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11 juin 2017 : Ciné-club Folles histoires de Mel Brooks : La Folle histoire du monde (1981) – La Folle histoire de l’espace (1987)

LA FOLLE HISTOIRE DU MONDE

– 19h : La Folle histoire du monde (Mel Brooks – 1981 – 92 minutes)

avec Mel Brooks, Dom DeLuise, Madeline Kahn, Harvey Korman, Cloris Leachman, Ron Carey, Gregory Hines, Pamela Stephenson, Andreas Voutsinas, Shecky Greene, Sid Caesar, Mary-Margaret Humes, Orson Welles

Les différents âges de l’humanité revus et corrigés !

Entre Woody Allen et les Monty Python, Mel Brooks est un des grands trublions américains, à l’humour juif new-yorkais – parfois excessif ! Après la série télévisée Max la menace, il tourne plusieurs comédies cultes avec son acteur fétiche Gene Wilder, comme Les Producteurs, Le Shérif est en prison ou Frankenstein Junior. Dans La Folle histoire du monde, il revisite de manière déjantée plusieurs époques de l’Histoire (avec comme narrateur Orson Welles) : l’âge de pierre (parodiant 2001 l’Odyssée de l’espace), les périodes biblique et romaine (rappelant La Vie de Brian des Monty Python), l’Inquisition espagnole (une comédie musicale) et la Révolution française (avec sa partie d’échecs grandeur nature). Le film se termine par la fausse bande-annonce de La Folle histoire du monde II, avec Hitler on ice ou les juifs dans l’espace ! A noter que la chanson « It’s Good To Be The King Rap » (dite par Louis XVI) est sortie en single et est devenue un gros succès, atteignant la seconde place du hit-parade en France !

LA FOLLE HISTOIRE DE L'ESPACE

– 21h : La Folle histoire de l’espace (Mel Brooks – 1987 – 96 minutes)

avec Mel Brooks, John Candy, Rock Moranis, Bill Pullman, Daphne Zuniga, Dick Van Patten, George Wyner, Joan Rivers, John Hurt

Yop Solo et Gerbe vont sauver la princesse Vespa du redoutable Lord Casque Noir afin de toucher la prime et rembourser l’argent qu’ils doivent à Pizza the Hutt.

La Folle histoire du monde se terminait dans l’espace. Pour son film suivant, dix ans après la sortie de Star Wars, Mel Brooks signe une parodie délirante de la célèbre trilogie de science-fiction, en reprenant sa trame principale et ses personnages. Yop Solo cumule les rôles de Han Solo et Luke Skywalker, Gerbe est un chiomme (mi-homme mi-chien), Jabba the Hutt devient une pizza, Dark Vador (joué par Rick Moranis) est flanqué d’un énorme casque qui génère de nombreux gags, tandis que Yaourt apprend à utiliser la Schwartz (et non la Force !) et se moque du merchandising ! Mel Brooks a même embauché l’équipe technique de Star Wars pour réaliser les effets spéciaux et la maquette du vaisseau SpaceBall One. Mais la parodie ne se limite pas à la saga de George Lucas, Mel Brooks glisse des références à bien d’autres classiques de science-fiction tels que Star Trek, Alien (avec même une apparition de John Hurt !), Transformers, La Planète des singes, ou même Rambo, Indiana Jones, Blanche Neige et les sept nains, Le Pont de la rivière Kwai. Succès commercial, La Folle histoire de l’espace a d’ailleurs connu une adaptation en série animée pas plus tard qu’en 2008.

Ciné-club George Lucas : THX 1138 (1971) – American Graffiti (1973)

Le nom de George Lucas sera à jamais associé à la saga Star Wars, et il n’est pas courant que l’on parle de lui pour autre chose (à part la saga Indiana Jones qu’il a produit). Depuis son premier volet en 1977, il n’a d’ailleurs plus réalisé quoi que ce soit d’autre en dehors (et encore, même pas les épisodes V et VI). Pourtant, après des études de cinéma, il avait commencé sa carrière loin du grand spectacle et du grand public, avec deux films à petit budget très singuliers mais tout de même devenus cultes, l’un tourné vers le futur, l’autre vers le passé – comme Star Wars dans les deux cas (« Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… »).

Dimanche 8 décembre 2013 :

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– 19h : THX 1138 (George Lucas – 1971 – 88 minutes)

avec Robert Duvall, Donald Pleasence, Maggie McOmie, Don Pedro Colley

Dans une société souterraine et totalitaire forçant les individus à prendre des médicaments pour domestiquer leurs pensées et leurs vies, un couple tente de retrouver sa liberté en arrêtant de prendre ces médicaments.

A la base un court-métrage de fin d’étude qui impressionna tant Francis Ford Coppola qu’il proposa à George Lucas d’en produire une version long-métrage, THX 1138 est un film expérimental, dépouillé et radical, de science-fiction-sociale qui, loin de toute guerre des étoiles, se propose d’étudier une société futuriste où la privation de la liberté, l’interdiction de la sexualité, le consumérisme et l’aliénation des individus est la norme, comme un miroir de notre monde contemporain (renvoyant aux sévères répressions des manifestations étudiantes et aux nombreux mensonges d’Etat du président Richard Nixon). A ranger entre 1984, La Guerre des mondes ou Metropolis, avec peu de budget et de personnages (tous rasés et au vêtement identique), une terminologie hermétique (les personnages sont nommés par des lettres et des numéros), une iconographie uniformément blanche ou sombre, une ambiance oppressante et cauchemardesque, une musique vertigineuse et des effets sonores sophistiqués, tourné entièrement en décors naturels (tunnels, laboratoires, parkings, souterrains, centres commerciaux pendant les heures de fermeture, etc.), THX 1138 fait passer George Lucas pour un auteur de premier plan, ambitieux et complexe, sans laisser soupçonner sa future carrière dans l’entertainment et ses milliards de dollars. Sorti dans un montage mutilé par la Warner, le film est ressorti dans sa version d’origine en 1977 grâce au succès de Star Wars, et en director’s cut en 2004 avec l’ajout d’effets en images de synthèse (c’est cette version qui sera projetée).

Bonus : Electronic Labyrinth: THX 1138 4EB (1967 – 15 minutes), le court-métrage de fin d’étude de George Lucas qui a donné naissance au long-métrage THX 1138.

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– 21h : American Graffiti (George Lucas – 1973 – 112 minutes)

avec Richard Dreyfuss, Ron Howard, Paul Le Mat, Charlie Martin Smith, Harrison Ford, Candy Clark, Mackenzie Phillips, Cindy Williams

En Californie en 1962, quatre adolescents fêtent leur dernière soirée avant leur entrée à l’Université, sur fonds de drague, ballades en voitures et rock’n’roll.

Second film de George Lucas, toujours produit par Francis Ford Coppola, tourné en 29 jours de nuit, American Graffiti est un film volontairement plus grand public que le précédent, largement autobiographique, nostalgique, voire mélancolique, sur une époque insouciante et révolue, celle de la jeunesse aux Etats-Unis des années 50-début 60, quand le passe-temps favori des étudiants américains étaient de flâner et danser en buvant du Coca-Cola, de draguer en conduisant des grosses voitures colorées et en écoutant du rock à la radio. Autrement dit avant l’assassinat de Kennedy, l’invasion du rock anglais, la contre-culture hippie et psychédélique, la guerre du Vietnam, les désillusions sur le rêve américain. Filmé dans un style documentaire avec plusieurs histoires parallèles qui se recoupent, avec une riche bande son en fond sonore permanent (Beach Boys, Buddy Holly, Chuck Berry, Fats Domino, Booker T & the M.G.’s, Platters, Del Shannon, Bill Haley & his Comets, etc.), c’est un film drôle et sensible sur la perte de l’innocence et le passage à l’âge adulte et au vrai monde, qui a une dimension sociologique et historique. Il permettra de lancer peu après la série culte Happy Days (avec Ron Howard en rôle principal), ainsi que la carrière d’Harrison Ford, alors menuisier de Lucas – qui se retrouveront évidemment sur Star Wars et Indiana Jones. American Graffiti a été nominé à cinq Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur second rôle féminin et meilleur montage) et est devenu un des films les plus rentables de l’histoire.