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19 juillet : Science-fiction par John Carpenter

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– 19h : Dark Star (John Carpenter – 1974 – 83 minutes)

avec Brian Narelle, Dre Pahich, Cal Cuniholm, Dan O’Bannon, Joe Saunders, Nick Castle

Le Dark Star est un vaisseau spatial chargé de détruire les planètes risquant de dévier de leur orbite et de provoquer une supernova. Mais alors qu’il s’apprête à lancer une nouvelle bombe, une avarie se produit dans le vaisseau…

A vingt-cinq ans, John Carpenter tourne un moyen-métrage de fin d’études de quarante-cinq minutes qui sera ensuite complété grâce à l’apport d’un distributeur. On ne peut pas ne pas remarquer que Dark Star est un film fauché de soixante mille dollars, mais il a marqué à plus d’un titre le cinéma de science-fiction. Ecrit par Carpenter (qui signe déjà la musique, comme pour ses futurs films) et Dan O’Bannon (qui joue dedans), le film se veut une parodie bourrée d’humour de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, avec ses astronautes seventies barbus et chevelus qui s’ennuient, la voix monocorde (mais féminine) de l’ordinateur du vaisseau, la dialectique rigide et philosophique de l’intelligence artificielle de la bombe qui entame par erreur son compte à rebours avant destruction alors qu’une panne l’empêche d’être détachée du vaisseau ! Mais plus qu’une parodie, Dark Star est la matrice de la science-fiction hollywoodienne, Dan O’Bannon allant plus tard signer le scénario d’Alien de Ridley Scott, autre huis clos spatial. De plus, la faiblesse du budget effets spéciaux n’empêche pas Dark Star d’inventer le procédé optique de la vitesse lumière, l’hyperdrive, repris à l’identique dans Star Wars trois ans plus tard. Cousin de THX 1138 de Georges Lucas dont l’ambition dépassait de loin le budget, Dark Star est un film admirablement visionnaire dont l’écriture, les cadrages et les images (cette planche de surf dans l’espace !) compensent facilement le rythme inégal et la maigreur des décors.

STARMAN

– 21h : Starman (John Carpenter – 1984 – 115 minutes)

avec Jeff Bridges, Karen Allen, Charles Martin Smith, Richard Jaeckel

Un extra-terrestre arrive sur Terre et prend les traits du mari décédé d’une jeune veuve.

Après l’échec commercial de The Thing, John Carpenter accepta une commande pour restaurer sa crédibilité auprès des studios hollywoodiens. Il s’agit donc d’un des rares films où il ne signe ni la musique (remplacé par Jack Nitzsche, nominé au Golden Globe de la meilleur musique, collaborateur clef de Phil Spector, Neil Young ou des Rolling Stones), ni le scénario. Celui-ci a en effet été développé par la Columbia en même temps que celui d’E.T. sur le même thème de la visite d’un extra-terrestre pacifique. Produit par Michael Douglas, Starman est un road-movie romantique autour d’une veuve et d’une copie de son mari défunt qui apprivoise son humanité, tandis que les différents personnages croisés sur la route ou le FBI lancé à leur trousse nous dépeignent la bêtise et la méchanceté des humains. Jeff Bridges remporta le Saturn Awards du meilleur acteur et fut nommé à l’Oscar et aux Golden Globes, tandis que le film fut nommé aux Saturn Awards du meilleur film de science-fiction, tout comme l’actrice principale Karen Allen, à l’interprétation particulièrement juste. Le succès du film donna lieu à une suite sous forme de série télévisée. Carpenter fut ainsi remis sur les rails, mais pas pour longtemps, puisque son film suivant (Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin) fut un tel échec qu’il quitta Hollywood pour le cinéma indépendant.

31 mai : Ciné-club Paul Verhoeven / Sharon Stone

TOTAL RECALL

– 19h : Total Recall (Paul Verhoeven – 1990 – 113 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox

Douglas Quaid rêve régulièrement qu’il explore la planète Mars, et souhaite ardemment y aller. Il accepte donc que la société Rekall lui implante dans sa mémoire des souvenirs factices de vacances sur Mars. Mais l’opération va réveiller de véritables souvenirs qui auraient dû rester cachés…

Un des grands classiques de la science-fiction, adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick. Raison de plus pour regarder le film avec un verre de Gamma Ray, l’excellente American Pale Ale de la brasserie anglaise Beavertown, la bière par excellence aux couleurs de la science-fiction : son étiquette montre des combats de squelettes spationautes et de soucoupes volantes à coup de rayons laser sur fond de paysage martien !

 BASIC INSTINCT

– 21h : Basic Instinct (Paul Verhoeven – 1992 – 128 minutes)

avec Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn, Denis Arndt, Leilani Sarelle

Une ex-rock star est retrouvé poignardée dans son lit. Les soupçons se portent sur sa petite amie, qui développe un comportement ambigu avec l’inspecteur qui mène l’enquête.

Un thriller culte, sulfureux et diabolique, qui fit de Sharon Stone un des grands sex-symbols des années 90. On pourra donc suivre l’enquête, en dégustant la bien-nommée Violent Femme, une excellente bière saison des italiens Ducato !

26 avril : Ciné-club science-fiction avec Charlton Heston

SOLEIL VERT

– 19h : Soleil Vert (Richard Fleischer – 1973 – 97 minutes)

avec Charlton Heston, Edward G. Robinson, Joseph Cotten, Leigh Taylor-Young, Chuck Connors, Brock Peters, Paula Kelly

En 2022 dans un monde pollué, dévasté et surpeuplé, un inspecteur mène l’enquête sur la mort d’un haut dirigeant de la seule entreprise commercialisant de la nourriture.

Adapté d’un roman Harry Harrison, Soleil Vert est un terrifiant film d’anticipation futuriste. Le monde décrit est à bout de souffle, en plein désastre écologique. Les gens s’entassent dans la rue ou les cages d’escaliers, la chaleur est étouffante, la nature a disparu, les émeutes sont calmées à l’aide de pelleteuses, les jeunes ne connaissent pas d’autres nourriture que le « soleil vert », tablette synthétique. Le fossé avec la caste des riches est immense : ils vivent dans de luxueux immeubles dont les femmes font office de « fourniture », ils ont encore accès à de la vraie nourriture cultivée dans des forteresses. C’est la mort de l’un d’eux qui va donner lieu à une enquête, qui mènera à la révélation du plus atroce des scandales. Après La Planète des singes et Le Survivant (dont Je suis une légende avec Will Smith est le remake), Charlton Heston est à nouveau le héros d’un classique de la science-fiction, à l’univers brillamment écrit et mis en forme, avec comme conseiller technique le président de American Academy for Environmental Protection), réalisé par le prolifique et varié Richard Fleischer (Les Inconnus dans la ville, L’Etrangleur de Boston, Kalidor). Le film est le 101e et dernier rôle du prestigieux Edward G. Robinson (Le Petit César, Assurance sur la mort, Le Kid de Cincinnati). Atteint d’un cancer, il décèdera peu après le tournage, ce qui rend sa dernière scène dans Soleil Vert aussi véridique que poignante. Grand Prix du Festival d’Avoriaz, le film porte un discours pessimiste et effrayant, aussi visionnaire qu’inquiétant, avec une émouvante nostalgie pour un monde naturel disparu. Les dérèglements climatiques actuels n’ont pas entamé son propos sur l’urgence écologique.

 LA PLANETE DES SINGES

– 21h : La Planète des singes (Franklin J. Schaffner – 1968 – 112 minutes)

avec Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Maurice Evans, James Whitmore, James Daly, Linda Harrison

Un vaisseau d’astronautes fait naufrage sur une planète où les singes ont pris le pouvoir.

La Planète des singes est la première franchise de science-fiction, bien avant Star Wars. Son succès commercial fut immense, donnant lieu à quatre suites, deux séries télévisées (dont une en dessin animé) et de nombreux jouets et produits dérivés. Adapté d’un roman de Pierre Bulle (Le Pont de la rivière Kwaï) avec la collaboration du génial Rod Serling au scénario (La Quatrième Dimension, série culte des années 60), le film montre une planète où les singes est l’espèce la plus évoluée et domine les humains primitifs. Afin de contourner les barrières de la censure empêchant de traiter de politique ou de racisme, la science-fiction a souvent eu l’habitude de traiter ces sujets avec des extra-terrestres (comme dans Stark Trek). Outre la ségrégation, le créationnisme et l’obscurantisme religieux, c’est aussi la course au progrès et à l’armement nucléaire (guerre froide oblige), bref toute l’absurdité de notre monde qui est dénoncée par cet astucieux renversement où les humains ne sont que des animaux de laboratoire. Les masques créés pour le film (qui nécessitaient plusieurs heures de maquillage quotidien aux acteurs) doivent beaucoup à son succès, et ont fait remporter un Oscar d’honneur à son créateur. Cette saga d’aventure et de science-fiction est encore vivante aujourd’hui, avec un remake par Tim Burton en 2001 et deux suites en 2011 et 2014.

Ciné-club science-fiction par Robert Wise : Le Jour où la Terre s’arrêta (1951) – Star Trek, le film (1979)

LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA

– 19h : Le Jour où la Terre s’arrêta (Robert Wise – 1951 – 92 minutes)

avec Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Frances Bavier

Une soucoupe volante atterrit à Washington, avec à son bord un extra-terrestre et un puissant robot, venant apporter à l’humanité un message crucial.

Adapté d’une nouvelle d’Harry Bates, Le Jour où la Terre s’arrêta a marqué les esprits à sa sortie comme une des premières œuvres de science-fiction réaliste, passionnante et profonde. Le film s’inscrit en pleine guerre froide où régnait la peur d’une guerre nucléaire, en délivrant un message éthique, pacifique et antimilitariste, porté par un extra-terrestre au symbolisme christique. Tourné en studio et dans les rues de Washington, il est magistralement réalisé (avec de superbes jeux d’ombres) et idéalement rythmé. Il montre très bien, de manière quasi-documentaire, la panique de la population mondiale face à l’arrivée d’une soucoupe volante – allant jusqu’à engageant de véritables présentateurs pour tourner les scènes de journaux télévisés ! La musique de Bernard Herrmann (compositeur majeur d’Hitchcock, Scorsese, Welles, Truffaut, De Palma, etc.) contribue à l’aura du film, son utilisation inédite du thérémine donnant une impression de menace extra-terrestre est depuis devenu un cliché de la science-fiction old-school. La phrase extra-terrestre du film, « Klaatu barado nikto », s’est retrouvée gravée dans la pop culture : elle donne son nom à des personnages de Star Wars, tandis qu’elle est réutilisée avec humour dans Evil Dead 3 pour invoquer l’armée des ténèbres. Le Jour où la Terre s’arrêta est un des grands classiques de la science-fiction, copié par beaucoup (Les Soucoupes volantes attaquent), cité (Rocky Horror Picture Show, Tron), parodié (l’ex-Beatles Ringo Starr pose avec le costume de Klaatu devant la soucoupe volante et le robot sur la pochette de son quatrième album solo, Goodnight Vienna), mais égalé par peu (et sûrement pas par son insipide remake de 2008 avec Keanu Reeves).

 STAR TREK LE FILM

– 21h : Star Trek, le film (Robert Wise – 1979 – 132 minutes)

Avec William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelly, Persis Khambatta, Stephen Collins, James Doohan, George Takei, Walter Koenig, Nichelle Nicholls, Majel Barrett,

Le capitaine Kirk retrouve le commandement du vaisseau USS Enterprise pour aller empêcher une mystérieuse, gigantesque et surpuissante entité spatiale qui détruit tout sur son passage et se dirige vers la Terre.

Star Trek est aujourd’hui une série culte, un des grands noms de l’histoire de la science-fiction, mais le succès ne fut pas immédiat, et la première série ne dura que trois saisons, de 1966 à 1969. Néanmoins la Paramount réfléchit à une nouvelle série, Phase II. Avec le succès colossal de Star Wars en 1977, le projet de pilote de cette série (qui ne verra jamais le jour) devient ce film, réalisé par l’éclectique et multi-Oscarisé Robert Wise (West Side Story, Le Coup de l’escalier, La Mélodie du bonheur), au scénario aussi complexe et philosophique que ceux de la série. L’ensemble du casting d’origine répond présent, avec des personnages emblématiques comme le capitaine Kirk, le fameux vulcain aux oreilles pointues Spock (malgré la réticence initiale de l’acteur) ou le docteur McCoy. Les mêmes décors furent réutilisés et modernisés, tandis qu’une maquette de 2,70 mètres du vaisseau USS Enterprise fut construit. Les effets spéciaux, impressionnants et psychédéliques, sont dus au pionnier Douglas Trumbull, qui avait supervisé ceux de 2001, l’Odyssée de l’espace (notamment la légendaire séquence de la porte des étoiles), Rencontres du troisième type ou Blade Runner, et fut une nominés aux Oscars (ainsi que la musique et la direction artistique). Le succès fut immense, et cela marqua surtout le point de départ d’une nouvelle vie pour la franchise Star Trek, avec cinq autres films avec le casting original, quatre nouvelles séries télévisées et six autres films (les deux derniers ont été réalisés par J. J. Abrams, le créateur de la série Lost, qui vient d’être engagé pour Star Wars VII) – et un nouveau doit sortir en 2016 !

Ciné-club science-fiction kitsch : Barbarella (1968) – Flash Gordon (1980)

Les points communs de Barbarella et Flash Gordon ? Tous deux sont des films adaptés de bande-dessinée, dans un univers de science-fiction. Et ils ont le même producteur, Dino De Laurentiis. Est-ce une coïncidence s’ils se savourent bien mieux au second degré qu’au premier ?

 Dimanche 27 avril 2014 :

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– 19h : Barbarella (Roger Vadim – 1968 – 98 minutes)

avec Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O’Shea, Ugo Tognazzi, David Hemmings

En l’an 40.000, alors que l’univers a oublié le concept de guerre, Barbarella doit retrouver le savant Durand Durand, qui vient de mettre au point une arme redoutable qui pourrait bouleverser la paix et l’équilibre de l’univers.

Barbarella est à l’origine une bande-dessinée française de Jean-Claude Forest, publiée à partir de 1962. Inspirée de Brigitte Bardot, l’héroïne est un archétype de guerrière amazone, évoluant dans un univers de science-fiction et sexy. Roger Vadim (Et Dieu… créa la femme, avec Brigitte Bardot) l’adapte en 1968 et donne le rôle-titre à son épouse de l’époque, Jane Fonda (fille d’Henry Fonda et sœur de Peter Fonda). Produit par Dino de Laurentiis (un italien habité des films de genre et de série B), tourné à Rome, le scénario (bourré d’humour) et la mise en scène de Barbarella ne soutiennent évidemment pas la comparaison avec les standards futurs de la science-fiction, mais son charme et son importance culturelle sont ailleurs. En effet, le film se révèle être un formidable musée de l’esthétique pop et psychédélique de l’époque : chaque scène est un prétexte à une prolifération de décors, costumes et objets inhabituels, colorés et extravagants, un régal permanent pour les yeux. Avec ses multiples tenues légères (signées Paco Rabanne), le personnage de Jane Fonda devient un des sex-symbols des années 60. Ce n’est d’ailleurs pas la seule star du casting : on croise Ugo Tognazzi (La Grande Bouffe, La Cage aux folles), David Hemmings (Blow Up), et Anita Pallenberg (compagne pendant dix ans de Keith Richards des Rolling Stones, qui tournera d’ailleurs avec Mick Jagger Performance en 1970). La bande-son est un mélange délicieux et discret de rock et de psychédélisme, à laquelle participe David Gilmour (guitariste de Pink Floyd). A noter aussi que le nom du méchant, Durand Durand, a inspiré le nom du groupe de new wave Duran Duran. L’irrésistible esthétique kitsch, sexy et psychédélique de Barbarella en a fait une icône pop des sixties, et ce n’est pas une surprise que des réalisateurs comme Robert Rodriguez (Machete) ou plus récemment Nicolas Winding Refn (Drive) ont annoncé travailler à la réalisation d’un remake.

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– 21h : Flash Gordon (Mike Hodges – 1980 – 112 minutes)

avec Sam J. Jones, Max von Sydow, Melody Anderson, Timothy Dalton, Topol, Ornella Muti

Pour sauver la Terre, le joueur de football Flash Gordon va combattre l’empereur Ming sur sa planète.

Flash Gordon est un comic américain créé par Alexander Gillepsie Raymond en 1934 – à qui l’on doit aussi Buck Rogers ou Dick Tracy (adapté au cinéma par et avec Warren Beatty en 1990). Immensément populaire aux Etats-Unis (traduit par Guy L’Eclair en France !), il a connu trois adaptations en serials (séries dont on allait voir au cinéma les épisodes, en première partie d’un film, avant l’apparition de la télévision) dans les années 30. Dans les années 70, George Lucas essaie de l’adapter au cinéma, mais comme les droits étaient déjà détenus par Dino De Laurentiis, il réalisera finalement Star Wars – l’histoire de la science-fiction a bien failli être bouleversée ! De son côté, De Laurentiis n’a pas réussi à convaincre Fellini de réaliser Flash Gordon, on se demande encore pourquoi… Tourné en Angleterre, cette adaptation de 1980 à gros budget mit le paquet dans les décors, costumes et effets spéciaux. Mais, ironie du sort, le film a beaucoup vieilli aujourd’hui, est devenu un classique du kitsch. Comme acteur principal on engagea un ancien des pages centrales de Playgirl (version féminine de Playboy pour ceux qui n’auraient pas compris), tandis que l’immense Max von Sydow joue le grand méchant, l’empereur Ming. Comme sa filmographie avec Ingmar Bergman (Le Septième Sceau, Les Fraises sauvages, La Source, etc.) semble loin ! Son costume pesant d’ailleurs plus de 30 kg, il ne pouvait le porter que quelques minutes, le temps de faire une prise à chaque fois ! Timothy Dalton parachève ce prestigieux casting, des années avant de jouer James Bond. Enfin la bande-son est signée Queen, qui ne dépareille pas avec l’esthétique du film, et dont sera issue leur single « Flash ». Si la surprise et la consternation accompagnent régulièrement le visionnage du film, elles sont toujours rapidement accompagnées d’hilarité et d’indulgence, comme pour toute série Z sympathique. Film culte, cette adaptation de Flash Gordon a été souvent citée dans d’autres films, série ou chansons, en faisant une icône pop involontaire. Le point culminant étant sans doute la fascination que les héros de Ted (2012) ont pour le film et l’acteur principal, au point que ce dernier y apparaisse et joue son propre rôle ! Ce regain de popularité ne doit pas être étranger à la décision de la Fox d’en faire un remake pour 2015. Mais deviendra-t-il aussi culte ?

Ciné-club science-fiction par Arthur C. Clarke : 2001, L’Odyssée de l’espace (1968) – 2010 : L’année du premier contact (1984)

Dimanche 2 février 2014 :

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– 19h : 2001, L’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick – 1968 – 148 minutes)

avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Douglas Rain, Daniel Richter, Leonard Rossiter

Un mystérieux monolithe noir apparaît à différents âges de l’humanité pour la faire évoluer.

Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke collaborent à l’écriture d’un scénario d’un film de science-fiction, basé sur la nouvelle La Sentinelle de Clarke. Suite à des désaccords, Clarke écrit de son côté sa propre vision de l’histoire, plus explicite, dans le livre 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), tandis que Kubrick poursuit la sienne dans le film du même nom. Métaphysique et esthétique, 2001 est tout simplement la pierre angulaire de la science-fiction, et un des piliers de l’histoire du cinéma. D’une ambition colossale, il retrace l’évolution de l’humanité sur plusieurs millions d’années, avec une première partie préhistorique d’une demi-heure sans dialogues, où la découverte de la technique apparaît comme l’acte de naissance meurtrier de l’Homme, qui sera bien plus tard confronté à son aboutissement suprême, l’intelligence artificielle (représenté par l’iconique ordinateur HAL 900), qui tente à son tour de se débarrasser de son créateur. Dans l’espace, loin de tout spectaculaire habituel au genre avant ou après la sortie du film, les décors et maquettes reproduisent avec une authenticité scientifique (grâce à l’assistance de la NASA) et une virtuosité technique minutieuses les voyages, les vaisseaux, les appareils, la gravité, l’intelligence artificielle, au point de n’avoir pas vieilli plus de quarante ans après sa sortie – et ce un an avant le premier voyage de l‘homme sur la Lune. Outre les plans à couper le souffle (comme d’habitude avec Kubrick, photographe professionnel avant de devenir cinéaste) et une célébrissime bande-son (Richard Strauss, Johan Strauss fils, György Ligeti), c’est surtout l’inépuisable discours métaphysique, dialectique et cryptique qui fascine autant les générations de cinéphiles, justement parce qu’il n’en donne pas de réponses et qu’il laisse les interprétations ouvertes (contrairement à Clarke). Plus qu’un chef d’œuvre du cinéma, 2001 est une œuvre culturelle maîtresse du XXème siècle à la profondeur philosophique intacte.

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– 21h30 : 2010 : L’année du premier contact (Peter Hyams – 1984 – 116 minutes)

avec Roy Scheider, John Lithgow, Helen Mirren, Bob Balaban, Keir Dullea, Douglas Rain

Neuf ans après l’incident de HAL 900 sur le vaisseau Discovery, un vaisseau constitué d’américains et de soviétiques part pour le ramener sur Terre et tenter de comprendre ce qu’il s’est passé.

Donner une suite à 2001 était impensable, et bien peu sont d’ailleurs au courant de l’existence de 2010, laissé dans l’ombre cinématographique de son imposant ainé. En 1982, Arthur C. Clarke écrit une suite à 2001, 2010 : Odysée deux. Peter Hyams en réalise l’adaptation cinématographique en 1984, avec l’accord de Kubrick. Mais ce dernier avait détruit à la fin du tournage de 2001 les décors, maquettes et costumes, qui ont tous dû être recréés pour cette suite, et plutôt brillamment puisque 2010 a été nominé aux Oscars de la meilleur direction artistique, meilleurs costumes, meilleurs effets visuels, meilleurs maquillages et meilleur son. Autant le dire tout de suite, 2010 ne rivalise pas en beauté, profondeur et innovation technique ; mais pour autant c’est tout sauf un mauvais film. Moins métaphysique et plus concret, sur un scénario et un suspens bien ficelés, il suit la vision de Clarke, en expliquant certains mystères de 2001 tout en abordant d’autres thèmes liés à l’humanité et la coopération humaine, sur fond de guerre froide. En somme, un bon film de science-fiction, cette fois-ci bien plus clarkien que kubrickien. Enfin, Clarke écrira encore deux suites : 2061 : Odyssée trois (1988) et 3001 : l’Odyssée finale (1997).

Ciné-club Kurt Russell / John Carpenter : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) – The Thing (1982)

Kurt Russell est un des acteurs fétiches de John Carpenter, ayant tournés cinq fois ensembles. Retour sur deux films cultes bien différents, qui ont bien plus trouvé leur public en vidéo qu’à leur sortie initiale au cinéma.

Dimanche 15 décembre 2013 :

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– 19h : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter – 1986 – 99 minutes)

avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong

 Jack Burton accompagne un ami à l’aéroport pour accueillir la fiancée de ce dernier. Mais elle est enlevée par un gang chinois dirigé par un sorcier.

Le film est un échec commercial à sa sortie, ne couvrant même pas la moitié de son budget (25 millions de dollars), ce qui poussera John Carpenter à travailler dans le circuit indépendant, loin des grands studios hollywoodiens – et ce malgré un beau palmarès commercial, comme Halloween (1978) ou New York 1997 (1981). Tourné à Chinatown à San Francisco, c’est effectivement un mélange de plusieurs genres qui a pu paraître déroutant pour le public de l’époque : aventures et explorations à la Indiana Jones, arts martiaux hongkongais à la Tsui Hark et pouvoirs surnaturels, mélangeant action et humour dans un folklore chinois, avec un anti-héros moins triomphant que dépassé par les événements, et des personnages secondaires plus vaillants et puissants que lui. Cependant, ce film atypique, drôle et rythmé est depuis devenu un vif succès à la télévision, en VHS et DVD, ce qui est une des marques des films cultes. Comme d’habitude, Carpenter signe lui-même la musique du film (avec Alan Howarth).

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– 21h : The Thing (John Carpenter – 1982 – 109 minutes)

avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat

Une équipe de douze chercheurs en plein milieu de l’Antarctique découvre une base norvégienne dont il ne reste aucun survivant, ainsi qu’un corps enfoui depuis 100.000 ans dans la glace.

Remake de La Chose d’un autre monde (1951) de Christian Nyby et Howard Hawks, lui-même adapté d’une fameuse nouvelle de John Campbell, The Thing est autant un film de science-fiction que d’horreur, avec des effets spéciaux stupéfiants et un suspense haletant, où un extra-terrestre métamorphe a la capacité de prendre l’apparence de n’importe quelle créature, et qui créé un climat de suspicion au sein l’équipe de chercheurs. L’ambiance rappelle un peu Alien (1979), où l’on passe plus de temps à attendre la créature qu’à la combattre, et où les protagonistes sont isolés de la civilisation, ici en Antarctique – le film fut d’ailleurs tourné en Colombie-Britannique au Canada et aux studios Universal à Los Angeles. Pour une fois, Carpenter ne compose pas lui-même la bande originale, mais on ne perd pas au change puisque c’est l’immense Ennio Morricone qui s’en charge. The Thing n’est pas un succès commercial à sa sortie, les recettes compensant de peu son budget. Mais c’est aussi devenu un film culte, parmi les plus appréciés de Carpenter, dont un préquelle est sortie en 2011 sous le même nom, se passant quelques jours plus tôt dans la base norvégienne.

Ciné-club George Lucas : THX 1138 (1971) – American Graffiti (1973)

Le nom de George Lucas sera à jamais associé à la saga Star Wars, et il n’est pas courant que l’on parle de lui pour autre chose (à part la saga Indiana Jones qu’il a produit). Depuis son premier volet en 1977, il n’a d’ailleurs plus réalisé quoi que ce soit d’autre en dehors (et encore, même pas les épisodes V et VI). Pourtant, après des études de cinéma, il avait commencé sa carrière loin du grand spectacle et du grand public, avec deux films à petit budget très singuliers mais tout de même devenus cultes, l’un tourné vers le futur, l’autre vers le passé – comme Star Wars dans les deux cas (« Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… »).

Dimanche 8 décembre 2013 :

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– 19h : THX 1138 (George Lucas – 1971 – 88 minutes)

avec Robert Duvall, Donald Pleasence, Maggie McOmie, Don Pedro Colley

Dans une société souterraine et totalitaire forçant les individus à prendre des médicaments pour domestiquer leurs pensées et leurs vies, un couple tente de retrouver sa liberté en arrêtant de prendre ces médicaments.

A la base un court-métrage de fin d’étude qui impressionna tant Francis Ford Coppola qu’il proposa à George Lucas d’en produire une version long-métrage, THX 1138 est un film expérimental, dépouillé et radical, de science-fiction-sociale qui, loin de toute guerre des étoiles, se propose d’étudier une société futuriste où la privation de la liberté, l’interdiction de la sexualité, le consumérisme et l’aliénation des individus est la norme, comme un miroir de notre monde contemporain (renvoyant aux sévères répressions des manifestations étudiantes et aux nombreux mensonges d’Etat du président Richard Nixon). A ranger entre 1984, La Guerre des mondes ou Metropolis, avec peu de budget et de personnages (tous rasés et au vêtement identique), une terminologie hermétique (les personnages sont nommés par des lettres et des numéros), une iconographie uniformément blanche ou sombre, une ambiance oppressante et cauchemardesque, une musique vertigineuse et des effets sonores sophistiqués, tourné entièrement en décors naturels (tunnels, laboratoires, parkings, souterrains, centres commerciaux pendant les heures de fermeture, etc.), THX 1138 fait passer George Lucas pour un auteur de premier plan, ambitieux et complexe, sans laisser soupçonner sa future carrière dans l’entertainment et ses milliards de dollars. Sorti dans un montage mutilé par la Warner, le film est ressorti dans sa version d’origine en 1977 grâce au succès de Star Wars, et en director’s cut en 2004 avec l’ajout d’effets en images de synthèse (c’est cette version qui sera projetée).

Bonus : Electronic Labyrinth: THX 1138 4EB (1967 – 15 minutes), le court-métrage de fin d’étude de George Lucas qui a donné naissance au long-métrage THX 1138.

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– 21h : American Graffiti (George Lucas – 1973 – 112 minutes)

avec Richard Dreyfuss, Ron Howard, Paul Le Mat, Charlie Martin Smith, Harrison Ford, Candy Clark, Mackenzie Phillips, Cindy Williams

En Californie en 1962, quatre adolescents fêtent leur dernière soirée avant leur entrée à l’Université, sur fonds de drague, ballades en voitures et rock’n’roll.

Second film de George Lucas, toujours produit par Francis Ford Coppola, tourné en 29 jours de nuit, American Graffiti est un film volontairement plus grand public que le précédent, largement autobiographique, nostalgique, voire mélancolique, sur une époque insouciante et révolue, celle de la jeunesse aux Etats-Unis des années 50-début 60, quand le passe-temps favori des étudiants américains étaient de flâner et danser en buvant du Coca-Cola, de draguer en conduisant des grosses voitures colorées et en écoutant du rock à la radio. Autrement dit avant l’assassinat de Kennedy, l’invasion du rock anglais, la contre-culture hippie et psychédélique, la guerre du Vietnam, les désillusions sur le rêve américain. Filmé dans un style documentaire avec plusieurs histoires parallèles qui se recoupent, avec une riche bande son en fond sonore permanent (Beach Boys, Buddy Holly, Chuck Berry, Fats Domino, Booker T & the M.G.’s, Platters, Del Shannon, Bill Haley & his Comets, etc.), c’est un film drôle et sensible sur la perte de l’innocence et le passage à l’âge adulte et au vrai monde, qui a une dimension sociologique et historique. Il permettra de lancer peu après la série culte Happy Days (avec Ron Howard en rôle principal), ainsi que la carrière d’Harrison Ford, alors menuisier de Lucas – qui se retrouveront évidemment sur Star Wars et Indiana Jones. American Graffiti a été nominé à cinq Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur second rôle féminin et meilleur montage) et est devenu un des films les plus rentables de l’histoire.