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5 novembre 2017 : Ciné-club Mercenaires : Les Cinq mercenaires (1979) – Les Sept mercenaires (1960)

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– 19h : Les Cinq mercenaires (Cheung San-Yee – 1979 – 85 minutes)

avec John Liu, Robert Tai, Alexander Lo Rei

Suite à l’arrestation d’un révolutionnaire chinois par l’armée, un maître de kung-fu est engagé pour le délivrer. Il va alors former et entraîner un commando.

Autant annoncer la couleur tout de suite : Les Cinq mercenaires (parfois titré Les Mercenaires du kung-fu) est un pur et incontestable nanar, une série B de kung-fu taïwanais typique de l’époque. Les dialogues et le doublage français sont évidemment grotesques et délirants, et pour qui apprécie le genre c’est l’occasion d’une avalanche de fous rires devant tant d’absurdités ! Cependant, si le film comporte des scènes comiques ahurissantes (notamment dans une maison close !), il se révèle relativement rythmé et efficace, avec des scènes de combat très bien chorégraphiées et exécutées par des spécialistes du métier, avec même un méchant à cape et perruque blonde mémorable (Robert Tai était réputé pour son coup de pied puissant et souple). Un film anecdotique pour les cinéphiles sérieux, jubilatoire pour les connaisseurs !

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– 21h : Les Sept mercenaires (John Sturges – 1960 – 128 minutes)

avec Yul Brynner, Eli Wallach, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn, Horst Buchholz

Sept cowboys sont engagés par des fermiers mexicains persécutés par une horde e bandits.

Akira Kurosawa avait réalisé en 1954 un des plus grands films du cinéma japonais, Les Sept samouraïs. Yul Brynner a l’idée de transposer l’histoire dans le far-west des cowboys, et en achète les droits. John Sturges, habitué du genre (Règlements de comptes à OK Corral, Le Dernier train de  Gun Hill), en assure la réalisation. A part la star Brynner, on ne retrouve que des acteurs alors peu connus, mais qui ne le resteront pas longtemps : Steve McQueen (en rivalité avec Brynner pendant le tournage), Eli Wallach, Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn (Bullitt) – quel casting ! Habillé de la belle partition d’Elmore Bernstein (nommé à l’Oscar), Les Sept mercenaires devient à son tour un classique du cinéma américain. Il préfigure le western spaghetti par son accentuation des codes – d’ailleurs, Wallach, Bronson et Coburn tourneront pour Sergio Leone. A noter que Sturges retrouvera McQueen, Bronson et Coburn dans La Grande évasion en 1963. Les Sept mercenaires connaitra trois suites (1966, 1969, 1972), une série télévisé en 1998, et même un remake en 2016 (sans qu’on en comprenne vraiment l’intérêt).

14 mai 2017 : Ciné-club Evasion : New York 1997 (1981) – La Grande Evasion (1963)

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– 19h : New York 1997 (John Carpenter – 1981 – 98 minutes)

avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau

Face à l’explosion de la criminalité, New York est devenu une prison fermée à ciel ouvert aux trois millions de prisonniers. L’avion du président s’étant écrasé dedans, le criminel Snake Plissken a vingt-quatre heures pour le retrouver et le ramener vivant, sinon une bombe placée en lui le tuera.

Inspiré par la jungle urbaine d’Un Justicier dans la ville avec Charles Bronson, John Carpenter écrit un western futuriste. Après Fog, il tourne un nouveau film de série B à petit budget – encore nocturne. Dans un Saint-Louis, Missouri (en réalité dévasté par un gigantesque incendie dans les années 70), il recréé un univers post-apocalyptique, inventif et marquant, typique des années 80. Le personnage de Snake Plissken est mythique, et révèle Kurt Russel, après des productions pour Disney et une collaboration sur le téléfilm Le Roman d’Elvis (réalisé par Carpenter). Lee Van Cleef (Pour quelques dollars de plus, Le Bon, la brute et le truand), Donald Pleasence (La Grande Evasion, Halloween) et Ernest Borgnine (La Horde Sauvage) complètent ce casting vintage, auquel il faut ajouter Isaac Hayes, grand chanteur funk-soul de l’écurie Stax, auteur de la fameuse BO de Shaft. Celle aux synthés de New York 1997 est comme d’habitude signée Carpenter lui-même. Le film est un succès, surtout en France, et devient rapidement culte. Le réalisateur enchainera avec Kurt Russell The Thing, un de ses meilleurs films, et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, cuisant échec commercial qui le poussera dans le cinéma indépendant. Une suite sera tournée en 1996, Los Angeles 2013, toujours avec son acteur fétiche.

LA GRANDE EVASION

– 21h : La Grande Evasion (John Sturges – 1963 – 172 minutes)

avec Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, James Donald, Charles Bronson, Donald Pleasence, James Coburn, David McCallum

En 1943, des officiers anglais et américains, prisonniers de guerre d’un camp allemand, prévoient de creuser un tunnel souterrain pour s’échapper.

L’histoire de La Grande Evasion est vraie, tirée d’un roman écrit par un ancien prisonnier. Il a été tourné dans les environs de Munich dans un camp reconstruit, et l’économie réalisée sur les décors permit d’embaucher un certain nombre de stars internationales. John Sturges avait d’ailleurs déjà dirigé trois d’entre elle dans son western Les Sept Mercenaires : Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn. Il s’agit du premier rôle principal de McQueen, qui inonde le film de son flegme légendaire. C’est lui qui suggère d’ajouter des scènes de course-poursuite à moto, dont il réalisa lui-même les cascades (sauf celle du mythique saut final). Sturges réalise un grand classique du cinéma, héroïque, minutieux et tendu, alternant suspense et humour, dont on ne perçoit jamais la longueur, et qui a eu beaucoup de succès. McQueen deviendra une immense star hollywoodienne, enchaînant ensuite Le Kid de Cincinnati, L’Affaire Thomas Crown ou Bullitt. Une suite, La Grande Evasion II, sortira en téléfilm en 1988 avec Christopher Reeve.

25 octobre : Ciné-club IRA : Hunger (2008) – Au Nom du père (1993)

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– 19h : Hunger (Steve McQueen – 2008 – 92 minutes)

avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Stuart Graham, Liam McMahon

En 1981 en Irlande du Nord, les prisonniers de l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire (IRA) entament une grève de l’hygiène puis de la faim pour réclamer leur statut de prisonnier politique à l’Angleterre.

L’artiste plasticien britannique Steve McQueen, exposé dans le monde entier, se met au cinéma avec ce premier film sur l’histoire vraie du militant irlandais Bobby Sands, terroriste pour les uns, martyre pour les autres. Hunger est un ainsi un film visuellement sophistiqué, extrêmement plastique, presque formel, quasiment sans dialogue. Il tourne déjà avec son acteur fétiche Michael Fassbender (qui a perdu 14 kg pour ce rôle), qu’il retrouvera sur Shame (2011) et Twelve Years a Slave (2013). Rien n’est épargné au spectateur : murs couverts d’excréments, urine coulant dans les couloirs, maltraitance des prisonniers, malaise des gardes de la prison, agonie de Bobby Sands. Le film brille malgré tout d’un époustouflant plan-séquence en caméra fixe de vingt-deux minutes entre Bobby Sands et un prêtre atypique qui tente de le dissuader de faire grève. Le brio visuel et esthétique du film a été salué par la Caméra d’Or au Festival de Cannes, parmi d’autres récompenses internationales.

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– 21h : Au Nom du père (Jim Sheridan – 1993 – 132 minutes)

avec Daniel Day-Lewis, Emma Thompson, Pete Postlethwaite, John Lynch, Beatie Edney, Mark Sheppard, Corin Redgrave

En 1974, un jeune délinquant irlandais est accusé à tort d’un attentat de l’IRA à Londres.

Après My Left Foot (1989), Jim Sheridan retrouve Daniel Day-Lewis (qui en avait gagné l’Oscar du meilleur rôle), tous deux irlandais, pour un sujet hautement plus sensible et engagé concernant leur pays, une histoire vraie qui plus est, adaptée de l’autobiographie de la victime d’une des plus grandes injustices judiciaires. Tellement scandaleuse de la part des autorités anglaises que personne n’aurait osé l’imaginer en fiction sans cela ! Déjà Daniel Day-Lewis s’impose une préparation excentrique et spartiate, ici de vivre quelques semaines dans une cellule, réveillé tous les quart d’heures par les gardiens, pour mieux vivre son rôle. La descente aux enfers du personnage et de sa famille est absolument bouleversante et intense, sans manichéisme ni démagogie, mais avec pudeur et subtilité. Au Nom du père, passionnant et terrifiant, est couronné de l’Ours du meilleur film au Festival de Berlin, ainsi que d’une pluie de nominations internationales aux Oscars (dont meilleurs film, réalisateur, scénario et acteurs), Golden Globes ou BAFTA. Daniel Day-Lewis ne remporte rien malgré sa prestation plus vraie que nature, mais se rattrapera plus tard avec deux autres Oscars (There Will Be Blood et Lincoln). Il retrouvera même Sheridan dans The Boxer, sur la réinsertion d’un boxeur emprisonné à tort pour un attentat de l’IRA qu’il n’a pas commis !

26 juillet : Ciné-club braquage de banque

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– 19h : L’Affaire Thomas Crown (Norman Jewison – 1968 – 102 minutes)

avec Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke, Jack Weston

Un millionnaire blasé projette de faire braquer une banque, juste pour l’excitation. Une experte en assurance est chargée de le démasquer.

L’Affaire Thomas Crown est l’un des tout premiers films à utiliser la technique du split screen (écran divisé en plusieurs écrans plus petits, pour fragmenter une action), avec Grand Prix de John Frankenheimer puis L’Etrangleur de Boston de Richard Fleischer. Cela participe à en faire un film innovant, à l’esthétique générale stylisée et soignée, depuis la mise en scène jusqu’aux superbes tenus de Faye Dunaway (fraîchement révélée dans Bonny and Clyde), en passant par la sublime musique de Michel Legrand (compositeur des films de Jacques Demy), dont la chanson « The Windmills of my heart » a remporté l’Oscar de la meilleure chanson et deviendra un standard de la pop maintes fois repris (notamment par Dusty Springfield). L’impérial Steve McQueen a dit qu’il s’agissait de son rôle préféré ! Entre film de cambriolage et jeu du chat et de la souris érotique entre les protagonistes, L’Affaire Thomas Crown culmine avec la plus longue scène de baiser (pour l’époque), une minute qui nécessita huit heures de tournage sur plusieurs jours ! Ce classique élégant et glamour a connu un remake par John McTiernan (Piège de cristal) avec Pierce Brosnan en 1999.

 HEAT

– 21h : Heat (Michael Mann – 1995 – 170 minutes)

avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore, Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd, Mykelti, Williamson, Wes Studi, Ted Levine

La police de Los Angeles traque un gang de braqueurs professionnels. Entre leurs deux chefs qui s’affrontent un respect mutuel commence à se former.

Remake d’un téléfilm de Michael Mann de 1989 (L.A. Takedown), et inspiré d’une affaire criminelle à Chicago dans les années 60, Heat est le film de tous les superlatifs, à commencer par la première rencontre historiques entre deux monstres sacrés du cinéma américain : Al Pacino et Robert De Niro, pourtant jamais présents à l’écran simultanément grâce au champ/contrechamp. Les deux acteurs avaient beau être au casting du Parrain, deuxième partie, ils n’avaient aucune scène ensemble (puisque De Niro incarnait le parrain jeune). Tourné en décors naturels dans pas moins de 65 lieux différents à Los Angeles, le film est gorgé de scènes mythiques, comme la discussion autour d’un café entre Pacino et De Niro, le braquage de la banque et la fusillade assourdissante au cœur de Los Angeles, ou la traque finale à l’aéroport international de Los Angeles. L’écriture est marquée par l’entremêlement général des personnages et situations où tout se répercute avec la fatalité du destin, entre la vie privée et professionnelle, les accidents infimes aux énormes répercussions, les psychologies au fond très similaire entre le policier et le voleur (comme le yin et le yang) qui sacrifient tous les deux leurs vies amoureuses par obsession pour leur travail. Heat est un chef d’œuvre de tension explosive ou contenue qui a ait date, alternant densité et vide, porté par des acteurs au sommet, enveloppé d’un esthétique visuelle et musicale parfaitement subtile.

Ciné-club Poker : Le Kid de Cincinnati (1965) – Maverick (1994)

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– 19h : Le Kid de Cincinnati (Norman Jewison – 1965 – 103 minutes)

Avec Steve McQueen, Edward G. Robinson, Ann-Margret, Karl Malden, Tuesday Weld, Joan Blondell, Rip Torn, Jack Weston, Cab Calloway

Un as du poker, le Kid de Cincinnati, souhaite se confronter au légendaire joueur Lancey Howard.

A l’origine, Le Kid de Cincinnati devait être réalisé par le mythique Sam Peckinpah (La Horde sauvage), avec Sharon Tate (future madame Polanski, avant d’être sauvagement assassinée par la Manson Family) dans le rôle principal féminin. Mais parce qu’il avait commencé à tourner en noir et blanc au lieu de la couleur (pour coller à l’atmosphère de la Grande Dépression) et qu’il improvisa des scènes érotiques non prévues dans le script, les producteurs le renvoyèrent et le remplacèrent par Norman Jewison, qui recommença le tournage en couleurs (pour mieux voir les couleurs des carte de poker), avec la star suédoise Ann-Margret (future mère de Tommy, l’opéra-rock des Who adapté au cinéma en 1975) à la place de Sharon Tate. Le reste du casting n’est pas en reste, avec Steve McQueen, excellent de tension et de charisme comme d’habitude, Edward G. Robinson, impérial dans un de ses derniers rôles après une longue carrière de gangster (Le Petit César), et Karl Malden, à la gueule typique reconnaissable dans bien des seconds rôles (Un Tramway nommé désir, Sur les quais). Le Kid de Cincinnati est un des grands films sur le poker (ici joué en Stud à cinq cartes, plus tard appelé « Cincinnati Kid » !), bien qu’on lui trouve quelques similitudes avec le fameux L’Arnaqueur (1961), brillant film sur le billard de Robert Rossen avec Paul Newman. En tout cas, la partie finale est d’une grande intensité, la confrontation McQueen/Robinson étant à la hauteur des attentes accumulées tout le long du film. Enfin, tourné à la Nouvelle-Orléans, Le Kid de Cincinnati a une touche de mélancolie apportée par la musique blues de la ville – le chanteur de jazz Cab Calloway joued’ailleurs un des joueurs de poker, et Ray Charles chante le thème du film.

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– 21h : Maverick (Richard Donner – 1994 – 127 minutes)

avec Mel Gibson, Jodie Foster, James Garner, Graham Green, James Coburn, Alfred Molina

Le joueur professionnel Bret Maverick tente de trouver les 3.000 dollars qui lui manquent pour s’inscrire à un tournoi de poker où il pourrait gagner 500.000 dollars.

Maverick était une série télévisée de 124 épisodes, diffusée entre 1957 et 1962, sur une famille de joueurs de poker à travers le Far West, avec James Garner, Jack Kelly et Roger Moore. Un remake en est tiré en 1994 par Richard Donner, réalisateur à succès de La Malédiction (1976), du tout premier film de Superman (1978) au succès colossal, des Goonies (1985) et de la saga L’Arme fatale avec Mel Gibson et Danny Glover. Autant dire qu’il s’y connait en film hollywoodien ! Il reprend James Garner pour un rôle de shérif d’âge mur, et y ajoute sa star Mel Gibson pour jouer Bret Maverick (personnage qu’incarnait James Garner dans la série originale). A noter que Danny Glover fait un petit cameo sous la forme d’un voleur de banque, que Gibson semble reconnaître dans le film, et lance même sa fameuse réplique de L’Arme fatale « je suis trop vieux pour ce genre de conneries » avec le thème musical de la saga ! Jodie Foster joue une tricheuse et voleuse, tandis que James Coburn (Les Sept mercenaires, La Grande Evasion, Il était une fois la révolution) est l’organisateur du tournoi de poker. A ce casting léché s’ajoute nombre d’acteurs de western ou chanteurs de country dans des petits rôles ou en figuration. Le ton de Maverick est clairement porté sur l’humour et le grand spectacle, mais avec un dosage bien équilibré dû au professionnalisme de Richard Donner, qui ne tire jamais le film vers la bouffonnerie ou l’action musclée et balourde. Il faut dire que le scénario est signé par William Goldman (Butch Cassidy et le Kid, 1969), ce qui permet au film de rester stimulant et rythmé, sans se prendre au sérieux. Le succès est plus qu’au rendez-vous, puisque pour un budget de 75 millions de dollars, il récolte 183 millions de recettes.

Ciné-club Sam Peckinpah : Le Guet-Apens (1972) – La Horde sauvage (1969)

Dimanche 11 mai 2014 :

GUET APENS (1972)

19h : Le Guet-Apens (Sam Peckinpah – 1972 – 118 minutes)

avec Steve McQueen, Ali MacGraw, Ben Johnson, Al Lettieri, Sally Struthers, Bo Hopkins

Le prisonnier Doc McCoy est libéré de prison par un avocat influent en échange d’un hold-up qu’il doit commettre pour lui.

Comme souvent au cinéma, la pré-production de Guet-Apens est tumultueuse. Sam Peckinpah essayait depuis des années d’acheter les droits du livre de Jim Thompson (dialoguiste de L’Ultime Razzia et scénariste des Sentiers de la gloire), mais c’est finalement le producteur Robert Evans qui les obtient. Il impose alors sa femme, Ali MacGraw, star de Love Story (1970), drame romantique au succès colossal pour lequel elle a été nominée à l’Oscar de la meilleure actrice. Puis les droits sont revendus à l’agent de Steve McQueen, qui se retrouve engagé. Peter Bogdanovich est pressenti à la réalisation, mais la Warner l’oblige contractuellement à tourner immédiatement On s’fait la valise, Doc. Steve McQueen venait de jouer Junior Bonner (1972) pour Sam Peckinpah, et le ramène donc sur ce nouveau projet. Au passage, Steve McQueen entame une liaison avec Ali MacGraw, qui deviendra sa femme, comme à l’écran. Enfin l’acteur n’apprécie pas la musique du fidèle compositeur de Peckinpah, Jerry Fielding, et oblige à la remplacer par celle de Quincy Jones, plus jazz seventies et nominée au Golden Globe de la meilleure musique. Quelques années après le culte Bonny & Clyde (1967), Le Guet-Apens est un autre film de hold-up et de couple en cavale à travers le Texas jusqu’au Mexique, palpitant de bout en bout, avec un suspense particulièrement bien dosé. Sam Peckinpah fait preuve une fois de plus de sa grande maîtrise technique, avec une réalisation virtuose, une stylisation de la violence et de multiples scènes mémorables, notamment de fusillades, qui en fait un précurseur de Tarantino. Le casting est excellent, avec une bonne galerie de seconds couteaux et un Steve McQueen comme d’habitude impérial. Le Guet-Apens est un excellent polar aux allures de western urbain, ce qui n’est pas une grande surprise de la part du maître du genre Peckinpah, dont ce sera le plus grand succès commercial. Un remake sera réalisé en 1994, avec encore un couple à l’écran et à la ville, Kim Basinger et Alec Baldwin.

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21h : La Horde sauvage (Sam Peckinpah – 1969 – 145 minutes)

avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmon O’Brien, Warren Oates, Jaime Sanchez, Ben Johnson, Bo Hopkins

Une horde de hors-la-loi, poursuivis par des chasseurs de primes, accepte de voler des armes et munitions transportées en train, pour le général mexicain Mapache.

Réalisateur prometteur avec Coups de feu dans la Sierra (1962), Sam Peckinpah déçoit dès son troisième film, Major Dundee (1965) dont les producteurs avaient coupé trente minutes au montage. Une traversée du désert commence alors pour le réalisateur : viré du Kid de Cincinnati (1965), il ne tourne rien pendant trois ans. Mais un ami de la Warner parvient à le remettre en selle en lui faisant réaliser La Horde sauvage. Et Peckinpah rentre alors dans la légende du cinéma en signant l’un des plus grands westerns de tous les temps, sur le podium aux côtés des meilleurs John Ford et Sergio Leone. Réponse américaine aux westerns spaghetti, La Horde sauvage est particulièrement violent, et par la même moderne et actuel : Peckinpah veut en effet déconstruire la mythologie hollywoodienne du western, à base de manichéisme des personnages et de romantisme de la violence. Il révèle la mauvaise conscience de l’Amérique et la fin d’une époque, où ses héros truands, reliés par un code de l’honneur, ne font que progresser vers la mort, dans un monde qui n’est déjà plus pour eux, la conquête de l’Ouest étant achevée et la modernité commençant. C’est donc par réalisme que le film est violent, cru et crépusculaire, où l’appât du gain et des plaisirs des prostitués dominent, où personne n’est à sauver – même les femmes et enfants ne font pas exception. Le film ne comporte que des séquences inoubliables, à commencer par les fusillades, notamment celles d’ouverture et de fermeture. Cette dernière est une des grandes scènes du cinéma américain : tournée en 12 jours (sur les 80 jours du tournage au total), elle nécessita 90.000 balles à blanc et plus de morts à l’écran que de figurants, ces derniers se relevant et se faisant recoudre leur costume pour retourner mourir à la prise suivante. La photographie est grandiose et renversante, le montage hors-norme et pénétrant, la durée du film totalement insensible, les acteurs excellents et plus vrais que nature. La musique de Jerry Fielding a été nominée aux Oscars, comme le scénario. On pourrait déverser les superlatifs à l’envie pour La Horde sauvage, concluons donc simplement qu’en plus d’un film clef du cinéma américain bien au-delà du genre western, il s’agit aussi et surtout d’une grande date dans la vie d’un cinéphile.

27 octobre : Ciné-club courses-poursuites avec Steve McQueen : Bullitt (1968) – Le Mans (1971)

Steve McQueen était un passionné de voiture et de course automobile. Il insistera toujours pour mettre ses talents à l’œuvre sur ses films. Voici donc l’occasion d’assister à ses deux plus mémorables courses-poursuites !

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– 19h : Bullitt (Peter Yates – 1968 – 113 minutes)
avec Steve McQueen, Robert Vaughn, Jacqueline Bisset, James Hagan

Le lieutenant de police Bullitt est chargé par un politicien ambitieux de protéger un mafieux qui doit témoigner au cours d’un procès.

Adapté d’un roman de Robert L. Pike et produit par Steve McQueen, Bullitt fait entrer le polar dans la modernité cinématographique. Tourné principalement en décors naturels et en extérieur à San Francisco, le film est nerveux, nocturne, poisseux, étonnamment réaliste, tant sur le milieu policier que médical. Malgré son scénario complexe, l’action est centrée sur le personnage de Bullitt, dont la sombre psychologie est exprimée avec une économie de dialogues et deviendra un archétype du cinéma policier. Le film est entré dans la légende pour son extraordinaire scène de course-poursuite d’une dizaine de minutes entre une Ford Mustang et une Dodge Chargers dans les rues de San Francisco, qui nécessita deux semaines de tournage et pour laquelle Steve McQueen refusa d’être doublé, et qui marqua un tournant dans le cinéma d’action. Récompensé par l’Oscar du meilleur montage, ce film au succès colossal est devenu une icône de la carrière de Steve McQueen et du thriller américain. Ford édita même en 2001 et 2008 en série limitée une Mustang Bullitt !

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– 21h : Le Mans (Lee H. Katzin – 1971 – 106 minutes)
avec Steve McQueen, Siegfried Rauch, Elga Andersen, Luc Merenda

Michael Delaney se prépare à courir la course des 24h du Mans, sa première après un terrible accident qui a par ailleurs coûté la vie à son ancien co-équipier.

Steve McQueen, arrivé deuxième à la course des 12h de Sebring en 1970, s’est énormément investi dans ce projet sur sa passion automobile, et voulait le tourner pendant une véritable course des 24h du Mans, mais les assurances refusèrent de le prendre en charge. Le circuit fut alors loué pendant trois mois avec vingt-cinq voitures de course, ainsi que des pilotes professionnels, mécaniciens et conseillers techniques, et il tourna lui-même une partie des prises de vue en Porsche 917 à une moyenne de 320 km/h. Le tournage fut pourtant difficile, avec un budget explosé et de multiples accidents : un coureur brulé au visage et aux mains, un autre amputé de la jambe, et enfin Steve McQueen évita de peu un camion en pleine course. En partie dramatique et en partie documentaire, magnifié par la bande-son de Michel Legrand, Le Mans reste un des meilleurs films et des plus réalistes sur la course automobile, étant le premier à installer des caméras sur les voitures.