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Ciné-club Trafic de drogue avec Gene Hackman : French Connection (1971) – French Connection II (1975)

FRENCH CONNECTION

– 19h : French Connection (William Friedkin – 1971 – 103 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Roy Scheider, Tony Lo Bianco, Marcel Bozzuffi

Deux policiers new-yorkais tentent de remonter la filière française de trafic de drogue.

Pour son cinquième long-métrage, William Friedkin s’attaque à une affaire policière qui eut réellement lieu, celle la filière française d’exportation d’héroïne, qui inondait les Etats-Unis dans les années 60 et 70 – les enquêteurs Eddie Egan et Sonny Grosso jouent d’ailleurs de petits rôles dans le film. Friedkin choisit de donner à French Connection un aspect documentaire, et si aujourd’hui on peut trouver ça banal, c’est en partie grâce à son influence sur le genre des films policiers : à l’époque c’était novateur de voir de manière terne et réaliste les enquêteurs piétiner dans le froid et la saleté (New-York connaissait un de ses hivers les plus rigoureux), s’insulter et se battre avec leurs supérieurs ou collègues, mener une vie privée minable dans les rencontres éphémères et l’alcoolisme. Bref les policiers sont tout sauf des héros, mais des médiocres qui s’obstinent jusqu’à l’aveuglement, et qui n’échappent pas à la bavure ni à l’échec professionnel. Par ailleurs, le film est en très grande partie tourné en extérieurs, dans les rues de New York, Washington ou Marseille. Brooklyn est d’ailleurs le lieu d’une des plus fameuses scènes de course-poursuite du cinéma, en voiture sous le métro aérien : au contraire de Bullitt (1968) où tout était millimétré, Friedkin laissa beaucoup de liberté – jusqu’à causer un accident à Gene Hackman ! French Connection a connu un énorme succès : tourné pour 1,8 million de dollars, il en engrangea plus de 50 millions de recettes ! Il remporta également cinq Oscars (sur huit nominations), ceux de meilleurs réalisateur, film, acteur (Gene Hackman), scénario adapté et montage. Le film est devenu un grand classique du polar américain, tandis que Friedkin continua sa carrière aux sommets, puisque son film suivant est encore un classique d’un genre différent, L’Exorciste.

 FRENCH CONNECTION 2

– 21h : French Connection II (John Frankenheimer – 1975 – 119 minutes)

avec Gene Hackman, Fernando Rey, Bernard Fresson, Philippe Léotard, Jean-Pierre Castaldi, Cathleen Nesbitt

Le policier Popeye arrive à Marseille pour arrêter le chef de la filière française d’exportation d’héroïne.

Suite au triomphe de French Connection, c’est tout naturellement que les producteurs ont tenté d’en faire une suite. John Frankenheimer, maître des films d’action et thrillers (Le Train, Grand Prix, Seconds – L’Opération diabolique), est choisi pour le réaliser. Francophile et francophone, il est tout indiqué pour tourner à Marseille et diriger une équipe et des acteurs français, tels que Bernard Fresson (Les Galettes de Pont-Aven), Philippe Léotard ou Jean-Pierre Castaldi. Frankenheimer avait d’ailleurs déjà dirigé Gene Hackman dans Les Parachutistes arrivent (1969). Cette fois-ci l’histoire est fictive (contrairement au premier film) et permet d’approfondir la personnalité de Popeye, en le montrant encore en conflit avec ses collègues, déphasé dans un pays dont il ne parle pas la langue, et en douloureuse phase de sevrage à l’héroïne. L’excellente musique jazzy et rythmée est encore signée Don Ellis. Comme avec la plupart des suites, on mentirait en disant que French Connection II est au niveau de son prédécesseur. Il n’empêche que si l’on en fait abstraction, d’autant plus que le lieu, les situations et le ton en sont différents, cette suite constitue un bon petit polar avec des scènes mémorables, superbement filmé par Frankenheimer.

Ciné-club Halloween : Evil Dead (1981) – L’Exorciste (1973)

Halloween oblige, le ciné-club du Festin Nu projette deux classiques de l’horreur qui passent chacun pour le film le plus effrayant jamais réalisé !

evildead1
– 19h : Evil Dead (Sam Raimi – 1981 – 85 minutes)
avec Bruce Campbell, Ellen Sandweiss, Betsy Baker, Hal Delrich, Theresa Tilly

Cinq amis vont dans une cabane dans la forêt. Au sous-sol, ils découvrent un mystérieux livre.

Premier film de Sam Raimi (qui réalisera dans les années 2000 trois Spiderman), basé sur un de ses courts-métrages, tourné à 20 ans en indépendant pour 350.000 dollars en douze semaines avec des acteurs et une équipe constitués quasiment que de proches du réalisateur (dont Joel Coen), Evil Dead s’impose d’entrée pour sa maîtrise et sa réussite artistiques. Sam Raimi y invente un cadrage, la shaky camera, où la caméra est constamment en mouvement, qui accroit le réalisme et l’angoisse. Avec ses effets spéciaux époustouflants et terriblement sanglants, le film a réinventé le film d’horreur, et a connu un immense succès en cassette vidéo. Premier d’une franchise culte qui compte deux suites et un remake (les fans attendant avec impatience un quatrième épisode), il a même connu une adaptation en comédie musicale à Broadway !

affiche-L-Exorciste
– 21h : L’Exorciste (William Friedkin – 1973 – 133 minutes)
avec Ellen Burstyn, Max von Sydow, Linda Blair

Une jeune adolescente semble montrer des signes de possession de plus en plus inquiétants.

Adapté du roman de William Peter Blatty basé un fait divers d’exorcisme aux Etats-Unis, L’Exorciste est un des piliers du film d’horreur. Tourné pour 15 millions de dollars, il en a rapporté 400 millions ! A l’opposé des thrillers gore, le film ne mise pas sur l’avalanche de sang et de scènes chocs, mais au contraire fait lentement monter son intensité dramatique, grâce à une photographie et une réalisation particulièrement excellentes. C’est d’ailleurs le seul film d’horreur qui ait gagné ses lettres de noblesse artistiques en étant nominé pour dix Oscars et en en remportant deux (meilleur scénario adapté et meilleur son) – cela tend à en faire plus qu’un film de genre, mais plutôt un thriller théologique posant la question de la foi et de la croyance en des forces maléfiques. Sa popularité est telle qu’elle justifia sa réédition au cinéma en 2000, restaurant une dizaine de minutes supplémentaires au montage qui avaient été coupé avant sa sortie. A noter la présence dans la bande originale du célèbre extrait de Tubular Bells de Mike Oldfield, qui devint un énorme tube à l’époque et lança la longue carrière du musicien, et influença d’autres musiques de film d’horreur (notamment ceux de John Carpenter).