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Cin-club Clint Eastwood, cowboy-réalisateur : Pale Rider, le cavalier solitaire (1985) – Josey Wales hors-la-loi (1976)

Avec John Wayne, Clint Eastwood est le cowboy par excellence. Remarqué dans une série de western (Rawhide, 1959-1965), révélé en Italie par Sergio Leone dans sa légendaire trilogie du dollar (1964-1966) avant de revenir aux Etats-Unis en tourner d’autres, la carrière d’acteur de Clint Eastwood est intimement liée aux westerns, avant de se diversifier dans des films policiers, de guerre, et autres drames. Dès 1971 il passe derrière la caméra, et a réalisé plus de 80 films à ce jour, récompensés par de multiples Oscars. Acteur pilier de l’histoire du western, Clint Eastwood en a aussi réalisé certains des plus inventifs et modernes.

 Dimanche 16 mars 2014 :

PALE RIDER LE CAVALIER SOLITAIRE

– 19h : Pale Rider, le cavalier solitaire (Clint Eastwood – 1985 – 115 minutes)

avec Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Chris Penn, Richard A. Dysart

En Californie, un mystérieux pasteur vient en aide à un groupe de chercheurs d’or harcelés par la bande d’un entrepreneur local tyrannique, qui a engagé des tueurs pour les expulser.

Neuf après son dernier western en date (Josey Wales), Clint Eastwood se remet en selle devant et derrière la caméra avec Pale Rider, un remake de L’Homme des vallées perdues, un grand classique du western réalisé par George Stevens en 1953. Eastwood en a cependant modifié le contexte, en transformant les fermiers en mineurs et en lui donnant un aspect écologique, pour dénoncer l’exploitation et la destruction de la nature à des fins pécuniaires. Le film a plusieurs références bibliques, notamment le rejet de l’argent. Pale Rider a d’ailleurs une forte connotation mystique, quasi-surnaturelle : le cavalier solitaire, pasteur, apparaît suite à la prière d’une adolescente ; l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse selon Saint Jean chevauche un cheval pâle (qui donne son titre au film) et représente la mort. Le cavalier est encore un homme sans nom, solitaire, silencieux, itinérant, invincible, incapable de se fixer dans une communauté, comme dans les classiques de Sergio Leone. Eastwood perpétue la tradition du héros flamboyant et mythique de western, tout en lui donnant la modernité du héros crépusculaire au sein d’un environnement réaliste, pauvre, violent et besogneux. En compétition au Festival de Cannes, en plein dans les années 80, loin de son âge d’or, Pale Rider fait figure de résurrection du western, que seul le passeur Clint Eastwood pouvait accomplir.

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– 21h : Josey Wales hors-la-loi (Clint Eastwood – 1976 – 135 minutes)

avec Clint Eastwood, Chief Dan George, Sondra Locke, Bill McKinney, John Vernon, Will Sampson

Pendant la guerre de Sécession, après le massacre de sa femme et de son fils par l’armée nordiste, un fermier s’engage chez les sudistes pour se venger. A la fin de la guerre, il est poursuivi par des assassins et des chasseurs de primes.

Pour sa cinquième réalisation (et deuxième western, après L’Homme des hautes plaines en 1973), Clint Eastwood réalise la synthèse des deux grands visages du western, américain et italien, entre John Ford et Sergio Leone. S’il incarne encore un cavalier stoïque, peu bavard et redoutable, Eastwood l’inscrit cette fois-ci dans la réalité, l’Histoire et la géographie, avec un nom, une famille, une galerie de personnages picaresques qu’il rencontrera en chemin et avec qui il finira par s’attacher, une communauté dans laquelle il finira par s’installer. Ces rencontres successives et souvent humoristiques ne sont pas sans rappeler le voyage initiatique de Dead man de Jim Jarmusch (1995). La beauté des plans naturels américains est impressionnante, la photographie et les couleurs atteignent une qualité tout à fait picturale qui ravit à chaque instant. Alors que l’heure de gloire du western faiblissait d’années en années, Clint Eastwood (qui reprend en main la réalisation au départ assurée par le scénariste, qui ne lui plaisait pas), fort de son expérience chez les plus grands des deux côtés de l’Atlantique, recrée une synthèse de l’Ouest mythique avec tous ses éléments typiques et classiques (indiens, chasseurs de primes, pionniers, bandits, soldats, etc.), et est parvenu à renouveler le genre avec un film marquant, riche et superbe.

Ciné-club hôpital psychiatrique : Vol au-dessus d’un Nid de coucou (1975) – Shutter Island (2010)

Dimanche 10 novembre 2013 :

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– 19h : Vol Au-dessus d’un Nid de Coucou (Milos Forman – 1975 – 133 minutes)

avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, Will Sampson, Danny DeVito, Christopher Lloyd

 Randall McMurphy se fait interner dans un hôpital psychiatrique. Il est soupçonné de simuler la folie pour échapper à la prison. Il se heurte aux règles rigides de l’infirmière en chef de l’établissement, tandis qu’à son contact les autres internés vont prendre conscience de la liberté qu’on leur refuse.

 Vol au-dessus d’un Nid de Coucou est adapté d’un roman de Ken Kesey – qui cependant détestera les choix d’adaptation scénaristique au point d’attaquer en justice la production et de refuser de voir le film ! Kirk Douglas joua le rôle principal au théâtre à Broadway en 1963, en acheta les droits d’adaptation cinématographique et les donna à son fils Michael pour qu’il produise le film. Il a été tourné dans un véritable hôpital psychiatrique dans l’Oregon – avec d’authentiques patients pour figurants ! Ce drame autour de l’aliénation propre au fonctionnement du système médico-psychiatrique est un des classiques du cinéma américain, et est porté par un excellent casting de seconds rôles dont la carrière débute ici : Danny DeVito (qui interprétera comme Nicholson un ennemi de Batman pour Tim Burton), Christohper Lloyd, Brad Dourif, Will Sampson, Dean R. Brooks, Scatman Crothers (que Nicholson retrouvera sur Shinning). Jack Nicholson quant à lui y interprète le rôle le plus iconique de sa longue filmographie (avec Shinning), qui lui valut l’Oscar du meilleur acteur, tout comme Louise Fletcher pour celui de meilleure actrice. Le film remporte aussi ceux de meilleur film, meilleur réalisateur pour Milos Forman et meilleur scénario adapté, ce qui en fait un des rares films avec New York-Miami (de Frank Capra) et Le Silence des Agneaux à obtenir au palmarès les cinq principaux Oscars. A noter enfin que Bernard Tapie exerça un de ses nombreux talents en jouant le rôle principal au théâtre en 2000 !

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– 21h : Shutter Island (Martin Scorsese – 2010 – 138 minutes)

avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kinsgley, Max von Sydow, Michelle Williams

 En 1954, le marshal Teddy Daniels est envoyé sur Shutter Island dans un hôpital psychiatrique réservés aux criminels dangereux, pour enquêter sur la disparition mystérieuse d’une patiente.

 Adapté du roman de Dennis Lehane (dont deux autres romans ont aussi été adaptés au cinéma : Gone Baby Gone par Ben Affleck, et Mystic River par Clint Eastwood), ce thriller psychologique, tourné dans un hôpital psychiatrique désaffecté du Massachussetts, se situe dans les années 50 avec pour toile de fond à la fois l’horreur des camps nazis ainsi que le conflit du milieu psychiatrique entre les soins médicamenteux et les interventions chirurgicales (lobotomie…) pour soigner les malades mentaux. Sans rien dévoiler de l’intrigue à rebondissement, on dira simplement que c’est le genre de film à plusieurs niveaux de lecture qui gagne à être revu pour changer de perspective narrative. C’est la quatrième collaboration de Martin Scorsese avec son nouvel acteur fétiche Leonardo DiCaprio, entouré d’autres excellents acteurs tels que Ben Kingsley (Gandhi, La Liste de Schindler) ou Max von Sydow (Le Septième Sceau, L’Exorciste). A noter que la BO n’est constituée que d’anciens morceaux de différents compositeurs sélectionnés son ami Robbie Robertson, ancien leader de The Band, dont Martin Scorsese avait filmé le dernier concert en 1976 (The Last Waltz, sorti au cinéma en 1978).