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17 janvier : Ciné-club western spaghetti avec Henry Fonda : Mon nom est Personne (1973) – Il était une fois dans l’Ouest (1968)

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– 19h : Mon nom est Personne (Tonino Valerii – 1973 – 111 minutes)

avec Terence Hill, Henry Fonda, Jean Martin, Geoffrey Lewis, R. G. Armstrong, Leo Gordon

Le fameux justicier Jack Beauregard souhaite mettre un terme à sa carrière. Un admirateur souhaite le faire entrer dans la légende en affrontant la Horde Sauvage.

Mon nom est Personne est étroitement lié à la filmographie de Sergio Leone, puisque ce dernier a écrit l’idée originale et produit le film. Si son ancien assistant-réalisateur Tonino Valerii (sur Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus) en signe l’essentiel de la réalisation, Leone a tout de même réalisé personnellement quelques séquences (l’ouverture, le dual au saloon ou l’attaque de la Horde Sauvage). Ce meta-film est un formidable hommage au western américain, que Leone avait su réinventer, mais que la horde des copieurs italiens sans talents étaient en train de tuer dans le spaghetti. Terence Hill avait justement joué dans les westerns parodiques On l’appelle Trinita et On continue de l’appeler Trinita, que Leone avait détesté. C’est donc judicieusement que son personnage (Personne, jeu de mot issu de l’Odyssée) voue un culte au personnage d’Henry Fonda (représentant les sommets du western sous la direction de John Ford, Anthony Mann, Fritz Lang ou Sergio Leone) quand celui-ci compte prendre sa retraite (ce sera d’ailleurs son dernier western). Ennio Morricone aussi se veut référentiel, avec une partition humoristique et des variations de La Chevauchée des Walkyries de Wagner, My Way ou Il était une fois dans l’Ouest. Le fond et la forme sont donc parfaitement ajustés, avec des combats de baffes et de l’humour potache signifiant la dégénérescence d’un genre à qui l’on rendait une dernière révérence. Plus que Terence Hill, Personne est Tonino Valerii, réalisateur anecdotique fasciné par les grands du genre.

 IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

– 21h : Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone – 1968 – 165 minutes)

avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabrielle Ferzetti, Woody Strode, Jack Elam, Lionel Stander, Paolo Stoppa, Frank Wolff, Keenan Wynn

Une femme hérite de terres suite au meurtre de son mari. Mais bien d’autres aventuriers convoitent ces terres juteuses à côté desquelles doit se construire une ligne de chemin de fer.

Après des péplums de série B et surtout le succès de sa trilogie du dollar, Sergio Leone souhaitait s’attaquer à sa grande œuvre, Il était une fois en Amérique. Mais les producteurs n’acceptèrent de la financer que s’il réalisait encore un western. Leone eut donc l’idée d’une nouvelle trilogie, une histoire politique de l’Amérique dans la violence et la désillusion. Sergio Leone signe alors son western baroque et définitif, avec ses lenteurs débordant de tension, silences lourds et gros plans intenses. Son introduction pré-générique de quatorze minutes est restée dans les annales des duels du cinéma. Ennio Morricone écrit l’un de ses thèmes les plus légendaires, celui de l’homme à l’harmonica – la bande-son restera classée au hit-parade des ventes pendant trois ans. Henry Fonda, habitué à incarner dans le cinéma américain des rôles nobles et justes, est ici utilisé en contre-emploi renversant, en aventurier cruel et sanguinaire (le premier « méchant » de sa carrière). Claudia Cardinale est le premier véritable personnage féminin de Leone, et a été le fantasme sensuel de toute une génération. Charles Bronson incarne un personnage mélancolique typique de Leone, hanté par les flash-backs de son passé tragique, dont la clef ne sera révélée qu’à la fin. Enorme succès en Europe (un des plus grands succès du cinéma français), Il était une fois dans l’Ouest reste encore la référence absolue du western italien avec Le Bon, la Brute et le Truand, que Tarantino continue encore de vénérer à travers Django Unchained ou Les Huit Salopards.

24 mai : Ciné-club prohibition avec deux bières Beavertown en pression (Paris Beer Week #2)

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– 19h : Il était une fois en Amérique (Sergio Leone – 1984 – 229 minutes)

Avec Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Tuesday Weld, Treat Williams, Jennifer Connelly

Dans les années 60, un vieil homme se souvent de sa jeunesse avec ses amis dans le ghetto juif du New York des années 20, puis dans les bars clandestins et le trafic d’alcool au temps de la prohibition des années 30.

Bien des années après ses cinq westerns mythiques qui ont bouleversé le genre, de Pour une poignée de dollars (1964) à Il était une fois la révolution (1971), Sergio Leone reprend la caméra pour ce qui deviendra son ultime chef d’œuvre. Adapté du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone a travaillé pendant douze ans sur le scénario de Il était une fois en Amérique, cette monumentale et bouleversante fresque sur les années folles dans les bars clandestins sous la prohibition. Il y porte un regard vertigineux sur le destin d’individus liés par l’amitié, l’amour, la trahison et les règlements de comptes sanglants entre gangsters, couvrant une période de quarante ans, de l’enfance à la vieillesse. Magnifié par une partition exceptionnelle de son compositeur attitré Ennio Morricone et par des acteurs au sommet – Robert De Niro et James Wood (Videodrome, Casino, Vampires) bien évidemment, mais aussi Joe Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino), Burt Young (Rocky) ou la jeune Jennifer Connelly (Requiem for a dream) -, le film fait figure de testament esthétique et cinématographique. L’implication de Sergio Leone et le rythme de tournage lui coûtèrent sa santé (il disait que chaque film lui faisait perdre cinq ans de sa vie). Il était une fois en Amérique fut charcuté par les producteurs à sa sortie américaine (remonté chronologiquement et amputé de bien des scènes), ce qui effondra le réalisateur. Mais des années après sa mort, la version longue originelle est enfin restaurée et permet de faire justice à l’un des plus grands films du cinéma.

Vu le nombre de règlements de compte sanglants qui émaillent le film, rien de tel que de se rafraîchir avec la Bloody ‘Ell en pression, une American IPA à l’orange sanguine (7,2°) des anglais Beavertown ! Dans le cadre de la Paris Beer Week #2, une autre bière Beavertown sera proposée en pression, la Papa Pils, une Imperial Pils (7°) brassée spécialement en collaboration avec les américains Odell.