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2 juillet 2017 : Ciné-club ville frontière : Casablanca (1942) – Le Troisième homme (1949)

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– 19h : Casablanca (Michael Curtiz – 1942 – 102 minutes)

avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Conrad Veidt, Sydney Greenstreet, Peter Lorre

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un patron d’un club à Casablanca voit débarquer son ancien amour en compagnie d’un héros de la Résistance qui doit absolument se procurer des papiers pour quitter le pays et poursuivre la lutte.

Hollywood produisait des dizaines de films du genre à la chaîne, en tant qu’industrie parfaitement bien rôdée, avec des talents à tous les étages, des plus discrets techniciens aux plus grandes stars. Et pourtant le sort a fait de Casablanca une alchimie littéralement miraculeuse, le faisant entrer au panthéon des grands classiques de l’histoire du cinéma. A l’origine une pièce de théâtre adaptée et modifiée par la Warner, le film est réalisé par le prolifique américain d’origine hongroise Michael Curtiz (173 films !), déployant ses superbes et subtils mouvements de caméra. Eclipsant Ronald Reagan (!) pour le premier rôle, Humphrey Bogart est alors en pleine ascension (il a joué dans le mythique Faucon maltais l’année précédente), et Ingrid Bergman n’a jamais été aussi belle, les deux formant l’un des couples les plus iconiques et déchirants du cinéma. Tourné en pleine Seconde Guerre mondiale, Casablanca a une résonnance historique particulière avec le patriotisme des Alliés, le couple devant choisir entre leur amour privé ou le sacrifice pour une cause plus grande et universelle. Leur incertitude et leur confusion n’est pas simulée, puisque le acteurs ne connaissaient pas la conclusion du scénario avant le dernier jour de tournage ! Chaque acteur secondaire est aussi brillant : Claude Rains (L’Homme invisible, Le Fantôme de l’opéra, Les Enchaînés), Sidney Greenstreet (Le Faucon maltais), Peter Lorre (M le maudit, Le Faucon maltais), et la photographie noir et blanc est absolument prodigieuse. Perfection magnétique de tous les instants, Casablanca a reçu les Oscars des meilleurs film, réalisateur et scénario adapté, nommé dans cinq autres (meilleurs acteur pour Bogart, second rôle pour Rains, photographie, montage et musique), et trône toujours, pour ceux qui l’ignoraient encore, sur le podium des classements des plus grands films américains, avec Citizen Kane ou Le Parrain.

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– 21h : Le Troisième homme (Carol Reed – 1949 – 104 minutes)

avec Joseph Cotten, Alida Valli, Orson Welles, Trevor Howard

Un écrivain se rend à Vienne, alors occupée par les différents vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, à l’invitation d’un ami. Mais le jour de son arrivée il apprend sa mort mystérieuse. Il décide de mener sa propre enquête…

Ecrit par le réalisateur britannique Carol Reed et l’écrivain Graham Greene, Le Troisième homme se passe à Vienne en ruines, divisée comme Berlin en différents secteurs contrôlés par les Alliés. La ville est un décor idéal pour un trouble film d’espionnage, rempli de cadrages magnifiques, d’une photographie renversante de contrastes et d’ombres (ce qui lui valut un Oscar). Le personnage mythique d’Harry Lime fut inspiré à Graham Green par un de ses supérieurs aux services secrets britanniques. Orson Welles tient un de ses plus fameux rôles d’acteur – métier qu’il consentait à faire uniquement pour financer ses propres réalisations, en l’occurrence Othello à l’époque. En plus de sa présence magnétique à l’écran, on raconte qu’il influença la mise en scène de certaines séquences ou ses dialogues. L’inoubliable thème musical à la cithare fut si populaire qu’il sortit en single et se vendit à plusieurs millions d’exemplaires (elle sera réutilisée pour la série Around the world with Orson Welles) ! Avec son scénario riche et ses multiples scènes cultes (les égouts, la grande roue, l’enterrement), Le Troisième homme est un des sommets du film noir, remportant la Palme d’or du Festival de Cannes. Le personnage d’Harry Lime fut si célèbre qu’il eut droit à sa propre série radiophonique sur la BBC ! En 1953, Carol Reed tournera un autre film d’espionnage, cette fois-ci  Berlin : L’Homme de Berlin.

25 juin 2017 : Ciné-club Vampire : Dracula et les femmes (1968) – Drácula (1931)

DRACULA ET LES FEMMES

– 19h : Dracula et les femmes (Freddie Francis – 1968 – 92 minutes)

avec Christopher Lee, Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Ewan Hooper, Barbara Ewing, Marion Mathie

Dans un village des Carpates, le corps d’une jeune fille est découvert, avec une morsure dans le cou. L’évêque et le curé se rendent au château du comte Dracula, mort depuis des années. Mais en se blessant, ils font couler du sang sur sa dépouille…

Après Le Cauchemar de Dracula (1958) et Dracula, Prince des ténèbres (1966), Christopher Lee ne souhaitait plus endosser le rôle de sa vie. Mais les productions Hammer le supplièrent d’accepter, lui disant que sans cela ils devraient mettre nombre de collaborateurs au chômage. Lee, familiers de cette maison somme toute assez artisanale, céda, pour notre plus grand bonheur. On retrouve ainsi dans Dracula et les femmes tous les charmes des productions Hammer, revisitant les mythes fantastiques et monstrueux (Dracula, Frankenstein, Momie, etc.) avec leur esthétique gothique, l’ambiance sixties, les couleurs vives du Technicolor, les trucages sanglants et une touche d’érotisme. Le scénario tente même de se libérer des clichés de la franchise, s’attardant sur la vie des villageois concernés et thématisant sur le conflit entre la foi et l’athéisme. Le réalisateur des deux précédents épisodes, Terence Fisher, s’étant cassé la jambe, il laisse son poste à Freddie Francis,un autre habitué de la Hammer, qui deviendra directeur de la photographie de David Lynch ou Martin Scorsese. Il donne un surplus de style à cet opus qui aura beaucoup de succès en salle, et incitera Christopher Lee, en échange d’une augmentation de salaire, à remettre la cape du vampire encore quatre fois, jusqu’en 1974.

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– 21h : Drácula (George Melford – 1931 – 104 minutes)

avec Carlos Villarias, Lupita Tovar, Barry Norton, Pablo Alvarez Rubio, Eduardo Arozamena, José Soriano Viosca

Renfield se rend au château du compte Drácula pour réaliser une transaction immobilière…

Le roman de Bram Stoker a été adapté en pièce de théâtre, elle-même adaptée au cinéma par Universal Studios, avec le légendaire Bela Lugosi dans le rôle-titre. Cependant, au lieu de doubler le film en langue étrangère, il était courant à l’époque de tourner une version étrangère en même temps en utilisant le même scénario et les mêmes décors et costumes, avec des acteurs étrangers. Ainsi, l’américain George Melford réalise une version espagnole avec des comédiens hispanophones, tournant de nuit pendant que la version américaine se tournait de jour sur les mêmes plateaux. L’équipe technique de nuit arrivant en avance, elle eut ainsi l’avantage d’observer le travail de l’équipe américaine, de s’en inspirer ou de l’améliorer. La version espagnole de Drácula est donc plus soignée visuellement, avec de meilleurs cadrages et mouvements de caméras. Le casting hispanophone s’en tire très bien, Lupita Tovar est bien plus sensuelle et moins habillée que l’actrice américaine, tandis que l’acteur jouant Renfield est d’une démence remarquable. Si ce Drácula espagnol est moins connu du grand public que la version américaine, les cinéphiles le tiennent pour plus réussi techniquement, et ne regrettent que l’absence de l’insurpassable Bela Lugosi.

19 mars 2017 : Ciné-club Poisson avec John Cleese & Michael Palin : Monty Python : Le Sens de la vie (1983) – Un Poisson nommé Wanda (1988)

MONTY PYTHON LE SENS DE LA VIE

– 19h : Monty Python : Le sens de la vie (Terry Jones – 1983 – 106 minutes)

avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Terry Jones, Eric Idle, Michael Palin

Des poisons dans un aquarium s’interrogent sur le sens de la vie.

La troupe britannique des Monty Python se forme en 1969 avec leur cultissime série télévisée Flying Circus, qui durera quatre ans et marquera à jamais la culture populaire par son insurpassable absurdité humoristique. Ils entrent au cinéma en 1971 en retournant certains des meilleurs sketchs de la série sous le nom de La Première folie des Monty Python. Si leurs deux films suivants ont une histoire cohérente, Sacré Graal en 1975 et La Vie de Brian en 1979, Le Sens de la vie revient au format des sketchs libres, malgré un vague fil conducteur autour du… sens de la vie ! Le film est découpé en sept parties, de la naissance à la mort, dégommant les codes de la société anglaise (notamment la sexualité, la religion ou l’armée), entrecoupé de quatre chansons (dont l’imposant « Every Sperm Is Sacred ») et de nombreux passages cultes (un énorme client qui mange toute la carte d’un restaurant). Le film est précédé d’un court-métrage de seize minutes de Terry Gilliam, sur des vieux employés d’une compagnie d’assurance qui se rebellent contre leurs nouveaux propriétaires, des financiers américains. Le Sens de la vie a été récompensé du Grand Prix du Festival de Cannes. Quand Universal Studios leur a proposé de faire un film, ils leur ont dit qu’ils n’auront plus besoin de travailler le reste de leur vie. Cela expliquerait ainsi qu’il s’agisse de leur dernier film ! La troupe s’est finalement reformée pour dix représentations sur scène à Londres en 2014 – les vint milles places pour le premier soir se sont écoulés en quarante-cinq secondes.

UN POISSON NOMME WANDA

– 21h : Un Poisson nommé Wanda (Charles Crichton – 1988 – 108 minutes)

avec John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline, Michael Palin

Un avocat anglais coincé tombe amoureux d’une voleuse de bijoux, alors que son complice et amant est un psychopathe se prenant pour un intellectuel.

Les membres de Monty Python ont bien sûr continué séparément leurs carrières au cinéma, avec des succès divers. Ils se sont d’ailleurs souvent croisé individuellement, ne serait-ce que dans des films de leur acolyte Terry Gilliam (Jabberwocky, Bandits bandits, Brazil ou Les Aventures du baron du Münchhausen). John Cleese et Michael Palin se retrouvent ainsi dans Un Poisson nommé Wanda, une comédie anglaise à petit budget écrite et produite par Cleese, qui va connaître un triomphe international aux cent quatre-vingt-dix millions de dollars de recette. Autour d’une histoire de diamants volés à récupérer, les quatre acteurs principaux forment une équipe aussi improbable qu’hilarante : Cleese en avocat coincé à la vie de famille ennuyeuse, Jamie Lee Curtis en voleuse séductrice, Kevin Kline en amateur d’arts martiaux et de Nietzsche (récompensé par l’Oscar du meilleur second rôle), et Michael Palin en bègue amoureux des animaux. Nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original, Un Poisson nommé Wanda est une comédie culte typiquement british remplie de situations loufoques. Un film à mourir de rire, et littéralement : un orthophoniste danois est réellement mort d’arrêt cardiaque à force de rire pendant une projection ! Les quatre acteurs récidiveront en 1997 dans Créatures féroces, sans retrouver un succès aussi exceptionnel.

15 janvier 2017 : Ciné-club colonisation de l’Amérique : Mission (1986) – 1492 : Christophe Colomb (1992)

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– 19h : Mission (Roland Joffé – 1986 – 125 minutes)

avec Robert De Niro, Jeremy Irons, Ray McAnally, Aidan Quinn, Cherie Lunghi, Liam Neeson, Daniel Berrigan

Au XVIIIème en Amérique Latine, un missionnaire jésuite et un ancien mercenaire prennent parti pour la tribu des Guaranis que les puissances coloniales espagnoles et portugaises veulent chasser de leurs terres.

Deux ans après La Déchirure sur la dictature khmère rouge au Cambodge (trois Oscars), Roland Joffé retrouve son producteur (David Puttnam) et son directeur de la photographie (Chris Menges) pour un autre drame historique et exotique politiquement engagé : l’évangélisation de la tribu des Guaranis et l’expropriation de leurs terres. L’hypocrisie des puissances espagnoles et portugaises, se comportant en barbares impérialistes après avoir apporté la révélation chrétienne, sera l’occasion d’un cas de conscience opposant Jeremy Irons, missionnaire jésuite résigné à la prière et la non-violence, et Robert De Niro, ancien mercenaire repenti en prêtre et prêt à prendre les armes pour les défendre. Le tournage en Argentine est l’occasion de superbes prises de vue dans la jungle, et notamment les spectaculaire chutes d’Iguazú – ce qui vaudra au passage à presque toute l’équipe du film (sauf De Niro) d’attraper la dysenterie… Ennio Morricone signe ici une de ses partitions les plus fameuses, combinant musique religieuse et instruments amérindiens, qui lui permet d’exprimer sa spiritualité. Mission a reçu la Palme d’Or du Festival de Cannes (au prix des sifflements de ceux qui lui préféraient Le Sacrifice de Tarkovski), le César du meilleur film étranger et l’Oscar de la meilleure photographie (ainsi que six autres nominations, dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure musique). Joffé continuera à défendre des grandes causes dans ses films, notamment la vie dans le bidonville de Calcuta avec La Cité de la joie (1992).

1492 CHRISTOPHE COLOMB

– 21h : 1492 : Christophe Colomb (Ridley Scott – 1992 – 150 minutes)

avec Gérard Depardieu, Armand Assante, Sigourney Weaver, Tcheky Karyo, Angela Molina, Fernando Rey

Le navigateur Christophe Colomb est convaincu que l’on peut rejoindre les Indes orientales en passant par l’océan Atlantique, et tente de convaincre la reine d’Espagne d’en financer l’expédition maritime.

Pour le cinq-centième anniversaire de la découverte du Nouveau Monde, une grande co-production franco-britannico-espagnole entreprend un biopic sur son découvreur. Des réalisateurs prestigieux tels que Francis Ford Coppola, Roland Joffé ou Oliver Stone furent approchés, mais c’est finalement Ridley Scott qui décrocha le poste, exigeant pour donner son accord que le rôle principal soit tenu par  Gérard Depardieu. Il retrouve l’actrice culte de son film Alien, Sigourney Weaver, qui venait de terminer Alien 3 (par David Fincher) – pour lequel elle a dû se raser les cheveux, ce qui l’obligea à porter une perruque pour jouer la reine d’Espagne. Le film a été tourné en seize semaines, entre l’Espagne et le Costa Rica, et deux répliques des caravelles de l’époque refirent le même voyage en mer. 1492 : Christophe Colomb restitue ainsi le rêve fou et inédit d’un aventurier qui allait changer la vision du monde, son obstination, ses contradictions et le désastre colonial et civilisationnel qui s’annonce, au milieu des moments de doutes, de révoltes d’une partie de ses troupes et d’intrigues de cour. Pour la bande-son, Scott refait appel à Vangelis (qui avait déjà signé celle de son Blade Runner), dont le thème à base de synthétiseur et de chœurs deviendra son plus grand succès commercial (quatre millions d’exemplaires dans le monde). Grosse production européenne (quarante millions de dollars), le film est sorti mondialement le 12 octobre 1492, le jour de l’arrivée de Colomb en Amérique. A ne pas confondre cependant avec Christophe Colomb : la découverte, sorti la même année, qui malgré son casting prestigieux (Marlon Brando, Tom Selleck, Catherine Zeta-Jones, Benicio del Toro) a reçu une pluie de nominations aux Razzie Awards…

8 janvier 2017 : Ciné-club Course : Torque, la route s’enflamme (2004) – Les Chariots de feu (1981)

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– 19h : Torque, la route s’enflamme (Joseph Kahn – 2004 – 84 minutes)

avec Martin Henderson, Ice Cube, Monet Mazur, Adam Scott, Matt Schulze, Jaime Pressly, Jay Hernandez

Accusé par un gang de motards d’un meurtre qu’il n’a pas commis, Cary Ford doit fuir et retrouver le coupable pour sauver sa peau.

De la part du producteur de Fast and Furious, S.W.A.T. et xXx, on sait que l’on ne risque pas de tomber sur un film d’auteur, mais plutôt sur des grosses cylindrées. Après sa série de films de bagnoles, voici un film de bécanes, avec pas moins de soixante-dix motos différentes pour le tournage (dont la plus rapide du monde, n’existant qu’en dix exemplaires). Sous une fausse histoire d’amour, Torque est un authentique film de brute, de vitesse, d’adrénaline, de carrosserie, d’asphalte et de grabuges pyrotechniques, soutenu pour une BO affreusement MTVesque. Après plus de deux cent clips musicaux pour Britney Spears, Eminem, Christina Aguilera, U2, Ricky Martin ou Ice Cube (qui joue dans le film, ou plutôt grimace, puisque c’est la seule chose dont il soit ici capable), Joseph Kahn met enfin son génie dans son premier long métrage. Il déploie une audace visuelle improbable dont on se serait bien passé tant il est fier de lui. Il va tellement loin qu’il franchit allégrement le mur du çon, ivre de surenchères de mouvements de caméra impossibles– mention spéciale à une course-poursuite en moto sur le toit d’un train, et pour la scène finale dans Los Angeles qui fait exploser le compteur de bêtise et fait rentrer Torque au panthéon des plus grands nanars, mention mâchoire par terre. Le film est un échec critique et commercial complet, qui vaudra au réalisateur de ne pouvoir tourner à nouveau pour le cinéma qu’en 2011. D’un très grand professionnalisme technique, Torque est un des films les plus singuliers et hilarants qu’il est donné de voir dans sa vie par sa nullité et sa crétinerie, bien plus marquant que la plupart des sorties annuelles. En un mot : culte !

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– 21h : Les Chariots de feu (Hugh Hudson – 1981 – 123 minutes)

avec Ben Cross, Ian Charleson, Nigel Havers, Cheryl Campbell, Alice Krige, Lindsay Anderson, Dennis Christopher, Nigel Davenport, Brad Davis, Peter Egan, Sir John Gielgud, Ian Holm, Patrick Magee

Deux coureurs britanniques que tout oppose se préparent pour les Jeux Olympiques de Paris en 1924.

Ce film d’époque commence dans les belles universités anglaises de la classe supérieure et adapte l’histoire vraie de deux champions britanniques d’athlétisme, pourtant si différent : Eric Liddell, chrétien qui court pour Dieu et ainsi refusant les courses le dimanche (y compris durant les Jeux Olympiques), et Harold Abrahams, juif arrogant qui souhaite prendre sa revanche sur l’antisémitisme ambiant. Autour de cette dualité, Les Chariots de feu constitue une sublime mise en forme esthétique, tempéraments, motivations et visions du monde respectives à travers l’effort athlétique, comme pendant et expression de leur foi et de leur force intérieure. Le casting masculin a d’ailleurs dû suivre un titanesque entraînement professionnel pendant trois mois pour passer pour des athlètes crédibles. La séquence où ils courent avec une vingtaine d’hommes en blanc au ralenti est un grand classique de l’histoire du cinéma, transcendée par la célèbre musique au synthétiseur de Vangelis Papathanassiou (dit Vangelis) – une des premières du genre du cinéma, et qui sera une des bandes originales les plus vendues dans le monde, lançant une mode de BO au synthé. Malgré son petit budget, Hugh Hudson réalise pour son premier film (après tout de même plus de mille cinq cent publicités et documentaires !) un classique quasi mystique sur l’esprit sportif et les conflits de classe, remportant quatre Oscars (meilleur film, meilleur scénario original, meilleure musique et meilleurs costumes) sur sept nominations.

27 novembre : Ciné-club Addiction : Le Pari (1997) – Trainspotting (1996)

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– 19h : Le Pari (Didier Bourdon & Bernard Campan – 1997 – 98 minutes)

avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Régis Laspalès, Philippe Chevalier, François Berléand, Isabelle Ferron, Isabel Otéro, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly Lawnson, Jean-Roger Milo

Deux beaux-frères socialement opposés qui se détestent font le pari d’arrêter de fumer.

Le succès de leurs émissions comiques La Télé des Inconnus et de leurs spectacles a conduit le trio au cinéma, où ils triomphèrent en 1995 avec Les Trois frères. Mais leur producteur Paul Lederman détenant les droits du nom « Les Inconnus » et leur interdisant de se produire tous les trois sans son implication, Didier Bourdon et Bernard Campan se lancèrent à deux dans Le Pari, qu’ils ont écrit, réalisé et interprété. Pascal Légitimus y fait tout de même un caméo de deux secondes, tandis que son père Théo y tient un rôle secondaire. A partir de deux personnages stéréotypés (un pharmacien de droite et un professeur de gauche qui ne se supportent pas), ils parviennent à insuffler tout le comique extravagant qu’on leur connait, captant et exagérant les travers de la société française avec toujours autant d’acuité et de mordant,  dans des interprétations aussi complices que jubilatoires. Ils sont d’ailleurs rejoints par le tandem Chevallier-Laspalès. Le film fut un grand succès populaire (quatre millions d’entrées en salle), et le duo continua en 2000 avec L’Extra-terrestre, moins bien accueilli. Mais un accord avec Lederman leur permit finalement de rejouer à trois, ce qu’ils firent dans Les Rois mages en 2001 et Les Trois frères : le retour en 2014.

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– 21h : Trainspotting (Danny Boyle – 1996 – 94 minutes)

avec Ewan McGregor, Ewen Bremmer, Jonny Lee Miller, Kevin McKidd, Robert Carlyle, Kelly McDonald, Peter Mullan, James Cosmo

A Edimbourg, Mark Renton nous raconte sa vie d’héroïnomane, entouré de ses amis à moitié ratés et excentriques.

Le best-seller d’Irvine Welsh, paru en 1993, avait rapidement été transposé au théâtre (avec déjà Ewen Bremmer). Là où le roman enchaînait les chapitres avec des narrateurs différents, l’adaptation cinématographique se concentre sur le personnage de Mark Renton, autour duquel son microcosme loufoque gravite. Pour l’interpréter, Danny Boyle retrouve le jeune Ewan McGregor, qu’il avait déjà dirigé dans son précédent et premier film, Petits meurtres entre amis (1994). Trainspotting n’est absolument pas un drame glauque sur la toxicomanie, mais plutôt une fable souvent comique et déjantée qui encapsule ingénieusement son époque par sa réalisation stylisée et surtout sa bande-son remplie de classiques du rock des années 70 à 90 (Iggy Pop, Lou Reed, Pulp, Underworld, Primal Scream, New Order, etc.). Il n’hésite pas à montrer avec réalisme les prises de drogue, leurs effets et sa dépendance, au milieu de situations surréalistes ou foireuses et de réflexions sur une société de consommation qui manque de sens et d’espoir. Outre Ewan McGregor, qui travaillera avec George Lucas, Roman Polanski, Ridley Scott ou Tim Burton, l’autre grande révélation du casting est Robert Carlyle, savoureux psychopathe imprévisible, qui enchaînera sur The Full Monty et Le Monde ne suffit pas. Présenté hors compétition au Festival de Cannes, Trainspotting a connu un énorme succès surprise, tant critique que public (deuxième meilleur box-office du cinéma anglais), et est rapidement devenu un film culte générationnel. Une suite avec le même réalisateur et casting est annoncée pour début 2017.

4 septembre : Ciné-club Dystopie au Royaum-Uni : Les Fils de l’homme (2006) – 1984 (1984)

LES FILS DE L'HOMME

– 19h : Les Fils de l’homme (Alfonso Cuarón – 2006 – 110 minutes)

avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, Claire-Hope Ashitey, Chiwetel Ejiofor, Charlie Hunnam

En 2027, cela fait dix-huit ans que l’humanité n’a pas vu de naissances. Sans avenir, la société s’effondre progressivement.

La dystopie est le contraire de l’utopie, c’est-à-dire une fiction où la société tourne mal, ayant pour but de mettre en garde le public contre les dérives de son époque réelle. Alfonso Cuarón (Y tu mamá también, Gravity) adapte un roman de P.D. James où les femmes sont devenues stériles. Sans avenir ni espoir, la société sombre alors dans les guerres, le terrorisme et les pandémies, résistant au prix d’une dictature policière, interdisant toute immigration. C’est pourtant d’une réfugiée que viendra peut-être le dernier espoir de l’humanité – un sujet qui ne nous est pas étranger… Les Fils de l’homme fait évoluer son casting de luxe (Clive Owen, Juliette Moore, Michael Caine) dans un thriller tendu et désespéré où tout s’effondre, une chasse à l’homme aux symboliques religieuses, à travers  des décors exemplaires et de multiples plans-séquences virtuoses. Le film reçoit un excellent accueil critique et de nombreuses récompenses internationales, notamment pour sa technique (photographie, direction artistique) aux BAFTA et à Venise, et trois nominations aux Oscars (dont scénario).

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– 21h : 1984 (Michael Radford – 1984 – 113 minutes)

avec John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher

En 1984, dans un régime totalitaire contrôlé par Big Brother, l’employé Winston Smith va enfreindre deux interdits : penser par lui-même et tomber amoureux.

Le roman visionnaire de George Orwell 1984 est l’un des grands classiques du XXème siècle depuis sa parution en 1949. Son concept de Big Brother, leader suprême et mystérieux du Parti et de l’Etat dont l’image est présente sur chaque télécran qui espionne toute la population jusque chez elle, est même passé dans le langage courant, et souvent brandi dans les affaires de surveillance. Si le livre a connu deux adaptations pour la télévision et une au cinéma dans les années 50-60, Michael Radford (Le Facteur, Le Marchand de Venise) entreprend d’en réaliser fidèlement un nouveau film à la date hautement symbolique éponyme, en tournant aux dates et endroits (Londres et ses environs) exacts décrits dans le livre. La direction artistique, la photographie et les décors sont glaçants de délabrement, désolation et misère, tant matérielle que psychologique. John Hurt (Elephant Man, Midnight Express) livre une interprétation décharnée et angoissée, saluée par plusieurs récompenses internationales, tandis que l’immense Robert Burton (Cléopâtre, Qui a peur de Virginia Woolf ?), pour son dernier rôle, tire sa révérence avec une prestation d’apparatchik superbe de noirceur et de cruauté, décédant peu après le tournage. L’actualité de l’œuvre à l’heure du scandale de la NSA révélé par Edward Snowden est encore totale – manifestement pour longtemps – et son impact dans la culture populaire est immense, ayant inspiré bien des films (THX 1138, Brazil, V pour Vendetta avec ironiquement John Hurt en dictateur), groupes (le concept album Diamond Dogs de David Bowie, Radiohead, Rage Against the Machine, Muse) ou jeux vidéo (Half-Life 2, Metal Gear Solid V).

3 avril : Ciné-club Bal comique : Le Bal des casse-pieds (1992) – Le Bal des vampires (1967)

LE BAL DES CASSE-PIEDS

– 19h : Le Bal des casse-pieds (Yves Robert – 1992 – 100 minutes)

avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Claude Brasseur, Michel Piccoli, Jean Yanne, Guy Bedos, Véronique Sanson, Valérie Lemercier, Sandrine Carron, Jean-Pierre Bacri, Didier Gustin, Patrick Timsit, Philippe Uchan

Un vétérinaire est harcelé par son entourage de casse-pieds : amis, clients, maîtresses, sœur, voisins de table ou d’avion.

Yves Robert (La Guerre des boutons, Le Grand blond avec une chaussure noire) et le scénariste Jean-Loup Dabadie (également parolier de Michel Polnareff ou Julien Clerc) avaient écrit deux chefs d’œuvre de la comédie française : Un Elephant ça trompe énormément (1976), et sa suite Nous irons tous au paradis (1977). Sans faire du Bal des casse-pieds le troisième volet, c’est ce qui s’en rapproche le plus, puisqu’on y retrouve la même équipe : Robert-Dabadie au scénario, Vladimir Cosma à la musique, Jean Rochefort en tête de casting(en vétérinaire, ce qui va bien avec son amour des animaux), tandis que ses trois compères Victor Lanoux, Claude Brasseur et Guy Bedos sont présents, mais à des rôles beaucoup plus secondaires. Librement inspiré des Casse-pieds (1948) de Jean Dreville en adaptant le thème inépuisable des raseurs en tout genre aux situations comiques de l’époque moderne, c’est presque un film à sketches où un impressionnant défilée de stars du cinéma français vient faire son numéro : Jean Carmet, Jacques Villeret, Michel Piccoli, Jean Yanne, Valérie Lemercier, Jean-Pierre Bacri, Patrick Timsit, etc. S’il apparaît donc plus décousu par sa structure, il n’en sera pas moins un grand succès commercial.

 LE BAL DES VAMPIRES

– 21h : Le Bal des vampires (Roman Polanski – 1967 – 107 minutes)

avec Jack MacGowran, Roman Polanski, Sharon Tate, Alfie Bass, Ferdy Mayne, Terry Downes

Un professeur et son jeune assistant se rendent en Transylvanie pour chasser des vampires. Quand la fille d’une auberge est enlevé, ils se rendent dans le château du compte Krolock.

Après de nombreux court-métrages et un premier film en Pologne (Le Couteau dans l’eau), le jeune et brillant Roman Polanski réalise ses films suivants (Répulsion et Cul-de-sac) à Londres. Grâce à leur succès, il obtient un plus grand budget pour son nouveau projet, une parodie de films de vampires. Ils étaient régulièrement à la mode au cinéma, du Dracula avec Bela Lugosi qui lança les Universal Monsters, aux productions Hammer qui donnèrent une esthétique gothique typiquement anglaise, avec Christopher Lee. En plus d’avoir co-écrit le film et de le réaliser, Polanski joue aussi le rôle de l’assistant du professeur Abronsius (Jack MacGowran, rencontré sur le tournage de Cul-de-sac), bien qu’il ne se crédite jamais comme acteur dans ses films. Il tombera sous le charme évident de sa partenaire Sharon Tate, qu’il épousera l’année suivante – et qui sera tragiquement assassinée par la famille Manson en 1969, enceinte de huit mois. Pour l’expliquer, on reprochera bêtement à Polanski d’avoir flirté avec l’occulte et le satanisme dans ce film et le suivant, Rosemary’s Baby. Pourtant Le Bal des vampires ne se prend pas du tout au sérieux, détournant les codes du genre avec de nombreux gags. Malgré un premier montage américain catastrophique (énormes coupures rendant l’histoire incompréhensible, ajout d’une introduction en  dessin animé expliquant le mythe du vampire !), il est devenu un film culte avec son esthétique à tomber par terre (les décors, costumes et accessoires sont d’une méticulosité irrésistible), peut-être le plus beau film de vampires. Il a été adapté en comédie musicale à vienne en 1997, et encore récemment à Paris par Polanski en 2014.