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8 septembre : Ciné-club James Stewart / Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (1954) – Sueurs Froides (1958)

Soirée spéciale consacrée au maître du suspens, Alfred Hitchcock, avec à l’écran un de ses acteurs les plus emblématiques, James Stewart. A l’égal de Cary Grant, il a contribué à certains des films les plus marquants du réalisateur et du cinéma américain.

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– 19h : Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock – 1954 – 112 minutes)
avec James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey, Raymond Burr

Un photographe, en chaise roulante à la suite d’un accident, passe son temps à observer ses voisins, et commence à soupçonner l’un d’eux de meurtre.

Un des scénarios les plus fameux d’Hitchcock, Fenêtre sur cour réalise le tour de force de situer l’intégralité du film dans un huis clos, entre la chambre de James Stewart et en face un immeuble de 31 appartements (construit en studio !), à l’aide d’incessants champs/contre-champs en guise de caméra subjective. Qui plus est, James Stewart est totalement immobilisé sur sa chaise roulante, mais le film n’en est pas moins palpitant avec son flot d’observations, suspicions et déductions. Son voyeurisme nous questionne d’ailleurs sur le nôtre, aussi bien en tant que citoyen qu’en tant que spectateur cinématographique. Hitchcock trouva lui-même le slogan du film : « Si vous n’éprouvez pas ce sentiment de douce frayeur en voyant ce film, pincez-vous – vous êtes très probablement mort ». Enfin, ironie de l’histoire, l’acteur jouant le voisin suspect, Raymond Burr, a connu son plus grand succès dans la série L’homme de fer, en tant que policier sur chaise roulante ! La fin de sa vie est moins amusante, car son cancer du colon l’y contraindra réellement.

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– 21h : Sueurs Froides (Alfred Hitchcock – 1958 – 128 minutes)
avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes

Un ancien policier, ayant abandonné son métier à cause de son vertige, est chargé de suivre la femme d’un ami, semblant avoir une double personnalité.

Adapté d’un roman français (de Pierre Boileau et Thomas Narcejac), Sueurs Froides (Vertigo en VO) caracole régulièrement dans le peloton de tête des classements de plus grands films de l’histoire du cinéma. On ne compte plus les faits d’armes qui l’ont fait passer à la postérité et citer dans d’innombrables œuvres ultérieures (Brian De Palma, David Lynch, Terry Gilliam, etc.), comme son légendaire générique d’introduction animé. Pour restituer l’impression subjective de vertige, Hitchcock invente le célèbre et saisissant effet de travelling compensé (consistant simultanément en un zoom avant et un travelling arrière), où l’image semble déformée, comme si la profondeur s’allongeait. Doté d’un des scénarios les plus déroutants et les plus marquants qui soient, Sueurs Froides est surtout le récit une passion amoureuse inouïe, sans équivalent et profondément troublante. Le film est d’ailleurs truffé d’une subtile symbolique sexuelle, dont le vertige est le pendant manifeste de l’impuissance au sein des chastes années 50 américaines. C’est enfin un des plus beaux films d’Hitchcock, dans le fond comme dans la forme, où tout n’est pas qu’un prétexte aux surprises scénaristiques et aux pièges pour le public comme trop souvent chez lui ; la musique de Bernard Herrmann et la photographie en Technicolor sont à tomber par terre, et Kim Novak, bien sûr, est inoubliable.