Archives du mot-clé Treat Williams

24 mai : Ciné-club prohibition avec deux bières Beavertown en pression (Paris Beer Week #2)

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– 19h : Il était une fois en Amérique (Sergio Leone – 1984 – 229 minutes)

Avec Robert De Niro, James Wood, Elizabeth McGovern, Joe Pesci, Burt Young, Tuesday Weld, Treat Williams, Jennifer Connelly

Dans les années 60, un vieil homme se souvent de sa jeunesse avec ses amis dans le ghetto juif du New York des années 20, puis dans les bars clandestins et le trafic d’alcool au temps de la prohibition des années 30.

Bien des années après ses cinq westerns mythiques qui ont bouleversé le genre, de Pour une poignée de dollars (1964) à Il était une fois la révolution (1971), Sergio Leone reprend la caméra pour ce qui deviendra son ultime chef d’œuvre. Adapté du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone a travaillé pendant douze ans sur le scénario de Il était une fois en Amérique, cette monumentale et bouleversante fresque sur les années folles dans les bars clandestins sous la prohibition. Il y porte un regard vertigineux sur le destin d’individus liés par l’amitié, l’amour, la trahison et les règlements de comptes sanglants entre gangsters, couvrant une période de quarante ans, de l’enfance à la vieillesse. Magnifié par une partition exceptionnelle de son compositeur attitré Ennio Morricone et par des acteurs au sommet – Robert De Niro et James Wood (Videodrome, Casino, Vampires) bien évidemment, mais aussi Joe Pesci (Raging Bull, Les Affranchis, Casino), Burt Young (Rocky) ou la jeune Jennifer Connelly (Requiem for a dream) -, le film fait figure de testament esthétique et cinématographique. L’implication de Sergio Leone et le rythme de tournage lui coûtèrent sa santé (il disait que chaque film lui faisait perdre cinq ans de sa vie). Il était une fois en Amérique fut charcuté par les producteurs à sa sortie américaine (remonté chronologiquement et amputé de bien des scènes), ce qui effondra le réalisateur. Mais des années après sa mort, la version longue originelle est enfin restaurée et permet de faire justice à l’un des plus grands films du cinéma.

Vu le nombre de règlements de compte sanglants qui émaillent le film, rien de tel que de se rafraîchir avec la Bloody ‘Ell en pression, une American IPA à l’orange sanguine (7,2°) des anglais Beavertown ! Dans le cadre de la Paris Beer Week #2, une autre bière Beavertown sera proposée en pression, la Papa Pils, une Imperial Pils (7°) brassée spécialement en collaboration avec les américains Odell.

Ciné-club Danny Boyle : 127 heures (2010) – Slumdog Millionnaire (2008)

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– 19h : 127 heures (Danny Boyle – 2010 – 94 minutes)
avec James Franco, Clémence Poésy, Kate Mara, Amber Tamblyn, Lizzy Caplan, Treat Williams, Kate Burton, Pieter Jan Brugge

Un randonneur-alpiniste américain se retrouve par accident coincé au fond d’un canyon dans l’Utah.

Inspiré d’une histoire vraie survenue à Aron Ralston en 2003, transcrite en 2006 dans le livre Plus fort qu’un roc, cela faisait quatre ans que Danny Boyle souhaitait réaliser un film sur lui. L’alpiniste était d’ailleurs réticent au début, préférant réaliser lui-même un documentaire avec sa propre voix off. Mais c’est suite au succès mondial de Slumdog Millionaire qu’il changea d’avis. 127 heures reprend d’ailleurs certaines pointures oscarisées de ce film : Simon Beaufroy est de retour au scénario, ainsi que A. R. Rahman à la musique (Dido co-compose et interprète la chanson « If I Rise », nominée aux Oscars)). Tourné en partie dans le vrai canyon du drame et en partie en studio après avoir reproduit avec exactitude le relief de la crevasse, ce film de survie est un véritable défi narratif, puisqu’il est centré pendant presque une heure et demie sur un homme coincé dans la nature, à un endroit inaccessible, et parvient quand même à être stimulant, rythmé et impliquant pour le spectateur. Il repose donc en grande partie sur la performance de James Franco, seul à l’écran durant la majorité du film, alternant entre instinct de survie, monologues, désespoir, hallucinations et flashbacks. 127 heures a reçu cent vingt-cinq nominations, dont trois aux Golden Globes et six aux Oscars (dont meilleurs film, acteur, scénario, montage et musique), et remporte vingt-deux prix, dont celui de meilleur film selon l’American Film Institute.

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– 21h : Slumdog Millionaire (Danny Boyle – 2008 – 120 minutes)
avec Dev Patel, Freida Pinto, Anil Kapoor, Irfan Khan, Ayush Mahesh Khedekar, Azharuddin Mohammed Ismail, Rubina Ali

Un jeune indien des bidonvilles est accusé de triche au jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?

Adaptation du roman indien de Vikas Swarup, Slumdog Millionaire prend place en Inde, dans la face cachée de sa prodigieuse croissance économique. L’interrogatoire de la police concernant la série suspecte de bonnes réponses provenant d’un jeune « pouilleux » (« slumdog ») sans éducation au célèbre jeu télévisé est un prétexte à des flashbacks sur des épisodes clefs de sa vie dans la pauvreté urbaine, à l’ombre du développement et de la modernisation du pays, au contact de la vie locale, de la mafia, de la mendicité, du vol, des petits boulots et de la débrouille quotidienne. Certaines scènes sont d’ailleurs tournées en temps réel dans les rues des bidonvilles de Bombay, en se mêlant à la foule avec de l’équipement léger et discret sans se faire remarquer. Mais loin d’être une peinture glauque de la misère, le film est un véritable conte de fées coloré et grouillant, une histoire d’amour prenante et rythmée, magistralement réalisée et efficacement scénarisée par Simon Beaufroy (The Full Monty). Si les deux acteurs principaux sont débutants au cinéma (Dev Patel était certes au casting de la série Skins), Anil Kapoor (le présentateur du jeu) a joué dans une centaine de films indiens (son nom est d’ailleurs proposé parmi les réponses possibles à une question du jeu !). Pour l’anecdote, le jeu Qui veut gagner des millions ? fait aussi partie d’un autre film, français, Mon Meilleur ami (2006, de Patrice Leconte), avec Jean-Pierre Foucault au casting dans son propre rôle ! Slumdog Millionaire a été un véritable triomphe public et critique, remportant quatre Golden Globes, sept BAFTA et huits Oscars (ceux de meilleurs film, réalisateur, scénario, montage, photographie, musique, chanson et mixage). Si certaines critiques ont créé la controverse en dénonçant une vision occidentale et tiers-mondiste des inégalités profondes et dramatiques de l’Inde moderne, Slumdog Millionaire reste avant tout un grand film populaire où tout fonctionne admirablement, un spectacle naïf et imparable digne des grandes heures d’Hollywood.

6 octobre : Ciné-club Hippies : Easy Rider (1969) – Hair (1979)

Au programme, deux films cultes de l’époque colorée, lysergique et mouvementée du flower power :

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– 19h : Easy Rider (Dennis Hopper – 1969 – 94 minutes)
avec Peter Fonda, Dennis Hopper, Jack Nicholson

Deux motards sillonnent l’Amérique et font toute sorte de rencontres, notamment d’un avocat défenseur des droit civiques, d’une communauté hippie ou d’américains réactionnaires.

Avec Bonnie & Clyde et Le Lauréat, Easy Rider marque la naissance du nouvel Hollywood, rompant avec le système de production classique et s’inspirant du néoréalisme italien, de la Nouvelle Vague française et de la contre-culture américaine psychédélique, où les réalisateurs reprennent le contrôle de la création sur les producteurs. Le film est un symbole de liberté, autant celle du réalisateur et de ses amis (Dennis Hopper et Peter Fonda l’ont co-écrit, jouent dedans, le premier le réalise et le second le produit) qui tournent avec très peu de moyen dans des décors naturels, que celle de ses personnages marginaux qui à travers un road movie découvrent la face noire et rétrograde des Etats-Unis, le conservatisme, l’hostilité, l’incompréhension, la violence, la prison et bien pire encore. Il rencontra un succès immense et inattendu, reçut le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes, et devint une des œuvres culturelles les plus marquantes des années 60 en annonçant ses désillusions concernant ses valeurs utopistes et révolutionnaires. Enfin sa bande-son eut autant de succès, avec bien sûr Steppenwolf et son iconique « Born to Be Wild », mais aussi The Jimi Hendrix Experience, The Electric Prunes, The Byrds ou Electric Flag – à noter que le légendaire producteur Phil Spector fait une petite apparition au début du film !

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– 21h : Hair (Milos Forman – 1979 – 121 minutes)
avec John Savage, Treat Williams, Beverly d’Angelo, Nicholas Ray

Un jeune campagnard enrôlé pour le Vietnam désire visiter New York avant de partir au front. Il rencontre des hippies à Central Park qui vont l’initier à leur mode de vie.

Cinq ans avant son Amadeus, Milos Forman s’immisce dans le domaine musical avec l’adaptation qu’il voulait réaliser depuis longtemps de la pièce culte de Broadway de Gerome Ragni et James Rado (aux paroles) et Galt MacDermot (pour la musique). Succès colossal aux Etats-Unis en 1968 (où elle reste à l’affiche pour 1750 représentations pendant quatre ans), elle engendra des productions locales dans pas moins de 19 pays tels qu’en Angleterre, France (première traduction française d’une pièce musicale américaine, elle fit scandale pour sa nudité, provoquant une manifestation de l’Armée du Salut, et révéla nul autre que Julien Clerc !), Allemagne (avec Donna Summer !), Yougoslavie (alors communiste), Australie, Mexique ou Japon. Pur produit de la contreculture hippie et de la révolution sexuelle, ses chansons utopiques et militantes traitent de thèmes sociaux comme l’amour libre, la guerre du Vietnam, le pacifisme, le racisme, les drogues, la vie de bohème ou le conservatisme de la société. Le film fut entièrement tourné à New York pendant un an, majoritairement en extérieur, avec pas moins de 20.000 figurants. Plusieurs chansons ne furent pas reprises pour le film, et le scénario a été modifié à quelques endroits (notamment la fin), ce qui fit dire aux auteurs de la pièce que son esprit ne fut pas respecté, mais le film eut un énorme succès et reste à la fois l’une des comédies musicales les plus fameuses et un des films emblématiques du flower power.