Archives du mot-clé Universal Monsters

19 novembre : Ciné-club Invisible : L’Homme invisible (1933) – Hollow man (2000)

L'HOMME INVISIBLE

– 19h : L’Homme invisible (James Whale – 1933 – 72 minutes)

avec Claude Rains, Gloria Stuart, W. M. Harrigan, Dudley Digges, Una O’Connor, Henry Travers, Forrester Harvey

Un scientifique réussit à se rendre invisible, mais travaille sur une formule qui en inverserait les effets. Il s’isole ainsi dans un village pour poursuivre ses recherches, mais finit par attirer l’attention sur lui.

Le succès de Dracula en 1931 lança une vague de films de monstres produits par le studio Universal, les Universal Monsters, notamment Frankenstein (1931), La Momie (1932), et plus tard Le Loup-Garou (1941), L’Etrange créature du lac noir (1954), avec leur multiples suites respectives. Le brillant James Whale (Frankenstein) est choisi pour adapter le roman de H. G. Wells, L’Homme invisible (1897). L’histoire montre un scientifique mégalo qui développe une soif de pouvoir avec son invisibilité et terrorise la population. Le film est d’une grande modernité narrative (le sentiment de paranoïa qui se diffuse dans la société) et visuelle, en présentant non seulement l’image iconique d’un homme recouvert de bandages mais surtout des effets spéciaux impressionnants, comme des traces de pas qui se forment dans la neige et un homme invisible partiellement vêtu qui se déplace au milieu d’autres acteurs. Il s’agit du premier rôle de Claude Rains, acteur anglais de théâtre à la voix charismatique dont on ne verra le visage que dans la dernière scène !  Il deviendra par la suite une grande star (Casablanca, Le Fantôme de l’Opéra, Les Enchaînés d’Hitchcock). James Whale quant à lui réalisera ensuite La Fiancée de Frankenstein (considéré comme meilleur que l’original). Grand succès à sa sortie (l’un des plus rentables de la décennie), L’Homme invisible est devenu un classique du cinéma fantastique, et a connu cinq suites dans les années 40, pas moins de sept séries télévisées, et un remake par John Carpenter en 1992.

HOLLOWMAN - L'HOMME SANS OMBRE

– 21h : Hollow man : l’homme sans ombre (Paul Verhoeven – 2000 – 119 minutes)

avec Kevin Bacon, Elisabeth Shue, Josh Brolin, Kim Dickens, Greg Grunberg, Joey Slotnick, Mary Randle, William Devane

Une équipe de scientifiques financée par le Pentagone travaille à rendre par injection des animaux invisibles. Son  chef de projet mégalo veut être le premier humain sur lequel réaliser l’expérience.

Le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven s’est bien imposé à Hollywood, grâce aux blockbusters Total recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Avec Hollow man, il revisite le mythe de l’homme invisible en le mettant à jour dans notre société moderne (le savant fou solitaire est très justement transposé en chef d’équipe financée par le Pentagone à des fins militaires) avec des effets spéciaux derniers cris. Ceux-ci sont absolument impressionnants, que ce soit les séquences de disparition physique couche par couche (dépouillant le corps progressivement de sa peau, ses muscles, ses organes puis du squelette) ou quand l’homme invisible est discernable à travers la vapeur, dans l’eau ou aspergé de liquide. Leur budget représente rien de moins que la moitié de celui du film (95 millions de dollars), mais cela en valait la peine (nomination à l’Oscar des meilleur effets visuels). Mais au-delà de l’aspect visuel, Verhoeven propose bien sûr ses obsessions subversives habituelles grâce au fantasme universel de l’invisibilité, avec la transformation psychologique d’un homme qui échappe aux règles de la société et développe un sentiment de toute puissance, notamment en matière de pulsions sexuelles. Hollow man bascule ensuite dans sa seconde partie en thriller sanglant et pyrotechnique à huis clos, et Verhoeven mène efficacement le spectacle et l’action, soutenu par la partition du fidèle Jerry Goldsmith (Total recall, Basinc Instinct, Alien, Rambo).

25 juin 2017 : Ciné-club Vampire : Dracula et les femmes (1968) – Drácula (1931)

DRACULA ET LES FEMMES

– 19h : Dracula et les femmes (Freddie Francis – 1968 – 92 minutes)

avec Christopher Lee, Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Ewan Hooper, Barbara Ewing, Marion Mathie

Dans un village des Carpates, le corps d’une jeune fille est découvert, avec une morsure dans le cou. L’évêque et le curé se rendent au château du comte Dracula, mort depuis des années. Mais en se blessant, ils font couler du sang sur sa dépouille…

Après Le Cauchemar de Dracula (1958) et Dracula, Prince des ténèbres (1966), Christopher Lee ne souhaitait plus endosser le rôle de sa vie. Mais les productions Hammer le supplièrent d’accepter, lui disant que sans cela ils devraient mettre nombre de collaborateurs au chômage. Lee, familiers de cette maison somme toute assez artisanale, céda, pour notre plus grand bonheur. On retrouve ainsi dans Dracula et les femmes tous les charmes des productions Hammer, revisitant les mythes fantastiques et monstrueux (Dracula, Frankenstein, Momie, etc.) avec leur esthétique gothique, l’ambiance sixties, les couleurs vives du Technicolor, les trucages sanglants et une touche d’érotisme. Le scénario tente même de se libérer des clichés de la franchise, s’attardant sur la vie des villageois concernés et thématisant sur le conflit entre la foi et l’athéisme. Le réalisateur des deux précédents épisodes, Terence Fisher, s’étant cassé la jambe, il laisse son poste à Freddie Francis,un autre habitué de la Hammer, qui deviendra directeur de la photographie de David Lynch ou Martin Scorsese. Il donne un surplus de style à cet opus qui aura beaucoup de succès en salle, et incitera Christopher Lee, en échange d’une augmentation de salaire, à remettre la cape du vampire encore quatre fois, jusqu’en 1974.

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– 21h : Drácula (George Melford – 1931 – 104 minutes)

avec Carlos Villarias, Lupita Tovar, Barry Norton, Pablo Alvarez Rubio, Eduardo Arozamena, José Soriano Viosca

Renfield se rend au château du compte Drácula pour réaliser une transaction immobilière…

Le roman de Bram Stoker a été adapté en pièce de théâtre, elle-même adaptée au cinéma par Universal Studios, avec le légendaire Bela Lugosi dans le rôle-titre. Cependant, au lieu de doubler le film en langue étrangère, il était courant à l’époque de tourner une version étrangère en même temps en utilisant le même scénario et les mêmes décors et costumes, avec des acteurs étrangers. Ainsi, l’américain George Melford réalise une version espagnole avec des comédiens hispanophones, tournant de nuit pendant que la version américaine se tournait de jour sur les mêmes plateaux. L’équipe technique de nuit arrivant en avance, elle eut ainsi l’avantage d’observer le travail de l’équipe américaine, de s’en inspirer ou de l’améliorer. La version espagnole de Drácula est donc plus soignée visuellement, avec de meilleurs cadrages et mouvements de caméras. Le casting hispanophone s’en tire très bien, Lupita Tovar est bien plus sensuelle et moins habillée que l’actrice américaine, tandis que l’acteur jouant Renfield est d’une démence remarquable. Si ce Drácula espagnol est moins connu du grand public que la version américaine, les cinéphiles le tiennent pour plus réussi techniquement, et ne regrettent que l’absence de l’insurpassable Bela Lugosi.

20 décembre : Ciné-club Dracula : Dracula (1931) – Une Messe pour Dracula (1970)

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– 19h : Dracula (Tod Browning – 1931 – 75 minutes)

avec Bela Lugosi, David Manners, Helen Chandler, Dwight Frye, Edward Van Sloan

Renfield se rend en Transylvanie à la rencontre du comte Dracula, en vue d’une acquisition immobilière à Londres. Mais les villageois l’en dissuadent fortement.

Après le fameux Nosferatu de Murnau (titré ainsi pour contourner les droits d’auteur), ce Dracula est la première adaptation officielle du roman de Bram Stoker – ou plus exactement d’une pièce de théâtre à Broadway qui en est tirée, où jouait déjà Bela Lugosi et Edward Van Sloan. Lugosi, hongrois, ne parlait d’ailleurs pas un mot d’anglais et dû apprendre son texte par cœur phonétiquement. On comprend mieux d’où vient la diction si particulière, gracieuse et terrifiante du premier Dracula parlant au cinéma, et qui en figera les codes pour des décennies ! Produit par Universal, le film inaugure l’âge d’or des Universal Monsters, ces films de monstres qui eurent tant de succès à l’époque, avec Frankenstein, La Momie, Le Loup-Garou ou L’Homme invisible. Il rend populaire le mythe du vampire et de son célèbre comte, qui devient une immense icône audiovisuelle et culturelle tout au long du XXème siècle, et fera de Lugosi un des représentants majeurs du cinéma fantastique. Ce dernier fut longtemps réduit à ce rôle, au point d’être enterré avec son costume du comte.

 UNE MESSE POUR DRACULA

– 21h : Une Messe pour Dracula (Peter Sasdy – 1970 – 95 minutes)

avec Christopher Lee, Ralph Bates, Linda Hayden, Anthony Corlan, Geoffrey Keen, John Carson, Peter Sallis

Au XIXème siècle, des bourgeois anglais participent à une messe noire ayant pour but de faire renaître le comte Dracula.

Après les Universal Monsters, les studios anglais Hammer constituent un nouvel âge d’or du cinéma fantastique, revisitant la plupart des monstres mythiques avec les moyens modernes des années 60 : couleurs vives, effets spéciaux sanglants, décors gothiques à l’anglaise et touches d’érotisme. Christopher Lee endosse la cape du comte vampire dans Le Cauchemar de Dracula (1958) et devient à son tour une star, son meilleur interprète avec Lugosi. Le film est un succès et engendre de nombreuses suites sous la pression des distributeurs américains. Cependant, Lee s’en lassera progressivement, ce qui ne l’empêchera pas de tenir le rôle sept fois pour la Hammer, et une autre fois sous la direction de Jesus Franco. Suite immédiate de Dracula et les femmes, Une Messe pour Dracula s’intéresse à la messe noire et au satanisme (à la mode dans les sixties, ne serait-ce que chez Black Sabbath ou Led Zeppelin), par le biais d’un groupe de bourgeois débauchés-hypocrites en manque de sensations fortes. Lee est paradoxalement peu présent à l’écran, pour mieux faire monter la tension avant le retour du prince du mal, et entre ses apparitions hypnotiques et sanglantes. En réalité le film fut initialement écrit sans le personnage de Dracula, et ce n’est qu’au dernier moment que Lee accepta de participer au film. Mais sa présence minimaliste (vingt-huit mots prononcés !) a toujours l’effet maximal !

Ciné-club pleine lune : Le Loup-Garou (1941) – Hurlements (1981)

Ce dimanche 10 août étant un véritable dimanche de pleine lune, c’est l’occasion de présenter deux classiques des films de loup-garous. Gare aux mauvaises rencontres durant la nuit !

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– 19h : Le Loup-Garou (George Waggner – 1941 – 70 minutes)

avec Lon Chaney Jr., Claude Rains, Warren William, Ralph Bellamy, Patric Knowles, Bela Lugosi, Maria Ouspenskaya, Evelyn Ankers

Lawrence Talbot revient en Angleterre dans le château de son père, et apprend la légende du loup-garou.

Depuis les années 30, les studios Universal dominaient le cinéma d’horreur avec des films de monstres, les fameux Universal Monsters, tels que Dracula, la Momie, la créature de Frankenstein ou l’Homme Invisible. En 1935, Universal avait déjà produit Le Monstre de Londres, mais celui-ci fut peu remarqué par le public en raison de sa ressemblance avec Docteur Jekyll et M. Hyde (1931). Cependant c’est le film de 1941 Le Loup-Garou qui fut un grand succès, et fit de ce monstre un des classiques de la pop culture. Le réalisateur George Waggner retrouve Lon Chaney Jr., qu’il avait déjà dirigé dans L’Echappé de la chaise électrique (1941). Lon Chaney Jr., né Creighton Chaney, est le fils de Lon Chaney, une immense star des films muets (Notre-Dame de Paris, Le Fantôme de l’opéra), surnommé l’homme aux mille visages, en raison de ses multiples et impressionnantes transformations à l’aide de maquillage (qu’il effectuait lui-même). Sous l’impulsion de son agent, Creighton prit donc le nom de Lon Chaney Jr. après la mort de son père. Le loup-garou est le rôle de sa vie, qu’il interprètera quatre fois, et rentrera au panthéon des acteurs de films d’horreur, avec Bela Lugosi (qui joue d’ailleurs un gitan dans Le Loup-Garou) et Boris Karloff. En outre, Lon Chaney Jr. est le seul acteur à avoir interprété la plupart des monstres mythiques de l’époque, à savoir la Momie, la créature de Frankenstein et Dracula. A noter aussi deux remarquables prestations dramatiques dans Des Souris et des hommes (1939) et Le Train sifflera trois fois (1952). Sa superbe photographie, ses décors oniriques, sa réalisation soignée, ses remarquables maquillages signés Jack Pierce (qui travaillait plus de sept heures par jour sur Lon Chaney Jr. à partir de poils de yak) font du Loup-Garou un classique old-school à redécouvrir, qui engendrera de multiples suites (Frankenstein rencontre le loup-garou en 1943), variations (Wolf en 1994 avec Jack Nicholson et Michelle Pfeiffer) et remakes (Wolfman en 2010 avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins).

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– 21h : Hurlements (Joe Dante – 1981 – 90 minutes)

avec Dee Wallace, Patrick MacNee, Dennis Dugan, Christopher Stone, Belinda Balaski, Kevin McCarthy, John Carradine, Slim Pickens, Elisabeth Brooks

Une présentatrice de télévision est poursuivie par un tueur en série. Elle est envoyée dans la « Colonie », un centre de repos dans la nature.

Joe Dante est un orfèvre des hommages aux films de genre. Après le succès de Piranhas (1978, pastiche des Dents de la mer), et avant le succès mondial des Gremlins (1984 et 1990), il entame avec Hurlements une variation sur le thème du loup-garou. Le traitement est assez original, car là où Le Loup-Garou montrait le conflit intérieur d’un homme qui ne contrôle ni ne supporte sa condition d’animal assoiffé de sang, Hurlements modernise le genre en commençant comme un slasher movie, avec un mystérieux serial killer pourchassant une jeune femme et accumulant progressivement ses victimes – on se croirait dans un thriller à la Brian De Palma, avec qui il partage le même compositeur, Pino Donaggio (qui a notamment signé les partitions de Pulsions ou Blow Out, ainsi que celle de Piranhas). Joe Dante, technicien artisanal hors-pair et fin cinéphile, insère de nombreuses références à l’histoire des films de loup-garous, en nommant les personnages du film en référence aux réalisateurs du genre (Patrick MacNee, l’inoubliable héros de la série british Chapeau melon et bottes de cuir devient ainsi le docteur George Waggner), ou même avec des extraits du Loup-Garou de 1941 ! Les effets spéciaux mécaniques de Rob Bottin (génie oscarisé responsables de ceux de Piranhas, The Thing, Total Recall, Las Vegas Parano et bien d’autres classiques) sont parmi les plus impressionnants que l’on ait pu voir. A noter que Hurlements sortit quelques mois avant Le Loup-Garou de Londres de John Landis, qui est l’autre grand classique du genre – les deux ayant contribué, de manière distincte, à réinventer et relancer le mythe du monstre. Hurlements fut un très grand succès commercial, reçut le prix de la critique du Festival International de film fantastique d’Avoriaz, et connaîtra pas moins de huit épisodes – oscillant entre nanars et série B.

Ciné-club monstres marins : Le Monstre vient de la mer (1955) – L’Etrange Créature du lac noir (1954) – Crocodile Fury (1988)

Les vacances d’été approchent, et pour beaucoup elles sont synonymes de plages et baignades. Mais méfiez-vous à côté de quoi vous nagez !

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   – 19h : Le Monstre vient de la mer (Robert Gordon – 1955 – 79 minutes)

avec Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith

Des scientifiques et militaires combattent une pieuvre géante qui menace San Francisco.

Après l’immense succès du Monstre des temps perdus (1954), la mode des films à grand spectacle se porte sur les monstres géants, souvent marins. L’énergie radioactive étant aussi en vogue, c’est un parfait prétexte pour expliquer la taille des monstres, et y mêler des considérations scientifiques et militaires. C’est ainsi que Godzilla voit le jour dans la foulée au Japon. Déjà auteur des effets spéciaux du Monstre des temps perdus, Ray Harryhausen rempile pour Le Monstre vient de la mer. Le film repose sur les épaules de ce technicien de génie, très respecté dans le métier et qui a donné sa vocation à beaucoup de futurs professionnels du cinéma. Il donne ainsi l’occasion d’admirer une fois de plus ses prouesses en stop motion, animations image par image, intégrées ensuite en post-production à des scènes avec de véritables acteurs. C’est d’ailleurs avec ce film qu’il commence une longue collaboration avec le producteur Charles H. Schneer, qui se poursuivra jusqu’à la fin de sa carrière, et générera des classiques du cinéma fantastique ou de science-fiction tels que Les Soucoupes volantes attaquent (1956), Le Septième Voyage de Sinbad (1958) ou Le Choc des Titans (1981).

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– 20h30 : L’Etrange Créature du lac noir (Jack Arnold – 1954 – 80 minutes)

avec Richard Carlson, Julie Adams, Richard Denning, Antonio Moreno, Ricou Browning

En Amazonie, une étrange créature amphibie attaque une équipe de scientifique, et s’éprend d’une assistante.

Dernier avatar des mythiques Universal Monsters (films de monstres produits par Universal Studios), L’Etrange Créature du lac noir marque la fin d’une époque. Après les immenses succès, à partir des années 30, de Dracula, Frankenstein, la Momie ou le Loup-Garou (et leurs multiples suites), la mode est passée aux monstres géants et aux périls extra-terrestres, bien plus spectaculaires. Pour rivaliser, Universal mit donc le paquet et tourna le film en 3D ! Le monstre est un chaînon manquant entre l’homme et le poisson (il n’aura pas dépareillé dans une nouvelle de Lovecraft), et fait preuve d’une psychologie réaliste et presque touchante. Le costume et le maquillage sont impressionnants, la créature étant interprétée par deux acteurs (un pour les scènes sur terre, et un nageur olympique pour les scènes sous l’eau), tandis que les séquences aquatiques sont remarquables et poétiques – et inspireront directement Steven Spielberg pour Les Dents de la mer (1975). Le film est un très grand succès, qui donnera lieu à deux suites : La Revanche de la créature (1955, avec une des toutes premières apparitions de Clint Eastwood !) et La Créature est parmi nous (1956). Au-delà du succès de l’époque, le monstre est entré dans la culture populaire américaine, aux côtés des autres Universal Monsters (qui seront tous réunis dans The Monster Squad en 1987), tandis que le film est ressorti au cinéma en 3D en 2012. A noter que la légendaire séquence de Sept ans de réflexion (1955) où la robe de Marilyn Monroe est soulevée par l’air expulsé d’une grille de métro prend place au cours d’une discussion sur L’Etrange Créature du lac noir qu’elle vient de voir au cinéma ! Enfin un animal amphibie dont le fossile de 338 millions d’années a été découvert en 1998 lui doit son nom.

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– 22h : Crocodile Fury (Ted Kingsbrook – 1988 – 87 minutes)

avec Kent Wills, Sorapong Chatree, Ernest Mauser, Trudy Calder, Lucas Byrne

Un crocodile maléfique terrorise un village de Thaïlande.

Attention, chef d’œuvre ! Nous sommes en présence d’un film hors-norme. Tout simplement du nanar le mieux noté par la rédaction du site Nanarland.com ! Avec une moyenne de 4,545/5, Crocodile Fury dépasse même Turkish Star Wars d’une courte tête. Il s’agit d’un « deux en un », pratique courante de la firme hongkongaise Filmark, où Tomas Tang, producteur peu scrupuleux des droits d’auteur, récupère purement et simplement des scènes d’un autre film (ici Krai Thong 2, honnête film thaïlandais des années 80, avec la star Sorapong Chatree, pour les attaques du crocodile) pour y ajouter des scènes tournées à la va-vite avec comme acteurs des occidentaux sans expérience expatriés à Hong Kong (avec des histoires de mercenaires, de conquête du monde, de zombies, on n’a pas tout compris). Le tout est redoublé pour relier les différentes scènes autour d’un même « scénario », et le résultat est un nouveau film réalisé à peu de frais, totalement incohérent et absurde, prêt à inonder les cinémas et vidéoclubs d’Occident (ce qui justifie sans doute que tous les personnages asiatiques aient des noms américains…). Le doublage français est plus que foireux, il totalement délirant – il pourrait presque faire à lui tout seul la saveur de ce nanar qui, forcément, plus d’un tour dans son sac. Le réalisateur n’a même pas osé signer de son nom véritable, c’est dire, mais quel nanar bouleversant et sublime ! Un sommet absolu et jouissif du genre !

18 août : Ciné-club Boris Karloff : Frankenstein (1931) – La Fiancée de Frankenstein (1935) – La Momie (1932)

« It’s alive ! It’s alive ! »

Le britannique Boris Karloff (1887-1969), du haut des 166 films dans lesquels il a tourné, est sans conteste l’un des plus grands acteurs d’épouvante et de fantastique, avec Béla Lugosi (Dracula). Mais c’est son rôle de la créature de Frankenstein qui grave son nom et son visage dans le panthéon de la culture populaire. Le Festin Nu se devait de lui rendre hommage, avec ses trois (courts) films les plus fameux !

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– 19h : Frankenstein (James Whale – 1931 – 71 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke, John Boles

Même si ce n’est que la seconde adaptation au cinéma du roman précurseur de Mary Shelley, celle-ci est en assurément la plus connue, celle qui fait entrer la créature dans la légende, en pleine vague de films de monstres produits par Universal Studios des années 30 à 50 (initiée avec Dracula). C’est en effet sous les traits, le maquillage et l’interprétation originale de Boris Karloff que la créature sera éternellement représentée dans d’innombrables films, séries, dessins animés, jeux vidéo, et autres jouets et déguisements. Le film est si superbe visuellement et palpitant qu’on en oublie son âge.

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– 20h30 : La Fiancée de Frankenstein (James Whale – 1935 – 75 minutes)
avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Ernest Thesiger, Elsa Lanchester

Première des trois suites directes du premier opus (avant de multiples remakes), dont il reprend une bonne partie de l’équipe et des acteurs, La Fiancée de Frankenstein passe pour certains comme étant encore meilleur que le premier. Boris Karloff a en effet l’occasion d’approfondir son interprétation pathétique de la créature, produisant des sentiments contradictoires de compassion et de répulsion son égard. La réussite du film est telle qu’il connaîtra lui-même un remake (ce qui est assez rare pour une suite !), et le personnage de la fiancée deviendra lui aussi iconique (on la reconnaitra notamment dans Rocky Horror Picture Show).

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– 22h : La Momie (Karl Freund – 1932 – 73 minutes)
avec Boris Karloff, Zita Johann, David Manners, Edward Van Sloan

Contrairement à Béla Lugosi qui sera à tout jamais enfermé dans son rôle de Dracula, Boris Karloff eut l’occasion d’incarner un autre personnage mythique du cinéma fantastique, la fameuse momie qui poursuit de sa malédiction les profanateurs de sa sépulture. Sans suite directe à son époque, La Momie fait partie des monstres stars de Universal Studios, et connaîtra son lot de remakes à succès dans les années 40, 60 ou 2000.