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22 mai : Ciné-club Le Docteur Jivago (1965)

LE DOCTEUR JIVAGO

19h : Le Docteur Jivago (David Lean – 1965 – 197 minutes)

avec Omar Sharif, Julie Christie, Geraldine Chaplin, Rod Steiger, Alec Guinness, Tom Courtenay, Siobhan McKenna, Ralph Richardson, Rita Tushingham, Klaus Kinski

A la veille de la révolution soviétique, un médecin sur le point de se marier croise la route d’une jeune femme sous le charme d’un odieux bourgeois. Leurs destins vont se lier au rythme des remous de l’Histoire russe.

Le poète russe Boris Pasternak publie son roman Le Docteur Jivago en 1957. Il reçoit le Prix Nobel de littérature l’année suivante, mais il doit le refuser pour ne pas subir les foudres des autorités soviétiques (qui n’autoriseront la publication du roman qu’en 1985). Qui d’autre que le grand David Lean aurait pu l’adapter au cinéma ? Le réalisateur multi-oscarisé du Pont de la Rivière Kwaï et de Lawrence d’Arabie déploie tout son talent pour filmer les grandes épopées passionnelles, historiques et exotiques, à travers les magnifiques paysages sibériens. Le film est tourné pendant dix mois en Finlande, au Canada et en Espagne, où des décors impressionnants recréent Moscou sur plus de huit cent mètres avec tramway, viaduc et Kremlin, ou des champs de bataille. Dans son rôle le plus iconique, Omar Sharif hésite entre sa femme brune (Geraldine Chaplin, fille de Charles, dans son premier rôle) et une sublime infirmière blonde (Julie Christie), pendant que l’histoire révolutionnaire de la Russie se déroule, depuis la période tsariste touchant à sa fin, l’entrée dans la Première Guerre mondiale, la révolution d’octobre, le bouleversement social de la population, l’abolition des classes ou les difficultés matérielles jusqu’aux fins fonds de la Sibérie. Le compositeur habituel de Lean, Maurice Jarre, signe une nouvelle fois un thème fameux du cinéma, riches des sonorités russes. Classique d’entre les classiques entrelaçant l’intime avec l’Histoire, Le Docteur Jivago a reçu cinq Oscars (scénario, direction artistique, costumes, photographie et musique) sur dix nominations, et est devenu le huitième plus grand succès commercial du cinéma – son chiffre d’affaire en dollars réactualisés équivaut à 1,9 milliards de dollars. Il ne fut pas projeté en Russie avant 1994.

Ciné-club Jésus : Monty Python : La Vie de Brian (1979) – Le Roi des rois (1961)

Jésus est un personnage au destin et la postérité exceptionnels. Fils de Dieu, fondateur du Christianisme, ressuscité d’entre les morts, c’est sans doute l’homme le plus important d’Occident, et un des grands représentants de l’humanité. Un tel palmarès auquel Le Festin Nu ne pouvait pas ne pas rendre hommage, avec un biopic monumental et une parodie hilarante.

 Dimanche 4 mai 2014 :

LA VIE DE BRIAN

– 19h : Monty Python : La Vie de Brian (Terry Jones – 1979 – 93 minutes)

avec Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones, Terry Gilliam

La vie de Brian, né en l’an 0, pris à tort pour le messie.

Après le succès de Sacré Graal !, les journalistes demandèrent aux Monty Python quel serait le titre de leur prochain film. Eric Idle répondit au hasard « Jésus Christ ou la soif de gloire » ! Finalement la troupe envisagea sérieusement l’idée, et partit écrire le scénario aux Caraïbes. Cette fois-ci le film n’est pas une suite de sketchs mis bout à bout (comme dans Flying Circus, Sacré Graal ! ou Le Sens de la vie) mais a une véritable histoire structurée. Leur producteur se désistant au dernier moment avant le tournage, c’est le Beatle George Harrison, ami du groupe, qui le finança (et y fit une apparition) – la lecture du script lui ayant donné l’envie de voir le film, ce qui fit dire aux Python qu’il s’agissait du billet de cinéma le plus cher jamais acheté ! Tourné en Tunisie, les Python incarnent une quarantaine de rôles à eux seuls. Le film est une hilarante satire des religions en général, plutôt qu’une attaque contre Jésus ou Dieu. Néanmoins il fut très mal reçu par les croyants, criant au blasphème. Une énorme polémique s’ensuivit, dans les débats télévisés ou devant les salles de cinéma où des militants distribuaient des tracts. Le film fut interdit dans certaines villes anglaises (y compris quand elles n’avaient pas de salles de cinéma !), pendant huit ans en Irlande, un an en Norvège, à Jersey jusqu’en 2001, non distribué en Italie jusqu’en 1990. Mais quelle publicité inouïe par la même occasion ! Preuve que la critique dans La Vie de Brian du fanatisme religieux et du besoin aveugle et frénétique de croire étant plus vraie que nature. Mais qu’importe, ce qui compte est qu’il s’agit d’un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma.

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– 21h : Le Roi des rois (Nicholas Ray – 1961 – 171 minutes)

avec Jeffrey Hunter, Robert Ryan, Siobhan McKenna, Hurd Hetfield, Ron Randell, Viveca Lindfors, Brigid Balzen

La vie de Jésus en Palestine, de sa naissance à sa crucifixion, puis sa résurrection.

Dans les années 50, avec la concurrence de la télévision, le cinéma lance des formats très larges tels que Cinemascope ou VistaVision pour offrir une expérience visuelle plus immersive aux spectateurs. L’industrie cinématographique se lance donc dans des superproductions spectaculaires comme les péplums, inspirés des récits antiques ou bibliques. C’est ainsi que le producteur spécialiste du genre Samuel Bronston (Le Cid, La Chute de l’empire romain) engage le prestigieux Nicholas Ray (Les Amants de la nuit, La Fureur de vivre avec James Dean) pour réaliser un remake du Roi des rois de Cecil B. DeMille de 1927. Ce remake a la lourde tâche d’être le premier film parlant en anglais à représenter le Christ en entier ; auparavant on n’en montrait pas le visage (comme dans Ben-Hur). C’est Jeffrey Hunter (La Prisonnière du désert de John Ford) qui l’incarne – les critiques ont par la suite reproché son apparence trop juvénile, alors qu’il avait l’âge christique de 33 ans lors du tournage ! Robert Ryan interprète un Jean-Baptiste passionné et intense, tandis que Brigid Balzen est tout à fait à la hauteur de la voluptueuse Salomé et de sa fameuse danse lascive et fatale. A noter que c’est Orson Welles qui donne sa voix au narrateur. Tourné avec plusieurs milliers de figurants en Espagne, les plans sont grandioses et parfaitement construits. Pour accroître le spectacle et ajouter des scènes de batailles, le récit oppose l’approche rebelle et violente de Barabbas à celle pacifique et sentencieuse de Jésus. Quant à la partition de Miklós Rózsa (Ben-Hur, Quo Vadis, Le Cid), elle est épique et mémorable. Enfin, s’il donne à voir un Jésus plus biblique qu’humain, moins réaliste et tourmenté que dans La Dernière tentation du Christ ou La Passion du Christ, Le Roi des rois reste un des grands péplums bibliques de l’âge classique d’Hollywood, qui a longtemps fait date.