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3 décembre 2017 : Ciné-club Science-fiction bis : A des millions de kilomètres de la Terre (1957) – Métal Hurlant (1981)

– 19h : A des millions de kilomètres de la Terre (Nathan Juran – 1957 – 82 minutes)

avec William Hopper, Joan Taylor, Frank Puglia, Tito Vuolo, Arthur Space

Un vaisseau spatial humain revenant de Venus s’écrase en Sicile, libérant un monstre qui ne cesse de grandir et de semer la panique !

La science-fiction était très à la mode dans les années 50, avec son lot d’histoires sensationnelles liées à l’espace et aux extra-terrestres. Dans la droite lignée de King Kong (1933) et surtout du récent Godzilla (1954) qui avait fait sensation, A des millions de kilomètres de la Terre propose une version américaine de monstre destructeur : ainsi le vénusien Ymir effraie la population, tient tête à l’armée, combat un éléphant et détruit des vestiges romains (Colisée, pont Saint-Ange) pour le plus grand plaisir du spectateur. Tourné en Italie et en Californie, le film repose avant tout sur les prodigieux effets spéciaux de l’immense Ray Harryhausen (Jason et les Argonautes, Le Choc des Titans), qui animait image par image la créature. Il est d’ailleurs considéré comme le réalisateur officieux de ses films, tant ils sont centrés sur son travail. Outre la prouesse technique des mouvements naturels et détaillés (surpassant ses précédents films Le Monstre de temps perdus ou Le Monstre vient de la mer), il insuffle au monstre une personnalité subtile et touchante, puisqu’au final il n’a rien demandé à personne et se retrouve à se défendre des persécutions humaines après avoir été ramené sur Terre. Ces effets spéciaux artisanaux donnent une authenticité et une magie qui bien des blockbusters à images de synthèse n’effleurent pas. Ray Harryhausen enchaînera l’année suivante sur Le Septième voyage de Sinbad (qui connaîtra deux suites).

– 21h : Métal Hurlant (Gerald Potterson – 1981 – 90 minutes)

Une mystérieuse et malfaisante sphère verte apporte la destruction dans différents endroits de l’univers.

La revue française Métal Hurlant, créée en 1975 par Jean-Pierre Dionnet, Moebius et Druillet, avait révolutionné la bande-dessinée, avec ses histoires de science-fiction, parfois teintées d’heroic fantasy ou d’érotisme soft, pour public adolescent et adulte. Une version américaine a vu le jour en 1977, Heavy Metal, provoquant le même impact. C’est ainsi qu’Ivan Reitman (SOS Fantômes) décide de produire une adaptation animée pour le cinéma. Le film Metal Hurlant prend la forme de plusieurs courts-métrages aux styles graphiques narratifs distincts (réalisés par des équipes différentes). Si les histoires sont reliés par le fil conducteur d’une mystérieuse sphère verte (le Loc-Nar), on retrouve le même univers hors-normes, humoristique, sexy et rock’n’roll. La bande-son est justement constitué de chansons rock ou hard rock signés Black Sabbath, Blue Oyster Cult, Grand Funk Railroad, Cheap Trick, Trust, Devo, et bien d’autres. Film culte et sans précédent dans le genre, Métal Hurlant est sans doute le dernier représentant de la contre-culture américaine sixties-seventies, avant l’ère conservatrice de Ronald Regan. Son esthétique, animation et ambiance ambitieuses influenceront des films comme Mad Max, Blade Runner ou Le Cinquième élément. Il connaîtra une suite (Heavy Metal 2000) et une série télévisée franco-belge en prises de vue réelles en 2012 (Métal Hurlant Chronicles).

19 novembre : Ciné-club Invisible : L’Homme invisible (1933) – Hollow man (2000)

L'HOMME INVISIBLE

– 19h : L’Homme invisible (James Whale – 1933 – 72 minutes)

avec Claude Rains, Gloria Stuart, W. M. Harrigan, Dudley Digges, Una O’Connor, Henry Travers, Forrester Harvey

Un scientifique réussit à se rendre invisible, mais travaille sur une formule qui en inverserait les effets. Il s’isole ainsi dans un village pour poursuivre ses recherches, mais finit par attirer l’attention sur lui.

Le succès de Dracula en 1931 lança une vague de films de monstres produits par le studio Universal, les Universal Monsters, notamment Frankenstein (1931), La Momie (1932), et plus tard Le Loup-Garou (1941), L’Etrange créature du lac noir (1954), avec leur multiples suites respectives. Le brillant James Whale (Frankenstein) est choisi pour adapter le roman de H. G. Wells, L’Homme invisible (1897). L’histoire montre un scientifique mégalo qui développe une soif de pouvoir avec son invisibilité et terrorise la population. Le film est d’une grande modernité narrative (le sentiment de paranoïa qui se diffuse dans la société) et visuelle, en présentant non seulement l’image iconique d’un homme recouvert de bandages mais surtout des effets spéciaux impressionnants, comme des traces de pas qui se forment dans la neige et un homme invisible partiellement vêtu qui se déplace au milieu d’autres acteurs. Il s’agit du premier rôle de Claude Rains, acteur anglais de théâtre à la voix charismatique dont on ne verra le visage que dans la dernière scène !  Il deviendra par la suite une grande star (Casablanca, Le Fantôme de l’Opéra, Les Enchaînés d’Hitchcock). James Whale quant à lui réalisera ensuite La Fiancée de Frankenstein (considéré comme meilleur que l’original). Grand succès à sa sortie (l’un des plus rentables de la décennie), L’Homme invisible est devenu un classique du cinéma fantastique, et a connu cinq suites dans les années 40, pas moins de sept séries télévisées, et un remake par John Carpenter en 1992.

HOLLOWMAN - L'HOMME SANS OMBRE

– 21h : Hollow man : l’homme sans ombre (Paul Verhoeven – 2000 – 119 minutes)

avec Kevin Bacon, Elisabeth Shue, Josh Brolin, Kim Dickens, Greg Grunberg, Joey Slotnick, Mary Randle, William Devane

Une équipe de scientifiques financée par le Pentagone travaille à rendre par injection des animaux invisibles. Son  chef de projet mégalo veut être le premier humain sur lequel réaliser l’expérience.

Le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven s’est bien imposé à Hollywood, grâce aux blockbusters Total recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Avec Hollow man, il revisite le mythe de l’homme invisible en le mettant à jour dans notre société moderne (le savant fou solitaire est très justement transposé en chef d’équipe financée par le Pentagone à des fins militaires) avec des effets spéciaux derniers cris. Ceux-ci sont absolument impressionnants, que ce soit les séquences de disparition physique couche par couche (dépouillant le corps progressivement de sa peau, ses muscles, ses organes puis du squelette) ou quand l’homme invisible est discernable à travers la vapeur, dans l’eau ou aspergé de liquide. Leur budget représente rien de moins que la moitié de celui du film (95 millions de dollars), mais cela en valait la peine (nomination à l’Oscar des meilleur effets visuels). Mais au-delà de l’aspect visuel, Verhoeven propose bien sûr ses obsessions subversives habituelles grâce au fantasme universel de l’invisibilité, avec la transformation psychologique d’un homme qui échappe aux règles de la société et développe un sentiment de toute puissance, notamment en matière de pulsions sexuelles. Hollow man bascule ensuite dans sa seconde partie en thriller sanglant et pyrotechnique à huis clos, et Verhoeven mène efficacement le spectacle et l’action, soutenu par la partition du fidèle Jerry Goldsmith (Total recall, Basinc Instinct, Alien, Rambo).

10 septembre 2017 : Ciné-club Extraterrestres : Invasion Los Angeles (1988) – Rencontres du troisième type (1977)

INVASION LOS ANGELES

– 19h : Invasion Los Angeles (John Carpenter – 1988 – 94 minutes)

avec Roddy Piper, Keith David, Meg Foster

Un SDF découvre par hasard des lunettes spéciales qui lui révèlent une autre facette de la réalité : l’humanité est infiltrée par des extraterrestres.

Depuis l’échec commercial des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, John Carpenter s’est tourné vers le cinéma indépendant à plus faible budget mais avec un total contrôle créatif. Il adapte ainsi un comics écrit par Ray Nelson sur une invasion d’extraterrestres déguisés en humain, reprenant l’ambiance paranoïaque de L’Invasion des profanateurs de sépulture. Tourné en deux mois, Invasion Los Angeles, sous ses allures de série B d’action, est une critique féroce de l’Amérique de Ronald Reagan, de son libéralisme économique sauvage et de sa théorie du ruissèlement, qui veut qu’en permettant aux riches de faire des affaires sans entraves, les pauvres finiront bien par en profiter… Ici les extraterrestres, sous forme de yuppies, dirigent la politique et l’économie en inondant la société de messages subliminaux (obéis, achète, procréé, etc.), tandis que les SDF survivent comme ils peuvent. Le SDF héros du film n’est autre que le lutteur Roddy Piper, ce qui va donner lieu à une mythique scène de baston avec son acolyte Keith David (qui jouait déjà dans The Thing de Carpenter), longue de six minutes et délicieusement excessive (ayant tout de même nécessité un mois et demi de préparation physique). Comme d’habitude, Carpenter assure lui-même la musique du film. Invasion Los Angeles, avec son budget de quatre millions de dollars, en rapportera treize millions, et confirmera à Carpenter qu’il a plus de succès et de liberté dans le cinéma indépendant pour réaliser des films de révolte contre l’autorité, tout à fait visionnaires.

RENCONTRES DU TROISIEME TYPE

– 21h : Rencontres du troisième type (Steven Spielberg – 1977 – 137 minutes)

avec Richard Dreyfuss, Teri Garr, Melinda Dillon, François Truffaut

D’étranges événements se produisent : une escadrille de la Seconde Guerre mondiale est retrouvée intacte, un cargo dans le désert de Gobi, des pannes de courant et des formes volantes dans l’Indiana… Un spécialiste des OVNI est chargé de l’enquête.

Changement de registre pour Steven Spielberg : après deux thrillers, Duel et surtout le blockbuster multi-millionnaire Les Dents de la mer, il passe à la science-fiction. Mais pas la SF spectaculaire à la Star Wars (sorti quelques mois plus tôt) ou avec des aliens belliqueux comme durant la guerre froide,  puisqu’il aborde son sujet de manière réaliste, humaniste et pacifique. Rencontres du troisième type est ainsi le premier film à traiter serieusement de l’ufologie – J. Allen Hynek, l’inventeur de la classification d’observations des OVNI, est consultant technique sur le film et y fait même une apparition. Spielberg retrouve Richard Dreyfuss (Les Dents de la mer, American Graffiti), dans la peau d’un illuminé qui perçoit des phénomènes étranges. Le réalisateur en profite pour rendre hommage appuyé à François Truffaut en lui proposant le rôle du professeur respecté, ce dont il sera honoré et ce qui lui donnera une aura internationale. On n’échappera bien sûr pas à la signature grand public de Spielberg, mais le film est un grand succès, remporte les Oscars de la meilleure photographie (malgré onze directeurs de la photographie successifs !) et du montage des effets sonores (ainsi que sept nominations), et est devenu un classique, préfigurant le futur ET familial. A noter que Spielberg sortira deux nouveaux montages avec des scènes supplémentaires et de nouveaux effets spéciaux, en 1980 et 1998.

16 juillet 2017 : Ciné-club espace : Space Adventure Cobra : le film (1982) – Les Ailes d’Honnéamise (1987)

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– 19h : Space Adventure Cobra : le film (Osamu Dezaki – 1982 – 99 minutes)

Cobra le pirate de l’espace croise la route d’une chasseuse de prime, Jane, qui est avec ses deux autres sœurs la dernière descendante de la planète Milos. Une prophétie annonce qu’elles doivent tomber amoureuse du même homme pour espérer redonner vie à leur planète…

Avant de devenir une fameuse série animée de trente-et-un épisodes, la première adaptation du manga de Buichi Terasawa est un film d’animation, produit en 1982 par Tokyo Movie Shinsha avec un budget conséquent. On retrouve cependant la même équipe qui travaillera quelques mois plus tard sur la série, le duo Osamu Dezaki (réalisation) et Akio Sugino (dessins), qui a l’habitude de travailler ensemble (Lady Oscar, Rémi sans famille, L’Ile au trésor, Ashita no Joe). Le style graphique et la direction artistique futuriste sont donc déjà présents, donnant vie à un univers mélangeant space opera, règlements de compte à la western spaghetti, espionnage et séduction à la James Bond et érotisme psychédélique à la Barbarella. Rappelons que Cobra est officiellement inspiré par Jean-Paul Belmondo, aussi bien dans son visage que dans sa décontraction naturelle ! Particulièrement réussi et soigné, le film se distingue du manga et de la série en donnant une vraie profondeur émotionnelle aux personnages, devenant ainsi plus dramatique et onirique, tout en gardant ses séquences d’aventure et d’action. Après la série télévisée de 1982-1983, Cobra reviendra dans six OAV en 2008 et une nouvelle série en 2010. Alexandra Aja avait annoncé travailler à l’adaptation en film live, mais le projet semble abandonné. Cependant une nouvelle série animée est annoncée pour 2018, Return of Joe Gillian (un reboot de la saga du rugball).

LES AILES D'HONNEAMISE

– 21h : Les Ailes d’Honnéamise (Hiroyuki Yamaga – 1987 – 121 minutes)

Dans le royaume fictif Honnéamise, un programme militaire ambitionne d’envoyer pour la première fois un humain dans l’orbite spatiale. Mais le pays traverse une crise économique et politique…

Après deux court-métrage, le jeune (et futur mythique) studio d’animation Gainax se lance dans son premier long-métrage, une épopée de la conquête spatiale tout à fait rigoureuse et minutieuse, à la L’Etoffe des héros de Philip Kaufman. Le studio réalise d’abord un court-métrage pilote de cinq minutes pour trouver des financements, et séduit Bandai. Produit pour 360 millions de yens, Les Ailes d’Honnéamise est un des films d’animation les plus coûteux du Japon. Son ambition est à la hauteur : l’animation est d’une impressionnante fluidité, les décors sont fascinants de détails, la narration et la mise en scène n’ont rien à envier au cinéma traditionnel. La direction artistique est des plus singulières, car elle a cherché à réinventer nombre d’objets quotidiens de ce monde alternatif : les pièces de monnaie deviennent des barrettes, les télévisions sont rondes, etc. L’excellente bande-son a été confiée au grand musicien et compositeur Ryuichi Sakamoto (Furyo, Le Dernier Empereur, Talons aiguilles, The Revenant). Riche de sa poésie, de son humanisme et de son pacifisme, Les Ailes d’Honnéamise est un véritable joyau de l’animation japonaise, et est le premier d’une longue lignée de classiques signés Gainax : Gunbuster, Nadia et le secret de l’eau bleue, et l’incontournable Neon Genesis Evangelion, pierre angulaire du genre.

11 juin 2017 : Ciné-club Folles histoires de Mel Brooks : La Folle histoire du monde (1981) – La Folle histoire de l’espace (1987)

LA FOLLE HISTOIRE DU MONDE

– 19h : La Folle histoire du monde (Mel Brooks – 1981 – 92 minutes)

avec Mel Brooks, Dom DeLuise, Madeline Kahn, Harvey Korman, Cloris Leachman, Ron Carey, Gregory Hines, Pamela Stephenson, Andreas Voutsinas, Shecky Greene, Sid Caesar, Mary-Margaret Humes, Orson Welles

Les différents âges de l’humanité revus et corrigés !

Entre Woody Allen et les Monty Python, Mel Brooks est un des grands trublions américains, à l’humour juif new-yorkais – parfois excessif ! Après la série télévisée Max la menace, il tourne plusieurs comédies cultes avec son acteur fétiche Gene Wilder, comme Les Producteurs, Le Shérif est en prison ou Frankenstein Junior. Dans La Folle histoire du monde, il revisite de manière déjantée plusieurs époques de l’Histoire (avec comme narrateur Orson Welles) : l’âge de pierre (parodiant 2001 l’Odyssée de l’espace), les périodes biblique et romaine (rappelant La Vie de Brian des Monty Python), l’Inquisition espagnole (une comédie musicale) et la Révolution française (avec sa partie d’échecs grandeur nature). Le film se termine par la fausse bande-annonce de La Folle histoire du monde II, avec Hitler on ice ou les juifs dans l’espace ! A noter que la chanson « It’s Good To Be The King Rap » (dite par Louis XVI) est sortie en single et est devenue un gros succès, atteignant la seconde place du hit-parade en France !

LA FOLLE HISTOIRE DE L'ESPACE

– 21h : La Folle histoire de l’espace (Mel Brooks – 1987 – 96 minutes)

avec Mel Brooks, John Candy, Rock Moranis, Bill Pullman, Daphne Zuniga, Dick Van Patten, George Wyner, Joan Rivers, John Hurt

Yop Solo et Gerbe vont sauver la princesse Vespa du redoutable Lord Casque Noir afin de toucher la prime et rembourser l’argent qu’ils doivent à Pizza the Hutt.

La Folle histoire du monde se terminait dans l’espace. Pour son film suivant, dix ans après la sortie de Star Wars, Mel Brooks signe une parodie délirante de la célèbre trilogie de science-fiction, en reprenant sa trame principale et ses personnages. Yop Solo cumule les rôles de Han Solo et Luke Skywalker, Gerbe est un chiomme (mi-homme mi-chien), Jabba the Hutt devient une pizza, Dark Vador (joué par Rick Moranis) est flanqué d’un énorme casque qui génère de nombreux gags, tandis que Yaourt apprend à utiliser la Schwartz (et non la Force !) et se moque du merchandising ! Mel Brooks a même embauché l’équipe technique de Star Wars pour réaliser les effets spéciaux et la maquette du vaisseau SpaceBall One. Mais la parodie ne se limite pas à la saga de George Lucas, Mel Brooks glisse des références à bien d’autres classiques de science-fiction tels que Star Trek, Alien (avec même une apparition de John Hurt !), Transformers, La Planète des singes, ou même Rambo, Indiana Jones, Blanche Neige et les sept nains, Le Pont de la rivière Kwai. Succès commercial, La Folle histoire de l’espace a d’ailleurs connu une adaptation en série animée pas plus tard qu’en 2008.

4 juin 2017 : Ciné-club Suites par Ted Post : Le Secret de la planète des singes (1970) – Magnum force (1973)

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– 19h : Le Secret de la planète des singes (Ted Post – 1970 – 94 minutes)

avec James Franciscus, Charlton Heston, Kim Hunter, Maurice Evans, Linda Harrison, Paul Richards, Victor Buono, James Gregory, Jeff Corey, Natalie Trundy, Thomas Gomez

Sans nouvelles du vaisseau de Taylor, la NASA envoie un autre équipage à sa recherche. Il s’écrase à son tour sur la planète des singes. Ces derniers sont sur le point de lancer une expédition dans la zone interdite…

A sa sortie en 1968, La Planète des singes (adapté du roman Pierre Boulle) était un événement commercial et critique, appelé à devenir un classique de la science-fiction. Une suite est mise en chantier – ce qui n’était pas du tout la norme des succès de l’époque – avec un réalisateur de télévision aux commandes, Ted Post. Charlton Heston y était opposé, mais accepte d’y jouer un petit rôle (gratuitement !) par loyauté envers le producteur Zanuck. Là où le premier épisode insistait sur le message de tolérance et d’humanisme contre le racisme, Le Secret de la planète des singes se concentre plus sur les dangers de la bombe atomique, en plein guerre froide – les manifestations de singes pacifistes ne sont pas sans rappeler les contestations étudiantes contre la guerre du Vietnam. A noter des séquences avec une secte de mutants qui donnent un film un parfum délicieusement série B (si ce n’est Z) ! Avec son faible budget, le film reprend des décors et costumes du premier épisode, mais sera quand même un succès, permettant à trois autres suites d’être mises en chantier jusqu’en 1973 ainsi que deux séries télévisées, avant le remake de Tim Burton en 2001.

MAGNUM FORCE

– 21h : Magnum force (Ted Post – 1973 – 124 minutes)

avec Clint Eastwood, Hal Holbrook, Mitchell Ryan, David Soul, Felton Perry, Robert Urich

A San Francisco, l’inspecteur Harry Callahan est confronté à une bande de policiers qui exécutent eux-mêmes les délinquants qui échappent aux tribunaux.

Dirty Harry (L’Inspecteur Harry) avait été un grand succès, définissant la personnalité et le style général des rôles de Clint Eastwood, un dur aux méthodes expéditives qui agit malgré tout pour le bien et la justice. Le film était même devenu un phénomène de société, accusé par certains critiques de prôner un durcissement fasciste de la lutte contre le crime après les dérives des sixties hippies. Le scénario de sa suite, Magnum Force, commencé par John Milius (Conan le barbare) et terminé par Michael Cimino (Voyage au bout de l’enfer), s’attaque judicieusement à cette polémique, en mettant l’inspecteur Harry aux prises avec un groupuscule de policiers fascisants rendant la justice eux-mêmes là où les tribunaux relâchent les criminels pour vices de forme ou manque de preuve. Après avoir été trop musclé avec un serial killer gauchisant dans le premier épisode, voilà Harry accusé d’être trop doux par les policiers droitisant ! Le héros est ainsi replacé au centre entre deux extrêmes – son véritable ennemi étant en réalité les procédures bureaucratiques freinant l’enquête et la justice. Magnum force reprend ainsi les ingrédients savoureux du précédent volet – on retrouve le grand Lalo Schiffrin avec sa bande-son jazz-funk – tout en arrondissant les angles. L’inspecteur Harry connaitra encore trois autres suites, tandis que Clint Eastwood poursuivra sa collaboration avec Michael Cimino en tournant dans son polar Le Canardeur en 1974.

18 décembre : Ciné-club Ciné-Bazar / Science-fiction par Paul Verhoeven : Robocop (1987) – Starship Troopers (1997)

Soirée spéciale à l’occasion de la sortie du quatrième numéro de la revue Ciné-Bazar, qui consacre un dossier à Paul Verhoeven. Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

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– 19h : Robocop (Paul Verhoeven – 1987 – 102 minutes)

avec Peter Weller, Nancy Allen, Daniel O’Herlihy, Ronny Cox, Kurtwood Smith, Miguel Ferrer, Paul McCrane, Ray Wise, Robert DoQui

A Detroit, face à une criminalité explosive, la sécurité civile est en train d’être privatisée à l’entreprise OCP. Elle met au point Robocop, un policier mort au service transformé en puissant robot.

Steven Spielberg conseillait depuis longtemps au néerlandais Paul Verhoeven d’émigrer aux Etats-Unis, pour sa plus grande facilité de financement de films. C’est ainsi que la femme du cinéaste lui suggère de réaliser Robocop, beaucoup refusé dans le milieu à cause de son apparence simpliste et commerciale, à commencer par le titre. Mais le fourbe Verhoeven a plus d’une idée en tête pour le détourner et ajouter des niveaux de lecture plus subtils, critiques et subversifs. Le film est en réalité une féroce satire sociale et politique des années Reagan comme seul un européen pouvait la faire : vulgaires, superficielles et proto-fascistes où règnent l’argent, le pouvoir et la corruption, constamment tournée en dérision. Il donne une vision cynique et objective de la violence, explosive et sanglante, exagérée jusqu’au grotesque pour à la fois faire passer la pilule tout en réveillant les consciences endormies par les blockbusters d’action. Inspirée autant par Metropolis que par Le Jour où la Terre s’arrêta, le personnage de Robocop – à l’évidente symbolique christique de mort et résurrection pour sauver son prochain – est devenu un des grands héros de la pop culture, dont le design et l’armure ont été élaborés par le fameux prothésiste et maquilleur Rob Bottin (Fog, Hurlements, The Thing, Total Recall). Peter Weller (Le Festin Nu) a su lui donner une présence et une démarche si caractéristiques, en dépit de la pénibilité de son costume (si lourd et si chaud qu’il en a perdu des kilos !). Le tournage fut désastreux, difficile et conflictuel, dépassant son budget son planning, mais cela n’a pas empêché Robocop de devenir un des grands succès des années 80, qui sera décliné en deux suites, deux dessins animés, une série télévisée, quatre téléfilms et un remake. Verhoeven considère encore qu’il s’agit de son meilleur film américain.

– 21h : Starship Troopers (Paul Verhoeven – 1997 – 129 minutes)

avec Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards, Jake Busey, Neil Patrick Harris, Patrick Muldoon, Michael Ironside, Clancy Brown, Seth Gilliam

Des jeunes diplômés s’engagent dans un service militaire de deux ans, donnant droit au statut de Citoyen, alors que la Terre mène une guerre intergalactique contre des insectes extra-terrestres géants. Johnny Rico le fait pour plaire à sa petite amie et se retrouve dans l’infanterie, tandis que celle-ci s’est engagée dans la marine spatiale avec le rival de Rico.

Au bout de dix ans de carrière à Hollywood (Totall Recall, Basic Instinct, Showgirls), Paul Verhoeven se lance dans une nouvelle farce politique d’une ampleur et d’une violence inégalées, en adaptant librement un livre de science-fiction de 1959 (il en prend d’ailleurs le contre-pied). Rarement Hollywood n’aura accouché d’un film aussi subversif, qui plus est à ses dépens ! Car Starship Troopers se révèle être en fait une parodie de blockbuster, une satire contre le militarisme, le patriotisme aveugle et la propagande manipulatrice du Bien. Mais avec son budget d’une centaine de millions de dollars, ses effets spéciaux saisissants (nommés à l’Oscar), ses acteurs beaux et niais comme dans des sitcoms (Casper Van Dien et Dina Meyer viennent de Beverley Hills 90210, Denise Richards et Patrick Muldoon de Melrose Place, et Neil Patrick Harris de Docteur Doogie, des années avant How I met you mother !) et ses séquences spectaculaires de navigation spatiale et de guerres sanglantes, les critiques de l’époque l’ont pris au premier degré et l’a descendu comme un film fasciste – ce qu’il entendait précisément dénoncer… Ce n’est pourtant pas faute de Verhoeven d’avoir oublié son humour burlesque dans les dialogues, les explosions de têtes et ses flashs d’informations grotesques (dans la droite lignée de ceux de Robocop). Mais le temps a fini par réparer son erreur et a réévalué Starship Troopers comme un chef d’œuvre titanesque et complexe, entre Star Wars et Full Metal Jacket. Trois suites sortiront directement en vidéo, preuve de leur intérêt négligeable, ainsi qu’une série télévisée en images de synthèse.

28 février : Ciné-club Animation japonaise ’06 : Paprika (2006) – Amer Béton (2006)

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– 19h : Paprika (Satoshi Kon – 2006 – 90 minutes)

avec les voix de Megumi Hayashibara, Toru Emori, Katsunosuke Hori, Toru Furuya

Une machine a été inventée pour rentrer dans les rêves des patients et les enregistrer, à des fins psychothérapeutiques. Mais un prototype a été volé…

Satoshi Kon est un des réalisateurs d’animation japonaise les plus réputés avec Katsuhiro Otomo (Akira) ou Mamoru Oshii (Ghost In The Shell), signant des films bien plus adultes et sombres que le Studio Ghibli d’Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier long-métrage, Perfect Blue (1997), abordait déjà les thèmes de confusion entre réalité et illusion et de personnalités multiples. Neuf ans plus tard, Kon les retrouve avec à une machine permettant d’explorer les rêves et de les manipuler, en adaptant un roman de science-fiction de Yasutaka Tsutsui. L’univers narratif et visuel est riche et sans limite, surréaliste et psychédélique, à travers un polar labyrinthique mêlant animation traditionnelle et numérique. Présenté à la Mostra de Venise en sélection officielle, Paprika a reçu de nombreux prix dans le monde entier. C’est aussi une influence évidente et avouée de Christopher Nolan pour Inception (2010), thriller onirique similaire. Malheureusement, ce sera le dernier long-métrage de Satoshi Kon, disparu trop tôt à 46 ans suite à un cancer.

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– 21h : Amer Béton (Michael Arias & Hiroaki Ando – 2006 – 110 minutes)

avec les voix de Kazunari Ninomiya, Yu Aoi, Min Tanaka, Yusuke Iseya, Masahiro Motoki

L’arrivée de yakuzas qui veulent contrôler un quartier va modifier la vie de deux orphelins, qui vont chercher à le défendre.

Adapté d’un manga de Taiyo Matsumoto, Amer Béton est un film d’animation japonaise tout à fait hors-normes, fruit de quarante mois de travail. D’abord il est réalisé par un occidental, Michael Arias (une première pour le genre ! Hiroaki Ando ne s’occupant que de la réalisation technique), qui avait déjà produit Animatrix (collection de courts-métrages d’animation autour de Matrix) et qui projetait cette adaptation pendant des années. De plus son graphisme et son ambiance sont bien plus proches du roman graphique et du film d’auteur que des anime d’action ou des contes grands publics auxquels l’animation japonaise donne l’habitude. Alliant diverses techniques d’animation (dessin, 3D, pastel, etc.), le film est une prouesse technique impressionnante, à commencer par ses décors urbains. Quasiment personnage à part entière du film (et un des thèmes centraux), cette jungle architecturale en décrépitude accumule des figures hétérogènes allant du street-art aux statues religieuses orientales. La musique alterne hip-hop et atmosphérique, composée par le groupe électronique anglais Plaid (qui a travaillé avec Portishead ou Bjork). Amer Béton est enfin une histoire d’amitié fusionnelle et poétique entre deux orphelins qui se sont construits l’un par rapport à l’autre, comme le yin et le yang. Présenté à plusieurs festivals (dont la Berlinale), ce film audacieux et inclassable a été salué par la critique.