller, Belinda Balaski

Deux jeunes campeurs disparaissent après avoir plongé dans le bassin d’un site militaire désaffecté. Une détective privée est chargée de les retrouver.

Piranhas est le premier film que Joe Dante réalise seul (après deux co-réalisations) et déjà un film de monstres (avant Hurlements et les Gremlins). Produit par Roger Corman, le pape de la série B (réalisateur d’une cinquantaine de films et producteur de plus de quatre cent films !), il parodie les films d’horreur aquatiques qui pullulent depuis le raz de marée des Dents de la mer. Aussi ironique que sanglant, il comporte aussi une couche politique, en critiquant la société américaine superficielle et mercantile, ainsi que les expérimentations et l’irresponsabilité de l’armée, quelques années après la guerre du Vietnam. Malgré les limites du budget, les effets spéciaux du jeune prodige Rob Bottin (Hurlements, The Thing, Robocop, Total Recall) s’avèrent tout à fait efficaces, et Spielberg lui-même reconnaîtra le pastiche et le talent de Joe Dante en produisant les Gremlins (et en dissuadant Universal d’attaquer le film pour plagiat). L’immense succès de Piranhas (16 millions de recettes pour un budget de 770.000 dollars) donnera lieu à plusieurs suites : Piranha 2 (premier film de James Cameron !), Piranha (remake produit par Corman), Piranha 3D (par le français Alexandre Aja) et Piranha 3DD.

 LES DENTS DE LA MER

– 21h : Les Dents de la mer (Steven Spielberg – 1975 – 124 minutes)

avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary, Murray Hamilton

Une petite ville côtière est victime des attaques d’un requin blanc.

Adapté d’un best-seller de Peter Benchley (Les Grands Fonds), Les Dents de la mer n’est que le deuxième long-métrage du jeune Steven Spielberg (après trois téléfilms). Mais à seulement vingt-huit ans il va révolutionner l’industrie hollywoodienne avec l’un des plus gros succès du box-office, ses 470 millions de dollars de recettes détrônant Le Parrain (il sera dépassé par Star Wars en 1977). Même s’il y eut des précédents (L’Aventure du Poseidon, La Tour Infernale), il instaure un nouveau type de blockbuster, des films d’action spectaculaires à gros budget qui sortent pour l’été afin d’attirer massivement le grand public. Monstrueusement efficace, Spielberg dose subtilement la tension en montrant le moins possible le requin, utilisant soit sa vue subjective, soit le légendaire thème musical de John Williams (futur compositeur de Star Wars) à sa place. Lauréat de trois Oscars (meilleurs montage, musique et son) et nommé à celui du meilleur film (éclipsé par Vol au-dessus d’un nid de coucou et ses cinq Oscars), Les Dents de la mer devint la pierre angulaire du film à suspense moderne ainsi que du film de monstre aquatique, connut trois suites et installa pour longtemps Steven Spielberg dans l’industrie cinématographique.

Ciné-club Trafic de drogue avec Gene Hackman : French Connection (1971) – French Connection II (1975)

FRENCH CONNECTION

– 19h : French Connection (William Friedkin – 1971 – 103 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Roy Scheider, Tony Lo Bianco, Marcel Bozzuffi

Deux policiers new-yorkais tentent de remonter la filière française de trafic de drogue.

Pour son cinquième long-métrage, William Friedkin s’attaque à une affaire policière qui eut réellement lieu, celle la filière française d’exportation d’héroïne, qui inondait les Etats-Unis dans les années 60 et 70 – les enquêteurs Eddie Egan et Sonny Grosso jouent d’ailleurs de petits rôles dans le film. Friedkin choisit de donner à French Connection un aspect documentaire, et si aujourd’hui on peut trouver ça banal, c’est en partie grâce à son influence sur le genre des films policiers : à l’époque c’était novateur de voir de manière terne et réaliste les enquêteurs piétiner dans le froid et la saleté (New-York connaissait un de ses hivers les plus rigoureux), s’insulter et se battre avec leurs supérieurs ou collègues, mener une vie privée minable dans les rencontres éphémères et l’alcoolisme. Bref les policiers sont tout sauf des héros, mais des médiocres qui s’obstinent jusqu’à l’aveuglement, et qui n’échappent pas à la bavure ni à l’échec professionnel. Par ailleurs, le film est en très grande partie tourné en extérieurs, dans les rues de New York, Washington ou Marseille. Brooklyn est d’ailleurs le lieu d’une des plus fameuses scènes de course-poursuite du cinéma, en voiture sous le métro aérien : au contraire de Bullitt (1968) où tout était millimétré, Friedkin laissa beaucoup de liberté – jusqu’à causer un accident à Gene Hackman ! French Connection a connu un énorme succès : tourné pour 1,8 million de dollars, il en engrangea plus de 50 millions de recettes ! Il remporta également cinq Oscars (sur huit nominations), ceux de meilleurs réalisateur, film, acteur (Gene Hackman), scénario adapté et montage. Le film est devenu un grand classique du polar américain, tandis que Friedkin continua sa carrière aux sommets, puisque son film suivant est encore un classique d’un genre différent, L’Exorciste.

 FRENCH CONNECTION 2

– 21h : French Connection II (John Frankenheimer – 1975 – 119 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Bernard Fresson, Philippe Léotard, Jean-Pierre Castaldi, Cathleen Nesbitt

Le policier Popeye arrive à Marseille pour arrêter le chef de la filière française d’exportation d’héroïne.

Suite au triomphe de French Connection, c’est tout naturellement que les producteurs ont tenté d’en faire une suite. John Frankenheimer, maître des films d’action et thrillers (Le Train, Grand Prix, Seconds – L’Opération diabolique), est choisi pour le réaliser. Francophile et francophone, il est tout indiqué pour tourner à Marseille et diriger une équipe et des acteurs français, tels que Bernard Fresson (Les Galettes de Pont-Aven), Philippe Léotard ou Jean-Pierre Castaldi. Frankenheimer avait d’ailleurs déjà dirigé Gene Hackman dans Les Parachutistes arrivent (1969). Cette fois-ci l’histoire est fictive (contrairement au premier film) et permet d’approfondir la personnalité de Popeye, en le montrant encore en conflit avec ses collègues, déphasé dans un pays dont il ne parle pas la langue, et en douloureuse phase de sevrage à l’héroïne. L’excellente musique jazzy et rythmée est encore signée Don Ellis. Comme avec la plupart des suites, on mentirait en disant que French Connection II est au niveau de son prédécesseur. Il n’empêche que si l’on en fait abstraction, d’autant plus que le lieu, les situations et le ton en sont différents, cette suite constitue un bon petit polar avec des scènes mémorables, superbement filmé par Frankenheimer.

Ciné-club Dustin Hoffman / John Schlesinger : Macadam Cowboy (1969) – Marathon Man (1976)

600full-midnight-cowboy-poster

– 19h : Macadam Cowboy (John Schlesinger – 1969 – 113 minutes)

avec Dustin Hoffman, Jon Voight, Sylvia Miles, John McGyver, Brenda Vaccaro, Bob Balaban, Paul Morrissey

Un jeune texan habillé en cowboy, mignon et naïf, débarque à New York pour devenir gigolo, et rencontre un petit escroc minable et boiteux.

Réalisateur anglais emblématique de la nouvelle vague britannique, John Schlesinger vient tourner son premier film américain à New York, dont le décalage culturel sera particulièrement précieux, et qui sera paradoxalement un des étendards du Nouvel Hollywood (plus cru, réaliste et moderne). Il adapte un livre sulfureux de James Leo Herlihy, Midnight Cowboy. La prostitution masculine fait scandale et parachève la peinture de la saleté urbaine, la pauvreté et la déchéance des personnages. Le film est à peu près raccord avec l’esthétique new-yorkaise du Velvet Underground : le sujet est d’ailleurs proche des films précurseurs de Paul Morrissey (Flesh, Trash, Heat), un collaborateur d’Andy Warhol faisant même une apparition dans la fantastique scène de fête psychédélique restituant l’ambiance underground de la Factory (allant jusqu’à engager les superstars warholiennes de pacotille telles que Viva, Ultra Violet ou International Velvet). Néanmoins derrière cette décadence se cache en réalité un film tragi-comique et touchant sur la candeur, les illusions de la jeunesse sur la grande ville, les rêves enfantins de l’image du cowboy d’une époque passée, où une émouvante amitié fait office de moyen de survie dans une machine américaine où l’on ne trouve pas sa place. Le tout est souligné par une bande-son ensoleillée folk-pop du grand John Barry (compositeur des James Bond jusque dans les années 80), ainsi que par le tube Everybody’s Talkin’ de Harry Nilsson (repris de Fred Neil). Dustin Hoffman casse immédiatement son image de garçon modèle suite à sa révélation dans Le Lauréat (1967), Jon Voight décroche son premier grand rôle, et les deux sont authentiques et renversants, au point d’être nominés à l’Oscar du meilleur acteur, remporté par… le cowboy John Wayne ! Le film a été classé X (interdit aux moins de 17 ans) à sa sortie aux Etats-Unis, alors qu’il n’est pas moins chaste que la plupart des films ou séries télévisées grand public actuels. Cela ne l’a pas empêché de gagner l’Oscar du meilleur film (une première inégalée pour un film classé X), ainsi que ceux de meilleur réalisateur et meilleur scénario, et de devenir un des grands classiques du cinéma américain.

 64316

– 21h : Marathon Man (John Schlesinger – 1976 – 125 minutes)

avec Dustin Hoffman, Laurence Olivier, Roy Scheider, William Devane, Marthe Keller

Un étudiant en histoire, coureur amateur, se retrouve impliqué via son frère dans un mystérieux complet international.

Sept ans après Macadam Cowboy, John Schlesinger retrouve Dustin Hoffman (qui joue un étudiant malgré ses trente-huit ans !) pour un des grands thrillers politiques américains des années 70, adapté du best-seller de William Goldman. Il confronte deux acteurs de légende, emblématiques de deux époques cinématographiques et de deux écoles de jeu d’acteur. Alors qu’Hoffman est un ancien élève de la fameuse Actor’s Studio de Lee Strasberg, qui exigeait de vivre réellement et intensément les émotions des personnages, Sir Laurence Olivier est quant à lui le représentant du prestigieux théâtre anglais shakespearien, sur scène comme devant la caméra. Tandis qu’Hoffman a perdu dix kilos pour le rôle, s’entraînaient tous les jours à la course, lisait des livres sur l’Holocauste, passait une nuit blanche ou courrait avant une scène pour être dans le même état physique que son personnage durant la prise, Olivier (nominé à l’Oscar du meilleur second rôle dans ce film) lui lance avec malice et agacement « et si vous vous contentiez de jouer ? » Mais au-delà des anecdotes de tournage et des biographies respectives, le face à face entre les deux géants est saisissant, culminant dans l’inoubliable scène de torture dentaire (avec la phrase lancinante et troublante « is it safe? »), qui fut d’ailleurs raccourcie suite au malaise provoqué durant les projections tests. Marathon Man est un thriller magistral, au suspens constant et parfaitement maîtrisé, à travers un scénario prenant la forme d’un puzzle opaque et labyrinthique, brouillant les pistes entre New York et Paris, où doubles jeux, trahisons et tentatives d’assassinat mènent la dance, avant de dévoiler son ampleur politique et historique, remontant au nazisme.

Ciné-club science-fiction par Arthur C. Clarke : 2001, L’Odyssée de l’espace (1968) – 2010 : L’année du premier contact (1984)

Dimanche 2 février 2014 :

rueducine.com-2001-l-odyssee-de-l-espace-1968

– 19h : 2001, L’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick – 1968 – 148 minutes)

avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Douglas Rain, Daniel Richter, Leonard Rossiter

Un mystérieux monolithe noir apparaît à différents âges de l’humanité pour la faire évoluer.

Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke collaborent à l’écriture d’un scénario d’un film de science-fiction, basé sur la nouvelle La Sentinelle de Clarke. Suite à des désaccords, Clarke écrit de son côté sa propre vision de l’histoire, plus explicite, dans le livre 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), tandis que Kubrick poursuit la sienne dans le film du même nom. Métaphysique et esthétique, 2001 est tout simplement la pierre angulaire de la science-fiction, et un des piliers de l’histoire du cinéma. D’une ambition colossale, il retrace l’évolution de l’humanité sur plusieurs millions d’années, avec une première partie préhistorique d’une demi-heure sans dialogues, où la découverte de la technique apparaît comme l’acte de naissance meurtrier de l’Homme, qui sera bien plus tard confronté à son aboutissement suprême, l’intelligence artificielle (représenté par l’iconique ordinateur HAL 900), qui tente à son tour de se débarrasser de son créateur. Dans l’espace, loin de tout spectaculaire habituel au genre avant ou après la sortie du film, les décors et maquettes reproduisent avec une authenticité scientifique (grâce à l’assistance de la NASA) et une virtuosité technique minutieuses les voyages, les vaisseaux, les appareils, la gravité, l’intelligence artificielle, au point de n’avoir pas vieilli plus de quarante ans après sa sortie – et ce un an avant le premier voyage de l‘homme sur la Lune. Outre les plans à couper le souffle (comme d’habitude avec Kubrick, photographe professionnel avant de devenir cinéaste) et une célébrissime bande-son (Richard Strauss, Johan Strauss fils, György Ligeti), c’est surtout l’inépuisable discours métaphysique, dialectique et cryptique qui fascine autant les générations de cinéphiles, justement parce qu’il n’en donne pas de réponses et qu’il laisse les interprétations ouvertes (contrairement à Clarke). Plus qu’un chef d’œuvre du cinéma, 2001 est une œuvre culturelle maîtresse du XXème siècle à la profondeur philosophique intacte.

 xl_4109-affiche-film-l-annee-du-premier-contact-2010

– 21h30 : 2010 : L’année du premier contact (Peter Hyams – 1984 – 116 minutes)

avec Roy Scheider, John Lithgow, Helen Mirren, Bob Balaban, Keir Dullea, Douglas Rain

Neuf ans après l’incident de HAL 900 sur le vaisseau Discovery, un vaisseau constitué d’américains et de soviétiques part pour le ramener sur Terre et tenter de comprendre ce qu’il s’est passé.

Donner une suite à 2001 était impensable, et bien peu sont d’ailleurs au courant de l’existence de 2010, laissé dans l’ombre cinématographique de son imposant ainé. En 1982, Arthur C. Clarke écrit une suite à 2001, 2010 : Odysée deux. Peter Hyams en réalise l’adaptation cinématographique en 1984, avec l’accord de Kubrick. Mais ce dernier avait détruit à la fin du tournage de 2001 les décors, maquettes et costumes, qui ont tous dû être recréés pour cette suite, et plutôt brillamment puisque 2010 a été nominé aux Oscars de la meilleur direction artistique, meilleurs costumes, meilleurs effets visuels, meilleurs maquillages et meilleur son. Autant le dire tout de suite, 2010 ne rivalise pas en beauté, profondeur et innovation technique ; mais pour autant c’est tout sauf un mauvais film. Moins métaphysique et plus concret, sur un scénario et un suspens bien ficelés, il suit la vision de Clarke, en expliquant certains mystères de 2001 tout en abordant d’autres thèmes liés à l’humanité et la coopération humaine, sur fond de guerre froide. En somme, un bon film de science-fiction, cette fois-ci bien plus clarkien que kubrickien. Enfin, Clarke écrira encore deux suites : 2061 : Odyssée trois (1988) et 3001 : l’Odyssée finale (1997).

19 mai : Ciné-club : Le Festin Nu (1991)

Une adaptation dessinée du film, adapté du livre, projeté au Ciné Club du bar dont le nom est adapté du titre du livre et du film.

naked-lunch

Murmuré depuis plusieurs semaines, Le Festin Nu inaugure enfin son ciné-club hebdomadaire ! Au programme : des films cultes, ou qui gagneraient à le devenir, en passant par des films de genre.

942772_500725553316194_339919798_n

– 21h : Le Festin Nu (David Cronenberg – 1991 – 115 minutes)

avec Peter Weller, Judy Davis, Ian Holm, Roy Scheider

Ne nous pouvions pas ne pas commencer par le film de David Cronenberg, Le Festin Nu ! Le roman de William Burroughs était réputé inadaptable (à juste titre), et Cronenberg a brillamment échappé au piège d’une adaptation littérale, en choisissant plutôt de restituer l’univers mental de l’auteur, mélangeant biographie,hallucinations, paranoïa et création littéraire. On comprend mieux que l’exercice soit aussi réussi quand on sait que Burroughs en co-signe le scénario avec Cronenberg. A noter enfin que l’auteur est incarné à l’écran par Peter Weller, alias… Robocop !

En outre, des vidéos autour de William Burroughs et de ses amis de la beat generation seront projetées avant la séance.