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16 décembre 2017 : Ciné-club Gastronomie : Tampopo (1985) – Vatel (2000)

– 19h : Tampopo (Juzo Itami – 1985 – 114 minutes)

avec Tsutomu Yamazaki, Nobuko Miyamoto, Koji Yakusho, Ken Watanabe

Un camionneur cowboy rentre dans un restaurant de ramen (soupe de nouilles japonaises), et critique le plat de la cuisinière. Celle-ci l’implore de lui apprendre à mieux cuisiner.

Second long-métrage de Juzo Itami (suicidé en 1997, à moins que les yakuza ne l’y aient aidé…), Tampopo est le seul à être sorti en France. Qualifié de western ramen (parodiant le terme « western spaghetti »), cette comédie hilarante met en scène des japonais en quête des nouilles absolues, avec des scènes délirantes et pince-sans-rire (parfois façon films à sketches à la Monty Python) et un sens du rituel typiquement nippon. Le personnage principal, flanqué d’un chapeau de cowboy, copie le jeu minéral de Clint Eastwood, tandis que l’on a droit à une belle galerie de personnages, tous plus gourmets et déjantés les uns que les autres. Rempli de plats et aliments savoureux (parfois érotiques), ce film culte est incontournable pour tous les amateurs de gastronomie, de culture nipponne ou tout simplement de films hors-normes. Il a d’ailleurs donné son nom à bien des restaurants japonais dans le monde, mais on doute que les ramen y soient aussi excellents.

– 21h : Vatel (Roland Joffé – 2000 – 117 minutes)

avec Gérard Depardieu, Uma Thurman, Tim Roth, Arielle Dombasle, Julian Glover, Timothy Spall, Julian Glover, Julian Sands

François Vatel, l’intendant du prince de Condé, doit organiser trois jours de repas, de fêtes et de spectacles en l’honneur de la venue de Louis XIV et de sa cour, afin de faire regagner à Condé les bonnes grâces du roi.

Après Danton, Rodin ou Christophe Colomb, Gérard Depardieu tourne à nouveau dans un film historique. Cette fois-ci il prend les traits de François Vatel, prodigieux pâtissier-traiteur, intendant et organisateur de banquets grandioses, rôle qui apparaît comme une évidence pour notre acteur gourmet et gourmand. Celui-ci est passé à la postérité pour son sens de l’honneur absolu et radical (nous laisserons la surprise à ceux qui l’ignorent). Roland Joffé (La Déchirure, Mission) en tire ainsi un film très soigné visuellement, centré sur les fêtes fastueuses pour des centaines de convives et ses spectacles somptueux, d’une démesure gastronomique, théâtrale et pyrotechnique, car rien n’est trop bon pour satisfaire le roi. Mais les coulisses nous sont aussi racontées, tant du point de vue logistique que des redoutables et cyniques intrigues de cour. Le réalisateur devient en quelque sorte un nouveau Vatel, avec des tournages dans des décors prestigieux (châteaux de Voisins, de Chantilly, Maisons-Laffitte, de Vaux-le-Vicomte, etc.) récompensés d’un César, des costumes magnifiques aux César et une musique signée Ennio Morricone.

Ciné-club Ultra-violence : Funny Games U.S. (2007) – Orange Mécanique (1971)

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– 19h : Funny Games U.S. (Michael Haneke – 2007 – 111 minutes)

Avec Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt, Brady Corbet, Devon Gearhart

Une famille américaine en vacances dans leur maison de campagne est malmenée par deux charmants jeunes hommes un peu trop joueurs.

Après sa trilogie de la glaciation émotionnelle, Michael Haneke avait réalisé en Autriche en 1997 un film choc, Funny Games. Dix ans plus tard, il réalise lui-même un remake, Funny Games U.S., avec exactement le même scénario, les mêmes dialogues, les mêmes plans de caméra, avec pour seule différence les décors et les acteurs. Pourquoi une initiative aussi étrange ? Il faut savoir que Funny Games était tout sauf un film de violence gratuite (qui est de toute façon et avant tout psychologique), mais une rude mise à l’épreuve du spectateur, visant à lui faire comprendre que la violence qu’on lui a habitué à voir au cinéma et à la télévision depuis des décennies était fausse, édulcorée, in fine toujours lavée dans la morale, la justice et le happy end, par la police ou de valeureux héros. En réalité, la véritable violence, telle qu’elle est vécue dans le monde réel n’a rien à voir avec celle de la fiction : elle est radicale, crue, douloureuse, et souvent sans secours. Le film avait beau avoir fait scandale lors de sa présentation au cinquantième Festival de Cannes, le film autrichien était passée complètement inaperçue aux Etats-Unis, qui est le pays même de la violence, à la fois réelle et fictionnelle, à travers son imposante industrie du divertissement audiovisuel qui vend de la violence (sous forme de scènes de fusillades ou de meurtres sanglants) comme des popcorns pour presque tous les publics. C’est pourquoi Haneke adopte une nouvelle stratégie, et décide de porter son discours cinématographique sur la violence non plus par la petite case des films indépendants en langue allemande importés d’Europe, mais avec un nouveau film en anglais produit par des capitaux internationaux, avec des stars américaines (Naomi Watts et Tim Roth) dans un cadre de vie américain à Long Island, afin qu’il ait une meilleure exposition sur les écrans nationaux. Le film s’avère être un échec au box-office, mais qu’importe, il demeure une des dénonciations définitives sur la violence de divertissement, grâce à son mécanisme psychologiques tout à fait machiavélique et rigoureux. En somme, l’Orange Mécanique des années 2000.

 ORANGE MECANIQUE

– 21h : Orange Mécanique (Stanley Kubrick – 1971 – 137 minutes)

Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, Adrienne Corri, David Prowse

« Il y avait moi, c’est à dire Alex et mes trois droogies, c’est à dire Pete, Georgie et Dim. Nous étions installés au Korova Milk Bar à nous creuser le rassoudok pour savoir où passer la soirée. Au Korova on sert du Lait Plus, Lait Plus Velocet ou Synthemesc ou Drinkrom. Nous, on en était au Drinkrom, ça vous affute l’esprit et ça vous met en train pour une bonne petite fête d’ultra violence. »

En 1962 Anthony Burgess écrit le livre L’Orange mécanique, inspiré par le viol de sa femme. En 1971, Stanley Kubrick, auréolé du triomphe de 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), l’adapte au cinéma (en se basant sur l’édition américaine du livre, qui omet le chapitre final où Alex murit et renonce à la violence, ce qui rend la fin du film plus cynique et pessimiste). C’est un film de science-fiction qui pose le problème politique de la violence dans une époque de crise économique à l’horizon social sombre, en montrant le conflit entre le libre arbitre de l’individu et le contrôle totalitaire de l’Etat (ce qui est encore d’actualité, et sans doute pour longtemps). Après la sortie de films violents en 1971 comme Les Chiens de paille (Sam Peckinpah) ou Les Diables (Ken Russel), la polémique éclate dans les médias, Orange mécanique est classé X au cinéma. Suite à quelques actes de délinquances influencés par le film, ainsi que des lettres de protestation et de menaces contre sa famille, Kubrick (résident britannique) choisit d’interdire le film au Royaume-Uni. Il y restera donc officiellement invisible pendant vingt-sept ans, jusqu’à sa mort, ce qui a grandement contribué à en faire un film culte, qu’on ne pouvait réussir à voir qu’en copie pirate de mauvaise qualité. Mais au-delà de son aura sulfureuse, les qualités d’Orange mécanique résident évidemment dans son esthétique unique, visuellement futuriste et volontairement kitsch, en accentuant la mode psychédélique de l’époque. Les scènes de violence stylisée n’ont pas d’équivalent dans l’histoire du cinéma, magnifiée par la musique expérimentale de Wendy Carlos, du Beethoven, Purcell et Rossini joué sur synthétiseur Moog ! Malcolm McDowell (repéré dans If… en 1968) joue ici le rôle de sa vie, Alex DeLarge et son fameux langage nadsat (mélange d’argot anglais et de russe), devenu un symbole du jeune subversif et charismatique. L’influence et l’importance culturelle du film est immense, tant dans le cinéma (Quentin Tarantino, Gaspar Noé) que dans l’esthétique ou les paroles de groupe de musique (Led Zeppelin, David Bowie, Siouxsie and the Banshees, Blur), parmi bien d’autres clins d’œil audiovisuels (Simpson, South Park). Entre 2001 et Barry Lyndon, Orange mécanique est un des chefs d’œuvre qui ont fait de Stanley Kubrick est un des plus grands réalisateurs du cinéma.

Ciné-club John Travolta sur la piste de danse ! La Fièvre du samedi soir (1977) – Pulp Fiction (1994)

On ne sait pas ce qu’il serait advenu de la carrière de John Travolta s’il ne l’avait pas commencé avec deux films de danse aux succès foudroyants : La Fièvre du samedi soir et Grease. Après un passage à vide, Quentin Tarantino lui offre le premier rôle de son film culte Pulp Fiction, et ne pouvait pas ne pas lui donner une malicieuse scène de danse, bien sûr beaucoup moins athlétique et fortement parodique.

La soirée sera complétée de chansons des Bee Gees (qui faisaient de la pop baroque à leurs débuts), disco et surf !

 Dimanche 5 janvier 2014 :

LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR

– 19h : La Fièvre du samedi soir (John Badham – 1977 – 119 minutes)

avec John Travolta, Karen Lynn Gorney

Un jeune new-yorkais d’origine italienne ne vit que pour la danse du samedi soir en boîte.

Pour son premier rôle principal, John Travolta accède immédiatement à la consécration internationale. En effet, La Fièvre du samedi soir est un succès colossal au box-office, et devient emblématique d’une génération désabusée, en quête de plaisirs faciles entre deux boulots minables et avant l’apparition du sida. Car contrairement aux clichés qu’il véhicule, le film ne traite pas que de danse, de sorties en boîte ni d’amour : il analyse le contexte social (notamment professionnel et familial, mais aussi le racisme) dans lequel les jeunes tentent de trouver une direction à leur vie. D’autre part, le film doit évidemment beaucoup à sa bande-son disco (vendue à 40 millions d’exemplaires) qui popularisa dans le monde entier ce nouveau genre musical, pour le meilleur et pour le pire : surtout les Bee Gees bien sûr avec Stayin’ Alive, mais aussi Kool & the Gang ou KC and the Sunshine Band. La musique participe au kitsch du film, présent aussi dans les scènes de danse, costumes, dialogues et certaines situations, qui ont font un film régulièrement surprenant et savoureux ! John Travolta fut nominé à l’Oscar du meilleur acteur, et accentuera son statut d’acteur-danseur dans Grease l’année suivante – à noter qu’il reprendra son rôle dans la suite de La Fièvre du samedi soir en 1983, Staying Alive, réalisée par Sylvester Stallone !

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– 21h : Pulp Fiction (Quentin Tarantino – 1994 – 154 minutes)

avec John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman, Harvey Keitel, Tim Roth, Rosana Arquette, Christopher Walken

Les destins croisés de plusieurs petits malfrats de Los Angeles.

Après des années d’errance, John Travolta revient sur le devant de la scène avec l’un des films cultes des années 90, Pulp Fiction. Avec son casting de luxe, Quentin Tarantino prend un malin plaisir à utiliser ses stars dans des rôles à contre-emploi. Travolta se retrouve ainsi piètre danseur avec Uma Thurman sur You Never Can Tell de Chuck Berry. La bande originale de Pulp Fiction est d’ailleurs une des plus riches et des plus fameuses du cinéma moderne, puisant dans le répertoire surf, rock’n’roll, pop et soul, avec une originalité qui fait partie de la marque de fabrique de Tarantino – à ranger aux côtés de son goût des dialogues stylisés, décalés et interminables, ses histoires à tiroirs et rebondissements qui s’entremêlent, une esthétisation de la violence proche du burlesque, et surtout une réappropriation personnelle de la culture populaire et de la mythologie hollywoodienne, mi-hommage mi-parodique. Pulp Fiction a remporté la Palme d’Or du Festival des Cannes, a été nominé à six Oscars (et remporta celui du meilleur scénario). Il a relancé la carrière de Travolta et imposé Tarantino dans la cinéphilie mondiale.