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5 juin : Ciné-club Walter Hill / Ciné-Bazar 3 : Streets of fire (1984) – Double détente (1988)

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Soirée spéciale à l’occasion de la sortie de la revue Ciné-Bazar n°3 qui consacre un dossier au réalisateur Walter Hill ! Des exemplaires seront en vente, en présence du rédacteur en chef Thomas Revay.

LES RUES DE FEU

– 19h : Streets of fire (Walter Hill – 1984 – 93 minutes)

avec Michael Paré, Diane Lane, Willem Dafoe, Rick Moranis, Amy Madigan, Deborah Van Valkenburgh, Rick Rossovich, Bill Paxton

Une chanteuse de rock est kidnappée par un gang de motard. Son ancien amant se lance à leurs trousses.

Avec Streets of fire, Walter Hill souhaitait réaliser le film de ses rêves à l’adolescence, avec de la musique rock, des vestes en cuir, des dialogues percutants, des bastons pour l’honneur, des motards et leurs bécanes, des voitures à l’ancienne en courses-poursuites, des baisers sous la pluie et les néons. On ne s’étonnera donc pas de l’aspect retro fifities du film, même s’il porte un cachet incontestablement eighties dans le style des personnages, l’ambiance nocturne et urbaine et une production musicale typique de la décennie. Le titre du film provient d’ailleurs d’une chanson de Bruce Springsteen, dont il n’a pas réussi à avoir les droits. On retrouve à la musique son collaborateur habituel Ry Cooder (ayant travaillé avec les Rolling Stones, Captain Beefheart, et aussi Wim Wenders pour Paris, Texas), ainsi que Jim Steinman (compositeur de comédies musicales, comme Le Bal des vampires de Polanski) et Dan Hartman (Edgar Winter, « Living in America » de James Brown). Diane Lane est une habituée de Coppola (Rusty James, Outsiders, Cotton Club), Rick Moranis joue aussi dans SOS Fantômes qui sort le même mois, et Willem Dafoe est promis à une longue carrière (Platoon, La Dernière tentation du Christ, Sailor et Lula). Cette « fable rock’n’roll » devait être le premier épisode d’une trilogie, mais son échec commercial l’en empêcha (un changement de direction à la tête du studio l’ayant privé de promotion). Le film est néanmoins devenu culte (les japonais le vénèrent !), notamment pour sa bande-son épique et son esthétique de comics vintage, et une suite non-officielle est tout de même sortie en 2008, Road to hell, où Michael Paré et Deborah Van Valkenburgh reprennent leurs rôles.

DOUBLE DETENTE

– 21h : Double détente (Walter Hill – 1988 – 104 minutes)

avec Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle, Ed O’Ross, Laurence Fishburne, Gina Gershon, Richard Bright

Un policier soviétique est envoyé à Chicago pour faire équipe avec un policier américain pour retrouver un dangereux trafiquant de drogue.

Avec des rôles aussi musclés et iconiques que ceux de Conan, Terminator ou Predator, Arnold Schwarzenegger est une superstar d’action et n’a plus grand-chose à prouver, si ce n’est devenir plus grand public. Il essaie donc de varier ses rôles, d’inclure plus de subtilités dramatiques et même des touches d’humour. Sous la direction de Walter Hill, il se retrouve dans un buddy movie au contexte particulier. Le genre (déjà abordé par Walter Hill dans 48 heures) veut que deux policiers que tout oppose doivent apprendre à travailler ensemble et finalement s’apprécier. Ici ce sont un soviétique et un américain qui font équipe, en pleine Guerre Froide ! Néanmoins, Double détente est nettement moins marqué idéologiquement que les films américains des dernières décennies qui montraient sous un jour défavorable d’horribles soviétiques du mauvais côté de l’Histoire. Et c’est justement parce le film donne une représentation positive du peuple russe et que le personnage de Schwarzenegger est humaniste et nuancé que l’URSS autorisa de tourner des scènes sur la Place Rouge à Moscou, une première historique ! James Belushi est à l’inverse montré comme un flic peu glamour qui grignote des cochonneries au pays de la liberté, de la grande consommation et du porno. Derrière le décalage humoristique entre les tempéraments et sociétés soviétiques et américaines, Walter Hill met en scène un western urbain typiquement eighties dans des rues embrumées et poisseuses, où nos deux flics ne reculent devant aucun dégât ni bavures pour mettre fin à d’odieux trafic de drogues. L’humour semble plaire à Schwarzy, puisqu’il enchaînera sur les comédies d’Ivan Reitman (SOS Fantômes) : Jumeaux (son plus grand succès commercial à l’époque) et Un Flic à la maternelle. Et heureusement Total Recall et Terminator 2.

20 septembre : Ciné-club frères : Le Gang des frères James (1980) – Rain Man (1988)

LE GANG DES FRERES JAMES

– 19h : Le Gang des frères James (Walter Hill – 1980 – 100 minutes)

avec David Carradine, Keith Carradine, Robert Carradine, James Keach, Stacy Keach, Dennis Quaid, Randy Quaid, Christopher Guest, Nicholas Guest

Le sanglant et redouté gang de braqueurs de banques de Jesse James est poursuivi par une agence de détectives.

Le gang des frères James-Younger est un des grands mythes de l’histoire des Etats-Unis, sans doute les plus fameux hors-la-loi avec Billy le Kid, adapté bien des fois au cinéma par King Vidor, Nicholas Ray ou Philip Kaufman. Contrairement à d’autres, Walter Hill (dont il s’agit du premier western, avant Geronimo ou Wild Bill, d’autres légendes de l’Ouest) adopte un parti pris tout à fait réaliste, loin de toute vision romantique, montrant gangsters comme des anti-héros, simples fils de fermiers dans leur vie quotidienne. La grande originalité du film est d’avoir choisi d’authentiques frères comme acteurs : les Carradine, Keach, Quaid et Guest. Ce n’est pas la seule chose qui porte le film, mais cela renforce le sentiment d’authenticité et de sobriété anti-hollywoodienne – David Carradine est d’ailleurs le plus charismatique. Walter Hill, en élève de Sam Peckinpah (il a scénarisé son Guet-apens), distille tout de même des scènes d’explosion de violence sanglante lors des braquages. Enfin la musique est intelligemment confiée à Ry Cooder, qui inaugure sa carrière de compositeur de film (en faisant abstraction de Performance en 1970) – il signera la bande-son de six autres films de Walter Hill.

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– 21h : Rain Man (Barry Levinson – 1988 – 133 minutes)

avec Tom Cruise, Dustin Hoffman, Valeria Golino

Un vendeur de voitures matérialiste et ruiné découvre à la mort de son père qu’il a un grand frère autiste, à qui est confié tout l’héritage.

Rain Man est inspiré d’une histoire vraie, celle de Kim Peek, un américain autiste savant doté d’une mémoire exceptionnelle (allant jusqu’à se souvenir parfaitement des noms et numéros de l’annuaire). Le film a donc été minutieusement préparé à l’aide psychologues et spécialistes. Dustin Hoffman en livre une interprétation inouïe et bouleversante, plus vraie que nature. Même l’inénarrable Tom Cruise s’avère tout à fait juste et même très important pour contrebalancer et mettre en valeur le jeu complexe d’Hoffman. Cette histoire touchante entre deux frères qui apprennent à se connaître et se comprendre le temps d’un road-movie est devenue le plus gros succès de Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Harcèlement), un raz de marée public (dépassant même Indiana Jones et la dernière croisade et Retour vers le futur II) et critique : Ours d’or à Berlin, et quatre Oscars remportés sur huit nominations aux Oscars (meilleurs film, réalisateur, scénario et acteur pour Hoffman). Dustin Hoffman retravaillera avec Barry Levinson dans Sleepers, Des Hommes d’influence et Sphère.