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12 novembre 2017 : Ciné-club Alcool : Cocktail (1988) – Leaving Las Vegas (1995)

COCKTAIL

– 19h : Cocktail (Roger Donaldson – 1988 – 103 minutes)

avec Tom Cruise, Bryan Brown, Elisabeth Shue, Gina Gershon, Kelly Lynch

Un jeune ambitieux arrive à New York et devient barman, aidé par son patron qui va lui apprendre comment monter dans le métier et la société.

Le jeune Tom Cruise est en pleine ascension dans les années 80 : il enchaîne Legend (Ridley Scott), l’inénarrable Top Gun et La Couleur de l’argent (suite de L’Arnaqueur avec Paul Newman par Scorsese). Son prochain film est sur mesure pour lui : une comédie vaguement romantique et efficace sur un jeune étudiant qui a pour lui sa belle gueule et qui va s’ouvrir les portes du monde de la nuit. Inspiré par l’expérience du métier par le scénariste dans sa jeunesse, Cocktail est un pur produit des années 80, et c’est en ça qu’il est encore intéressant aujourd’hui : il montre une société obsédée par la réussite sociale, l’argent, l’apparence, le clinquant, le confort, jusqu’à son esthétique si caractéristique. C’est donc la parfaite capsule temporelle et culturelle d’une époque codifiée, légère et futile. La bande-son est remplie de morceaux pop-rock rythmés, à commencer par « Kokomo » qui devint numéro un et remit en selle les vieux Beach Boys. Cocktail a été un grand succès à son époque, et ses scènes de jonglage de shaker par Tom Cruise font partie de la culture populaire.

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– 21h : Leaving Las Vegas (Mike Figgis – 1995 – 107 minutes)

avec Nicolas Cage, Elisabeth Shue, Julian Sands

Un scénariste alcoolique est renvoyé de son travail. Il s’installe à Las Vegas pour réaliser un suicide alcoolique. Mais il rencontre une prostituée, et ils vont tenter de retrouver goût à la vie.

L’écrivain John O’Brien se suicida deux semaines après avoir vendu les droits d’adaptation de son roman autobiographique. Ca donne le ton d’entrée de jeu… Leaving Las Vegas est une descente aux enfers, ni hollywoodienne ni glauque mais simplement réaliste, dans l’alcoolisme. Les joies, les scandales, le manque, la destruction. La rencontre d’un alcoolique avec une prostituée va donner lieu à une tentative désespérée de sauver leurs vies. Nicolas Cage (à l’époque encore un acteur dramatique) a accepté un cachet quinze fois inférieur à son standard pour jouer ce rôle, et grand bien lui a fait, puisqu’il en a été récompensé de l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur. Elisabeth Shue est quant à elle nommée à l’Oscar, tout comme le réalisateur et le défunt scénariste. La bande-son blues/jazz du film, lui collant assez bien, a été composée par le réalisateur Mike Figgis, avec plusieurs titres chantés par Sting. Cette histoire d’un amour impossible entre deux marginaux ayant chacun besoin l’un de l’autre est tout à fait touchante sans être dérangeante. Ce film d’auteur à petit budget et anti-Pretty Woman a connu un surprenant mais mérité succès auprès du public américain, sans doute fasciné par la face cachée de leur pays. Nicolas Cage n’interprétera plus de rôles aussi profonds, puisqu’il enchaînera directement sur The Rock, Les Ailes de l’enfer, Volte/Face, et des dizaines de films d’action insipides.

21 mai 2017 : Ciné-club Guerre de gangs : Outsiders (1983) – West Side Story (1961)

OUTSIDERS

– 19h : Outsiders (Francis Ford Coppola – 1983 – 114 minutes)

avec C. Thomas Howll, Matt Dillon, Diane Lane, Ralph Macchio, Rob Lowe, Patrick Swayze, Emilio Estevez, Tom Cruise, Leif Garrett

Dans les années 50 dans l’Oklahoma, deux bandes d’adolescents, se font la guerre : les Greasers, délinquants défavorisés, contre les Socs, issus des beaux quartiers.

Après l’historique Apocalypse Now, Francis Ford Coppola était revenu à un cinéma moins épique, le très stylisé et musical Coup de cœur. Dans un genre encore différent et stylistiquement bien plus sobre, il adapte d’un roman best-seller de Susan Hinton Outsiders, une histoire d’adolescents bagarreurs. Il explore bien sûr la confusion et la complexité existentielles de cette période ingrate, où l’on cherche sa place dans la société, à se situer par rapport aux adultes et à la famille, et où l’amitié est la valeur la plus élevée. La dimension sociologique est particulièrement présente, entre les deux bandes issues de classes opposées. Le casting est remarquable pour révéler toute une génération de jeunes acteurs inconnus qui deviendront des stars : Matt Dillon (Sexcrimes, Mary à tout prix), Patrick Swayze (Dirty Dancing, Ghost), Tom Cruise (Top Gun, Mission Impossible), Emilio Estevez (The Breakfast Club), Diane Lane (Rusty James, Les Rues de feu), Ralph Macchio (Karate Kid), Rob Lowe (A la Maison Blanche, Wayne’s World). Excellemment bien filmé et mis en scène, Outsiders se révèle particulièrement juste, innocent et touchant, et n’est pas sans rappeler le mythique La Fureur de vivre avec James Dean. Rusty James, le film suivant de Coppola, sera aussi adapté d’un roman de Susan Hinton, avec Matt Dillon.

WEST SIDE STORY

– 21h : West Side Story (Robert Wise & Jerome Robbins – 1961 – 153 minutes)

avec Natalie Wood, Richard Beymer, Russ Tamblyn, Rita Moreno, George Chakiris

Les Jets, américains d’origine polonaise, et les Sharks, immigrés portoricains, se font la guerre à New-York. Mais la sœur du chef des Sharks et l’ancien chef des Jets tombent amoureux…

En 1957, l’âge d’or des comédies musicales avec Gene Kelly et Fred Astaire est bien révolu. Mais un spectacle mis en musique par Leonard Bernstein triomphe à Broadway durant trois ans : West Side Story. Robert Wise, connu pour sa diversité de genres (science-fiction, polar, péplum, guerre), est choisi pour le produire au cinéma et le mettre en scène, cette deuxième casquette étant partagée avec l’auteur de la pièce, Jerome Robbins pour les chorégraphies. Les acteurs répètent pendant d’innombrables heures, la plupart étant doublés pour les parties chantées. Le tournage dure six mois, et contrairement à la tradition hollywoodienne des musicals sur-stylisés, une partie est filmée en extérieur dans les rues de New York durant cinq semaines. West Side Story est un miracle visuel, chorégraphique et mélodramatique, doublé d’une sérieuse critique sociale, ciblant les problèmes d’immigration et de délinquance derrière le vernis de l’american way of life. Remplies de scènes et chansons fameuses, ce Romeo et Juliette musical, urbain et ethnique est un triomphe public et critique, raflant dix Oscars (meilleurs film, réalisateur, acteur et actrice de second rôle, direction artistique, costumes, photographie, son, montage et musique). Non content d’avoir relancé la comédie musicale, il en est un des sommets absolus. Robert Wise signera quand même un autre classique du genre en 1965 : La Mélodie du bonheur.

20 septembre : Ciné-club frères : Le Gang des frères James (1980) – Rain Man (1988)

LE GANG DES FRERES JAMES

– 19h : Le Gang des frères James (Walter Hill – 1980 – 100 minutes)

avec David Carradine, Keith Carradine, Robert Carradine, James Keach, Stacy Keach, Dennis Quaid, Randy Quaid, Christopher Guest, Nicholas Guest

Le sanglant et redouté gang de braqueurs de banques de Jesse James est poursuivi par une agence de détectives.

Le gang des frères James-Younger est un des grands mythes de l’histoire des Etats-Unis, sans doute les plus fameux hors-la-loi avec Billy le Kid, adapté bien des fois au cinéma par King Vidor, Nicholas Ray ou Philip Kaufman. Contrairement à d’autres, Walter Hill (dont il s’agit du premier western, avant Geronimo ou Wild Bill, d’autres légendes de l’Ouest) adopte un parti pris tout à fait réaliste, loin de toute vision romantique, montrant gangsters comme des anti-héros, simples fils de fermiers dans leur vie quotidienne. La grande originalité du film est d’avoir choisi d’authentiques frères comme acteurs : les Carradine, Keach, Quaid et Guest. Ce n’est pas la seule chose qui porte le film, mais cela renforce le sentiment d’authenticité et de sobriété anti-hollywoodienne – David Carradine est d’ailleurs le plus charismatique. Walter Hill, en élève de Sam Peckinpah (il a scénarisé son Guet-apens), distille tout de même des scènes d’explosion de violence sanglante lors des braquages. Enfin la musique est intelligemment confiée à Ry Cooder, qui inaugure sa carrière de compositeur de film (en faisant abstraction de Performance en 1970) – il signera la bande-son de six autres films de Walter Hill.

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– 21h : Rain Man (Barry Levinson – 1988 – 133 minutes)

avec Tom Cruise, Dustin Hoffman, Valeria Golino

Un vendeur de voitures matérialiste et ruiné découvre à la mort de son père qu’il a un grand frère autiste, à qui est confié tout l’héritage.

Rain Man est inspiré d’une histoire vraie, celle de Kim Peek, un américain autiste savant doté d’une mémoire exceptionnelle (allant jusqu’à se souvenir parfaitement des noms et numéros de l’annuaire). Le film a donc été minutieusement préparé à l’aide psychologues et spécialistes. Dustin Hoffman en livre une interprétation inouïe et bouleversante, plus vraie que nature. Même l’inénarrable Tom Cruise s’avère tout à fait juste et même très important pour contrebalancer et mettre en valeur le jeu complexe d’Hoffman. Cette histoire touchante entre deux frères qui apprennent à se connaître et se comprendre le temps d’un road-movie est devenue le plus gros succès de Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Harcèlement), un raz de marée public (dépassant même Indiana Jones et la dernière croisade et Retour vers le futur II) et critique : Ours d’or à Berlin, et quatre Oscars remportés sur huit nominations aux Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario et acteur pour Hoffman). Dustin Hoffman retravaillera avec Barry Levinson dans Sleepers, Des Hommes d’influence et Sphère.